Open New Horizons : l'offensive stratégique de Nice Côte d'Azur

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(Crédits : DR)
En lançant une agence d'attractivité, la Métropole niçoise envoie un message clair : il va falloir compter avec elle sur l'échiquier tant mondial que national. Une démarche qui englobe l'ensemble des acteurs économiques, dont l'Université Côte d'Azur et les industriels. Parce que c'est surtout une image plus proche du réel qu'elle veut montrer à grande échelle.

C'est un projet qui a mis le temps pour éclore, le temps de se structurer et de trouver la juste articulation. D'ici la fin de l'année, Nice Côte d'Azur aura bel et bien son agence d'attractivité, un nouvel outil qui doit servir le marketing territorial.

Annoncée lors du MIPIM 2019 à Cannes en mars dernier - logique quand on veut montrer que Nice ne se réduit pas au tourisme mais offre également des axes business dont l'Eco-Vallée est le point d'orgue - elle est la nouvelle task force du territoire métropolitain, décidé à partir à la conquête de nouvelles parts de marché.

Maillot collectif

Dans les faits, c'est bien de concurrence dont il s'agit. Lyon et son célèbre Only Lyon a ouvert la voie à cette façon moderne de jouer la carte du territoire où tout est possible et surtout où il est question de montrer que le dit territoire ne se résume pas à l'image d'Epinal que l'on a de lui. 5ème ville de France et capitale des Alpes-Maritimes, Nice est indissociable du tourisme, (comme ses voisines, notamment Cannes NDLR), qu'il soit de loisirs ou d'affaires. Mais si ce segment se porte bien, il est fortement concurrentiel. Or, existent sur le périmètre métropolitain, bien d'autres axes de croissance, dont fait notamment partie l'industrie. Certes l'équation Nice = industrie n'est peut-être pas celle qui vient immédiatement à l'esprit des investisseurs mais pourtant elle est bel et bien une des autres forces économiques. Pour preuve, Carros, désigné Territoires d'industrie est même pilote sur le sujet, IBM qui s'est installé dans l'Eco-Vallée, outre son implantation à Sophia-Antipolis, ou encore ces entreprises discrètes mais florissantes, issues des secteurs de l'éclairage, de la santé, du bâtiment... Ce n'est pas pour rien si dans le film promotionnel, tourné exprès, parole est donné à Jacques Richier, le patron d'Allianz France qui a choisi Nice pour y installer l'accélérateur national sobrement appelé Accélérateur Allianz, ou Sylvie Splamacin-Roma, vice-président Public Sector pour IBM ou encore Sébastien Huron, le président du directoire des laboratoires vétérinaires Virbac, sans oublier l'une des figures de proues, les cafés Malongo et son DG, Jean-Pierre Blanc.

Et si les industriels mouillent le maillot collectif, c'est parce que c'est bien le travail d'équipe qui est indispensable pour conquérir et rassurer les investisseurs. Question de "cohérence", pour Jacques Richier, de "recrutement et sécurisation des emplois" pour Sébastien Huron, de "label reconnaissable à l'étranger", pour Jean-Pierre Blanc, quand Dominique Thillaud, le président du directoire de l'aéroport Nice Côte d'Azur renchérit par la nécessité de posséder "une marque identifiable" et que le DG de l'EPA Nice Eco-Vallée, Olivier Sassi en rajoute une couche sur l'attractivité des talents, "carburant de l'économie".

Ce qui va aussi dans le sens du discours du co-président de French Tech Côte d'Azur, Cédric Messina, qui plaide lui aussi pour que le collectif donne une image de "territoire d'excellence" afin que les investisseurs viennent investir, pas seulement dans du tertiaire mais aussi dans les entreprises innovantes.

Tous ensemble

L'un des autres vecteurs d'attractivité qui ne demande qu'à être mieux connu c'est indéniablement l'enseignement supérieur. En pleine phase de transition, l'Université Côte d'Azur est un élément d'attractivité qui n'a pas toujours été poussé sur le devant de la scène, alors même que depuis plusieurs années, sous l'impulsion de celle qui est aujourd'hui Ministre de l'enseignement supérieur, Frédérique Vidal, l'UCA s'est véritablement rapprochée du monde entreprenarial, notamment dans la phase de préparation de l'Idex, baptisée UCA Jedi. Un intérêt et des liens qui ne se sont pas démentis ni distendus depuis. C'est d'ailleurs avec cette même philosophie que la labellisation 3IA a été décrochée en avril dernier par un territoire uni, Nice-Sophia-Antipolis. Déjà précurseur donc et démonstrateur de la force de frappe qu'il est possible de mobiliser dès lors que les énergies sont mises en commun.

De cet esprit d'équipe doit donc en découler une attractivité plus visible et avec des résultats plus forts. Mais dans le concret, quelle articulation avec les outils qui existent déjà, notamment Team Côte d'Azur, qui accompagne les investisseurs dans leurs implantations sur la Côte d'Azur ou Rising Sud, l'agence d'attractivité économique pilotée par la Région Sud ? "Ces agences poursuivront leurs actions de recherche d'investisseurs et d'accompagnement des entreprises. Elles adhéreront au GIP qui a vocation à être une structure souple, légère et fédératrice car elle rassemble des partenaires pour réaliser ensemble, des objectifs communs, en mutualisant les moyens nécessaires", indique Christian Estrosi. Qui réitère donc l'idée de s'appuyer sur un Groupement d'Intérêt Public comme cela est déjà le cas pour le Grand Prix du Castellet. L'avantage, c'est que ce type de structure est légère et s'appuie sur une mise en commun également des ressources et moyens.

La réunion ce vendredi 13 - un signe porte-bonheur ? - du comité d'attractivité où sont présents les différents acteurs économiques du territoire est l'une des premières briques concrètes. Mais quid de la feuille de route ? "Parmi les pistes envisagées et que nous sommes en capacité de déployer dès les prochains mois, nous avons identifié la constitution d'un club des ambassadeurs composé de personnalités niçoises dont l'action rayonne à l'international vivant en France et à l'étranger, la participation à des salons de promotion de la destination et du territoire comme terre d'accueil des entreprises et des grands événements sur des filières et des marchés ciblés, le lancement de campagnes de communication renforcées sur le plan national et international, l'engagement d'un programme de prospection auprès d'investisseurs potentiels" égrène le président de la Métropole niçoise. "Seule la volonté de rendre notre territoire plus attractif pour tous doit nous guider."

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