La filière navale face à ses nouveaux métiers 1/2

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(Crédits : STEPHANE MAHE)
Les nouvelles technologies ont transformé les métiers du naval, et avec lui ses besoins en recrutement. Une tâche pas toujours aisée sur un marché du travail déjà en tension. A moins que cette modernisation ne soit un outil d'attractivité, auprès des plus jeunes en particulier.

Comme toutes les entreprises de la filière, l'industriel français Naval Group a dû faire siennes les opportunités offertes par le numérique. Une nécessité face à la concurrence venue des Etats-Unis et, de plus en plus, d'Asie du Sud-Est. "Chez Naval Group, nous intervenons dès la conception du bateau, en amont, puis sur toutes les étapes de sa vie qui dure entre 40 et 45 ans", explique Véronique Joubert, responsable mobilité et attractivité pour le groupe dans le sud de la France. Quatre décennies au cours desquelles les techniques évoluent et se mélangent. "Nous faisons cohabiter des techniques classiques avec les nouvelles, suivant les spécialités de chaque site".

Spécialisé dans la maintenance, le site de Toulon a développé un pôle d'expertise sur la e-maintenance, en anticipation des nouveaux enjeux et demandes des clients. "En fait, on automatise la maintenance et tous les diagnostics". Ce, à l'aide de capteurs placés sur des éléments stratégiques du bateau, pour "analyser les usures anormales". Les données sont ensuite regroupées pour faire évoluer en temps réel les plans de maintenance et assister les marins. "Sur les bateaux, les équipages sont de moins en moins nombreux. Les marins ont donc besoin d'assistance et de témoins autres que des témoins humains".

De l'ouvrier au cadre, tous concernés par les nouvelles technologies

A Ollioules, non loin de là, on s'est davantage développé sur l'architecture système. "Aujourd'hui, on imagine tous les outils informatiques qui permettent de commander, de coordonner l'ensemble des capteurs, des outils de navigation, les systèmes de communication avec les forces armées ou les sous-marins. L'architecte-système structure tout cela, pose les bases de tout ce système de commandement". Avec un fort enjeu de cyber-sécurité, appuyée par l'intelligence artificielle : "Il y a des choses qui se répètent, l'intelligence artificielle peut nous alerter". Un développement technologique là aussi lié à la demande d'un client, en l'occurrence la Marine nationale.

Si le numérique apporte des innovations fortes, site par site, il a aussi profondément transformé la manière de travailler de chacun, de l'ouvrier au cadre, en passant par le technicien. "On digitalise les processus. Par exemple, alors qu'ils le faisaient auparavant par écrit, les ouvriers réalisent leurs comptes-rendus sur des tablettes". Un moyen de conserver la donnée pour mieux l'exploiter. Quant à la mécanique, elle s'agrémente de capteurs, eux-mêmes analysés par un logiciel. On parle de mécatronique. La 3D a également son mot à dire. "A Cherbourg, les ouvriers s'entrainent sur une plateforme 3D pour faire une première fois une opération avant de la réaliser en vrai". Même dans un travail a priori aussi manuel que la soudure, la technologie n'est jamais très loin. "Les soudeurs sont de plus en plus aidés par des robots dans certaines manipulations". Les opportunités sont donc nombreuses. Reste à trouver les talents qui pourront les concrétiser...

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