Aéroport de Nice : les bons comptes de Bernard Kleynhoff

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(Crédits : DR)
Après la Métropole Nice Côte d'Azur, c'est au tour de la Région Sud de vendre 4 % des 5 % de parts qu'elle détient au sein de la société qui gère la plateforme azuréenne. Une opération que le président de la commission Economie, Industrie, Innovation et Nouvelles technologies estime profitable.

L'Aéroport de Nice est décidément l'objet de toutes les attentions... Alors que la plateforme est beaucoup sous les feux des projecteurs ces dernières semaines, suite à l'ouverture d'une ligne directe avec la Chine puis à l'annonce de l'arrivée dès l'été 2020 d'une troisième liaison avec New York, elle l'est aussi pour cause de ventes de parts détenues au sein de la société qui la gère par deux de ses actionnaires. Mi-juillet, c'est d'abord la Métropole Nice Côte d'Azur qui actait en conseil métropolitain la cession de 4 des 5 % qu'elle détenait au sein d'Aéroports de la Côte d'Azur, la société gestionnaire, à la Banque des Territoires. Une vente présentée par Christian Estrosi comme intervenant au "bon moment", et qui plus est, à un partenaire qui l'accompagne sur d'autres projets urbains, la CDC étant notamment co-financeur de la ligne 2 du tramway niçois.

D'ici quelques semaines, ce sera au tour de la Région Sud de passer elle aussi par la case cession et de vendre également 4 % des 5 % qu'elle détient au sein d'Aéroports de la Côte d'Azur. Et ce sera aussi à la Banque des Territoires.

Le juste prix

Deux ventes qui soulèvent des critiques, ce qui n'est pas du goût du président de la commission Economie, Industrie, Innovation et Nouvelles technologies de la Région Sud, par ailleurs président du conseil de surveillance d'Aéroports de la Côte d'Aur, qui estime donc savoir de quoi il parle. Et qui a décidé de monter au créneau pour dire tout le bien qu'il pense des deux opérations et d'expliquer - chiffres, additions et soustractions à l'appui -, pourquoi elles étaient profitables, dans tous les sens du terme.

Pour Bernard Kleyhoff, le prix de la vente - 81 M€ - est un "bon prix", et de répliquer quand on lui demande pourquoi ne pas l'avoir fait au moment de la privation, que "les conditions étaient alors différentes", puisque depuis cette date,  trois années d'exploitation ont permis d'encaisser des dividendes et que si la vente était intervenue alors, elle n'aurait pas permis de profiter aussi de la prime de majorité. A noter que les dividendes se montent à 8 M€.

"Il ne faut pas oublier que la Métropole tout comme la Région conservent 1 % de parts ce qui leur permet de continuer à percevoir des dividendes", rajoute Bernard Kleynhoff. Qui en remet une couche, assurant que l'addition des dividendes perçus pendant ces trois années écoulées, ajoutés aux dividendes des 1 % durant le reste de la concession soit 24 ans, plus le montant de la vente réalisée aujourd'hui est supérieure à celle qui prendrait en compte 24 ans de dividendes à 5%. "Soit 100 M€", précise l'élu régional.

Et le contexte éco ?

Histoire de poursuivre plus loin dans son raisonnement, Bernard Kleynhoff en appelle au contexte économique. "24 ans de vie d'une entreprise c'est long et on ne sait pas ce que nous réserve le contexte économique mondial. Certes l'aéroport de Nice devrait atteindre 16 voire 17 millions de passagers d'ici 3 ou 4 ans, mais nous n'avions pas prévu les deux Guerres du Golf, l'éruption du volcan suédois Eyjafjöll, le Brexit. On ne sait pas comment évolueront nos relations diplomatiques avec le reste du monde. Il y a quelques semaines, qui aurait pu prédire que nous allions nous fâcher avec le Brésil ? Sans oublier l'humeur à géométrie variable de Donald Trump".

Bref, "que ce soit la Métropole ou la Région, nos deux présidents ont pris la bonne décision" assène le président du conseil de surveillance.

Surtout que chacun conserve son siège au sein de ce même conseil, aux côtés de la Chambre de commerce et d'industrie et du Département des Alpes-Maritimes, autres actionnaires et donc de la Banque des Territoires. "Nous continuerons donc à peser le même poids", décisionnel tout au moins.

Le closing entre la Région Sud et la Banque des Territoires devrait être finalisé d'ici la fin de l'année.

A l'instar de la Métropole Nice Côte d'Azur, la Région pourrait consacrer le fruit de la vente soit donc 81 M€, au désendettement ainsi qu'au développement économique.

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