Quand la gastronomie met l'économie sur le grill

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(Crédits : Observatoire de la Franchise)
Faire vivre les traditions culinaires, c'est le but de quelques-unes des actions engagées ici et là dans le Sud. Si du côté d'Aix-Marseille Provence, on a tout au long de 2019, son événement phare, baptisé MPG, vers la Promenade des Anglais, on créé un Atelier pour former et une émission de télé via Youtube. Le sens de CartesurtablesTV, initié par la Maison de la Métropole Nice Côte d'Azur à Paris, c'est de faire parler les acteurs économiques, tablier au cou et ustensiles en main. Une autre façon de mettre les petits plats économiques dans les grands.

Si on dit que la musique adoucit les mœurs, il semblerait que la gastronomie sache donner de la saveur à l'économie. Sujet devenu tendance eu égard aux différentes émissions culinaires et autres concours crochets télévisés qui font toujours du bien côté visibilité, la cuisine, est, depuis toujours, un ingrédient qui favorise le retour aux fondamentaux, notamment ceux du partage et de la convivialité.

Et si on peut y rajouter une pincée de sujets économiques, autant ne pas s'en priver.

A Aix-Marseille, la métropole a décidé de consacrer l'année 2019 à la gastronomie. Pas uniquement une façon de parler des plats typiques, mais surtout une occasion de montrer que filières, producteurs, maraîchers... tout ce petit monde est créateur de valeur et que consommer local, frais et vrai, c'est l'une des façons de booster l'économie locale, d'encourager l'attractivité et de renforcer les entreprises du secteur.

Vraie recette

A Nice, la lutte pour faire respecter la gastronomie avec souvent en vedette le débat sur la "vraie" recette de la salade niçoise - sans haricots verts, riz ou pommes de terre pour info, merci - est une lutte qui ne finit jamais. Le sujet peut paraître léger, or quand il s'agit de défendre un patrimoine vivant, on ne plaisante pas. C'est que derrière la gastronomie, se trouvent des entreprises, lesquelles perpétuent aussi un savoir-faire traditionnel. C'est ce que tend à protéger le label "Cuisine nissarte", créé en 1998 et que gère l'Office du tourisme et des Congrès de Nice depuis 2014. Cette année, 28 établissements ont été labellisés sur le territoire de la Métropole niçoise dans deux catégories, "Restaurants" et "Snacks et vente à emporter". Ils n'étaient "que" 17 la première année. Le signe sans doute d'un retour aux traditions ou au moins à une intensification d'une volonté de promouvoir la cuisine niçoise. Une intensification qui fait tâche d'huile...

Cuisinés en direct

En mai dernier, c'est un autre sujet qui était sur la table, celui de la création d'un Atelier de la cuisine niçoise, un nouveau lieu qui devrait être opérationnel en septembre prochain et prendra place dans la vieille ville. Au menu, des cours de cuisines, des concours, des expositions, des découvertes d'artisans... Et deux cibles, les particuliers et les entreprises. Une façon ludique de conserver le patrimoine, vif. Et d'entretenir, en même temps, une économie locale qui ne demande pas mieux que de se renforcer.

Le propos est différent mais il n'est pas si éloigné non plus. En créant une émission télé sur Youtube, la Maison de la Métropole Nice Côte d'Azur et de la Région Sud veut aussi apporter son grain à moudre. L'idée CartessurTableTV c'est d'aborder les sujets économiques relatifs au territoire du Sud en faisant parler les acteurs concernés pendant qu'ils recréent, sur les conseils avisés d'un chef, un plat traditionnel du territoire. Si la formule est connue, le principe est à la fois "de mettre en avant nos savoir-faire et nos traditions tout en parlant d'aménagement urbain, d'innovation, de projets", explique Virginie Atlan, la directrice de la Maison, installée à Paris, pour qui la cuisine se révèle être le meilleur endroit pour parler économie. La première émission diffusée il y a moins d'une semaine, a rassemblé près de 1 500 vues. Elle réunissait notamment Christian Estrosi, le Maire de Nice et Président de la Métropole, Jacques Richier le PDG d'Allianz France, Philippe Monloubou, le président du directoire d'Enedis, Cédric Messina le PDG de MyCoach et le designer Ora-ïto. L'occasion de parler tramway, smart grids et innovation autour de la salade niçoise. Une émission est programmée pour se tenir tous les mois, revisitant les plats traditionnels de Nice comme d'autres territoires de Provence Alpes Côte d'Azur. Une façon de "cuisiner" les acteurs économiques, l'air de rien. Finalement, peut-être la cuisine adoucit-elle aussi les mœurs ?

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