En été, la montagne, ça (vous) gagne aussi

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(Crédits : Remi Morel)
Avec une fréquentation à la hausse, les stations du Sud développent leurs offres. Un attrait qui permet aux commerces de maintenir leur activité toute l'année. Même si dans les sites de plus petite taille, l'équilibre est plus fragile.

La trêve estivale est belle et bien terminée. Pour les villes touristiques, cela signifie un certain retour au calme mais aussi le temps du bilan des mois écoulés, que ce soit au bord du littoral méditerranéen que dans les stations en montagnes. Car l'été ne rime pas forcément avec sable fin et parasol. Sur les hauteurs, les mois de juillet et août ont été un succès.

Le taux d'occupation des lits locatifs a été en moyenne supérieur à 60 % en France avance l'association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM) que préside le niçois Charles-Ange Ginésy. "Soit une progression de la fréquentation de plus de 4% par rapport à 2018", note-t-elle. Des chiffres qui n'ont pas encore été déclinés par régions. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, les stations attendent encore peu aussi les bilans officiels, mais c'est tout de même le sourire qui prime.

Sur la route des vacances

"Notre fréquentation devrait être au-dessus de la moyenne malgré un démarrage lent", avance Gilles Vanheule, fraîchement nommé directeur de l'office de tourisme de Serre-Chevalier. "L'été s'est plutôt bien déroulé, nous avons profité de la canicule qui entraîne un effet montagne", enchaîne Nicole Gaillan, directrice de l'office de tourisme de Vars depuis 11 ans. "Notre bassin de clients est le grand Sud, ce sont des personnes qui cherchent à se mettre au calme, au frais et à avoir une bonne nuit réparatrice", note-t-elle, conscience que la réputation de Vars favorise son attrait.

Car pour les plus petites stations, la période estivale est plus calme. A Chabanon, située dans les Alpes-de-Haute-Provence et qui va fêter ses 50 ans en février, "il n'y a jamais une énorme fréquentation l'été", explique le responsable Marc Isoard. "En août, il y a un peu plus de monde, mais c'est assez étalé, ajoute-t-il. Ne nous ne sommes pas situés sur la route des vacanciers ce qui est plus compliqué", pour attirer le touriste.

Une "vraie" saison

A Vars et Serre-Chevalier, l'attrait de la montagne durant les vacances d'été a commencé depuis plus d'une dizaine d'années selon les professionnels. Il a donc fallu construire une offre. La stratégie pour les deux stations des Hautes-Alpes est de mettre en avant "une montagne douce" comme le formule Nicole Gaillan. De son côté Gilles Vanheule explique qu'à Serre-Chevalier "il y a plutôt une activité sportive en famille, le cadre se prête naturellement à la randonnée mais cela ne suffisait plus donc nous avons développé une offre plus structurée". Cela peut se traduire par des évènements, généralement sportifs. Le passage du Tour de France a également généré un passage important.

Car il faut attirer un public qui n'est pas le même que l'hiver. "L'été, les gens sont plus itinérants, ils peuvent être de passage ou alors dormir à un endroit mais visiter les alentours, notre mission c'est de les informer sur le territoire et sur ce qu'ils peuvent faire ailleurs", explique Nicole Gaillan. "Les séjours sont souvent plus cours et se prévoient au dernier moment, la météo influence beaucoup", embraie Gilles Vanheule.

A Chabanon, le message est clair. "Nous ne comptons pas sur l'été, nous proposons bien sûr des activités mais c'est davantage de l'animation", tranche Marc Isoard. Bien loin de Vars et Serre-Chevalier où faire vivre la montagne d'été est important pour les acteurs économiques locaux. "Cela permet aux professionnels de continuer à travailler et de pouvoir vivre toute l'année, ils peuvent asseoir leur pérennité économique", assure la directrice de l'office de tourisme de Vars. Ce que confirme Gilles Vanheule : "L'été est une vraie saison à prendre en compte au même titre que l'hiver, cela permet aux commerces de maintenir les emplois en restant ouverts".  Mais l'été ne prendra pas le pas sur l'hiver. "En termes de nuitées, cela doit représenter un tiers", estime Gilles Vanheule. Et, l'été tout juste terminé, c'est la prochaine saison qu'il faut déjà préparer...

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