Christophe Bosson – Banque Populaire Méditerranée : "Le réseau, c'est notre supplément d'âme"

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(Crédits : Reuters)
Après une fusion qui n'a pas été sans remise en question, l'établissement bancaire, dont le siège social est à Nice, retrouve ses marques et un positionnement qui prend en compte les mutations du secteur, l'innovation aussi, sans pour autant mettre de côté les valeurs historiques comme l'explique son directeur général.

Pour l'établissement bancaire, il y aura un avant et un après fusion. Avant, trois établissements, deux en Provence, l'autre en Côte d'Azur, à Nice. Deux entités qui ont décidé de se rapprocher pour davantage de cohérence et la sauvegarde d'un business modèle pérenne. Après donc, un établissement à envergure régionale, qui a grossi en taille mais qui ne se départit pas de ses valeurs fondamentales, dont celle de la proximité. C'est ce que martèle son directeur général, Christophe Bosson. Comme toute période de transition, la fusion n'a pas été un long fleuve tranquille mais de cette phase de changement, la Banque Populaire Méditerranée en ressort conquérante. "Nous continuons de nous appuyer sur nos quatre piliers que sont le client, les collaborateurs, les process et le positionnement de la banque sur son territoire", égrène le directeur général. En se "consacrant à nos clients", la banque avoue avoir fait face à une accélération de son dynamisme commercial. "Tous les marchés sont au vert", indique Christophe Bosson. "A la fin du premier semestre, nos résultats commerciaux et financiers sont en ligne avec nos objectifs".

Pas de modèle unique

Néanmoins, des progrès doivent être faits en terme de PNB (363,8 M€ à fin 2018 NDLR) et de renfort de la productivité. "Nous sommes sur une approche volontariste dans le développement de la productivité", dit Christophe Bosson. Le PNB a ainsi engrangé 2 % supplémentaires depuis le début 2019 et cela grâce à une stratégie qui s'appuie sur le crédit et qui est porté par le secteur immobilier. Un marché qui se porte plutôt bien en Provence Alpes Côte d'Azur...

Fusionner c'est bien mais face aux mutations du secteur, il faut aussi faire preuve d'agilité. L'irruption des neo-banques a certes secoué le milieu bancaire, mais pour Christophe Bosson, ces nouveaux entrants surfent sur une "logique différente de la nôtre, qui est une logique de prix. Notre conviction c'est que le modèle de la banque régionale de proximité permet d'apporter des solutions avec un spectre large pour répondre à tous les besoins. C'est avoir une approche de conseil".

L'innovation, hormis les banques au business modèle différent, passe aussi par ce que l'on appelle le parcours client, un élément qui compte dans la satisfaction client. Sur ce sujet, Christophe Bosson insiste sur le fait que le "digital est un moyen, pas une fin en soi", et que c'est en fluidifiant ce parcours que l'établissement bancaire fait jeu égal avec les neo-banques. Les agences du groupe - 208 sur le territoire couvert c'est-à-dire les Alpes-Maritimes, le Var, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et la Corse - ont donc été réorganisées en conséquences. "Le réseau demeure la colonne vertébrale de notre modèle. C'est notre supplément d'âme. Les banques régionales ont un rôle très fort à jouer".

Mode projet

Et le directeur général de souligner que "nous sommes une banque universelle", de rappeler que c'est la volonté d'accompagner les entreprises - tous types confondus -qui est le socle et c'est notamment l'un des buts permis par le rapprochement des trois anciens établissements. "Artisans, commerçants, entreprises... nous avons des marchés complémentaires et c'est grâce à la fusion".

L'innovation - "très présente entre Marseille et Nice, avec Sophia-Antipolis" - est un segment particulier. "Notre approche de l'entreprise innovante se fait sous la dimension client mais aussi fournisseur. Nous tentons d'identifier des entreprises qui peuvent nous apporter des modes de fonctionnement différents". Ce qui se fait en participant à des réseaux spécialisés dans leur accompagnement tels BA06 à Nice ou Initiative PACA. "Nous participons au développement des activités locales. Il est important de créer de la valeur dans la région". Un territoire dense, varié où l'innovation n'est pas centrée uniquement sur les startups mais nourrit aussi les TPE/PME. "Ce qui est important c'est de porter un projet, de donner du sens, d'être dans une logique positive".

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