Polaris, quand la collecte des données en temps réel des océans prend forme

 |   |  490  mots
(Crédits : DR)
Ce programme développé par l'association Septentrion Environnement permet aux plongeurs de partager ce qu'ils ont observé sous l'eau. Des données qui sont ensuite transmises à des laboratoires ou collectivités pour permettre de réaliser un état des lieux au jour le jour de la faune et la flore des profondeurs.

Pour protéger notre environnement marin, encore faut-il le connaître. Et les études scientifiques sur le sujet sont souvent trop rares, faute de temps et de moyens, pour avoir un état des lieux précis à un moment donné. Une problématique à laquelle tente de résoudre Septentrion Environnement. L'association occupe une position centrale auprès des acteurs du territoire qui travaillent sur la mer, que cela soit des scientifiques, des gestionnaires ou des institutions. Depuis 2016, elle porte le projet Polaris dont l'objectif est de recenser la cartographie sous-marine en quasi-temps réel.  Un travail dont la réflexion a débuté au sein de l'association dès 2012.

"En discutant avec les différents acteurs de la mer, nous nous sommes rendsu compte qu'il y avait un besoin commun : celui d'avoir plus d'informations sur le milieu marin afin de connaître son état de santé. En parallèle, les plongeurs exprimaient un besoin scientifique et l'envie de plonger autrement", raconte Laura Barth, chargée de mission Polaris. Un acronyme pour un nom explicite : Plateforme d'Observation du Littoral Appliquée à la Recherche, à l'Information et à la Sensibilisation. L'idée est d'envoyer des plongeurs s'adonner à leur sport favori, mais en profiter pour qu'ils collectent grâce à des plaquettes les informations sur l'état de la faune et la flore des profondeurs. Une fois remontés à la surface, ils centralisent les données sur une plateforme. "Cela mêle de la science citoyenne et des recherches en écologie marine, appliquée à de la gestion territoriale", note Laura Barth. Les données sont ensuite envoyées, de manière brute ou traitées, aux partenaires.

Une deuxième version attendue

Pour financer ce type de projet, l'association puise dans son fond de roulement composé notamment de subventions versées par les institutions de toutes les échelles territoriales. Des fondations viennent également apporter leur aide. Pour les partenariats scientifiques, "il s'agit plutôt d'un échange de compétence", souligne Laura Barth. La première version de Polaris existe depuis 2018, une deuxième version est prochainement attendue. Elle doit permettre d'ajouter une nouvelle forme d'observation, puisqu'il en existe plusieurs, capable de s'intégrer dans les relevés de la plateforme. "Nous avons 200 observations collectées en un an sur 50 sorties", chiffre Laura Barth.

Pour le moment, l'utilisation de Polaris ne reste réservée qu'aux plongeurs de Septentrion Environnement car la collecte nécessite une formation scientifique indispensable pour reconnaître les différentes espèces. "Nous avons des relais avec d'autres clubs de plongée pour initier leurs adhérents", avance Laura Barth. Plus il y aura de sorties en mer, plus il y aura de données collectées et plus la cartographie sera précise et crédible. "L'objectif final est de co-construire un outil pour permettre, notamment aux gestionnaires, d'élaborer une stratégie d'action et de gestion", expose la chef de projet. Et cela commence par savoir ce que l'on gère.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :