Maria Nowak : "Le micro-financement fonde sa croissance sur le développement économique"

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(Crédits : DR)
L'Adie, c'est elle. Convaincue que certains projets méritaient un financement autre que bancaire, elle fonde l'Association pour le Droit à l'Initiative Economique en 1989. Trente ans plus tard, la revoici sur les routes pour une opération spéciale dans les Hautes-Alpes, baptisée Diagonale Regain. Où il est question de ruralité, d'entreprenariat et de développement hors métropoles.

Trois décennies après avoir créé le micro-crédit, revoilà Maria Nowak sur les routes, porteuse de bonne parole. L'Adie, c'est elle qui le fonde en 1989. Pour cette Polonaise, diplômée de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et de la London School of Economics, s'y connaît bien en micro-crédit. Elle l'a déjà expérimenté au Bangladesh et en Afrique de l'Ouest, transférant les compétences d'un établissement bancaire de l'un à l'autre. Si en trente ans, ce mode de financement a fait ses preuves, la raison qui pousse Maria Nowak à se saisir à nouveau du bâton de pèlerin, c'est la ruralité. Ou plus précisément, les difficultés de désertification auxquelles les zones hors métropole font face.

Réduire les fractures

La ruralité dispose en fait, de plusieurs visages mais des problématiques communes que sont la disparition des commerces de proximité, la raréfaction des services publics, un certain désengagement de l'Etat, autant de "fractures sociales et territoriales" qui pour Maria Nowak, peuvent trouver dans les projets nés sur leur territoire respectif, une solution. C'est le sens de Diagonale Regain, qui entend encourager, pousser, accompagner la création d'entreprise.

"Il y a eu un développement très rapide du travail indépendant", analyse la fondatrice de l'Adie. Ce qui est le socle du développement du micro-crédit. Le succès de ce mode de financement, qui ne s'est pas démenti au fil du temps, Maria Nowak s'y attendait totalement, il y "avait à l'époque", se souvient-elle, "une décroissance des emplois industriels et parallèlement, une croissance des emplois de service".

En zone rurale, ce sont bien ces entreprises de proximité qui font cruellement défaut. Or, permettre leur création et soutenir leur financement est un début de réponse à la désertification. "D'autant que dans les zones rurales, il n'y a souvent pas d'opportunité d'emplois salariés". Or le travail indépendant, comme le nomme Maria Nowak, attire les jeunes. "Il y a trente ans, on souhaitait à un jeune de trouver un emploi dans une entreprise et d'y faire carrière toute sa vie". Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui passent par la case création de son propre emploi. Lier les besoins des unes et les envies des autres peut donc constituer un vrai duo efficace, chantre d'une ruralité qui retrouve son dynamisme.

Créer les conditions

Pour celle qui a également été conseiller spécial au sein du cabinet du ministre de l'économie, des finances et de l'industrie de 2001 à 2003, le rôle de l'Etat est primordial et doit porter sur l'environnement qu'il crée autour de l'entreprenariat. C'est ce que l'on appelle aussi créer un écosystème favorable. Et pour Maria Nowak c'est moindre mal car après tout, "c'est l'entrepreneur qui part à l'aventure et prend les risques". Surtout que les créations d'entreprises "enrichissent l'économie".

De manière globale, le micro-crédit "ne peut que se développer", estime la fondatrice de l'Adie. Tout simplement parce qu'il se "cale sur le développement économique". "25 % des personnes que nous finançons n'ont pas fait beaucoup d'études et 4 % n'en n'ont pas fait du tout. Pour autant, ce sont des personnes qui n'en n'ont pas moins des idées, de bonnes idées". De Diagonale Regain, Maria Nowak en attend beaucoup, mais "ce que je suis certaine de trouver, c'est de la créativité".

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