Nice veut aussi être reconnue pour son tourisme intelligent

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(Crédits : DR)
Seule ville française retenue dans la short list du Prix Capitale européenne du tourisme intelligent, Nice s’appuie sur une tradition touristique vecteur d’innovations et de croissance pérenne pour creuser l’écart avec ses neuf concurrentes.

Si Nice œuvre depuis une dizaine d'années à diversifier son économie vers la smart city et l'e-santé, le secteur touristique n'en reste pas moins le pilier de l'économie azuréenne en général, métropolitaine en particulier. Selon son Office du tourisme, la métropole niçoise accueille environ 5 millions de visiteurs par an, soit 40% des flux touristiques de la Côte d'Azur, pour près de 1,5 milliard d'euros de retombées.

Présenté mi-août, un premier bilan de la saison estivale 2019 montre par ailleurs une fréquentation touristique en hausse, notamment sur les ailes de saison avec, en juin, un taux d'occupation des hôtels en progression de 3 points (87%) grâce, entre autres, à l'accueil de la Coupe du monde de football féminin et la fête de la musique. Les politiques développées ces dernières années dans les domaines de l'événementiel et des manifestations sportives contribuant aujourd'hui à renforcer une attractivité née au XIXe siècle avec l'apparition du tourisme d'hiver. "Le tourisme fait en effet partie de l'ADN du territoire, il s'est développé avec Nice et constitue depuis un vecteur d'innovations et de croissance pérenne", souligne Sébastien Viano, directeur Europe et Financements extérieurs de la métropole Nice Côte d'Azur. Laquelle a choisi de mettre en avant cet héritage, son histoire, son patrimoine comme autant de "points saillants et différenciants" dans la course au Prix Capitale européenne du tourisme intelligent qui l'oppose à neuf autres destinations*.

Levier économique européen

Remporté l'an passé par Lyon et Helsinki (Finlande), le Prix Capitale européenne du tourisme intelligent, piloté par la Direction générale du marché intérieur, de l'industrie, de l'entrepreneuriat et des PME de la Commission européenne, vise à récompenser les destinations ayant mis en place des pratiques et initiatives exemplaires dans quatre catégories : l'accessibilité, la durabilité, le passage au numérique, le patrimoine culturel et la créativité. La notion d'intelligence se rapportant ici non pas à la seule technologie, mais plutôt à l'idée d'un tourisme innovant, inclusif et durable qu'il s'agit d'encourager, et ce dans un contexte post 2020. "L'Europe entre dans une nouvelle phase en termes de programmation", explique Sébastien Viano. "C'est un moment de réflexion qui s'intéresse notamment aux leviers économiques. Le tourisme en est un." Troisième activité socio-économique de l'Union européenne, il représente près de 10% du PIB pour 25 millions d'emplois. En candidatant au Prix Capitale européenne du tourisme intelligent, la métropole NCA souhaite donc gagner en attractivité et en visibilité, évidemment, mais aussi "s'intégrer dans ce cadre général" qui veut faire de l'Europe "la première destination touristique mondiale".

Des atouts

Pour faire pencher la balance en sa faveur, la seule ville française de la short list (elles étaient 35 sur la ligne de départ) déroule ses arguments : un tourisme de tradition donc, désaisonnalisé, transfrontalier et ouvert sur le monde, notamment sur la Russie et, depuis l'ouverture cet été de la ligne aérienne directe Nice-Pékin, sur la Chine, "des cibles économiques très fortes de l'UE pour développer la destination Europe", relève Sébastien Viano. Les équipements ensuite : outre l'hébergement marchand (25210 lits sur le périmètre métropolitain soit un tiers de la capacité de la Côte d'Azur), l'intermodalité des transports, les outils numériques mis en place comme le carnet de voyage ou encore les actions en matière de smart city et de safe city contribuent à un parcours touristique fluide, inclusif, qui plus est soutenu par des "greeters", ces "habitants bénévoles qui font découvrir la ville et montrent par ailleurs que le tourisme ici n'est pas un tourisme d'antagonisme entre la population et les visiteurs comme il peut y avoir à Barcelone ou Venise".

"Le carnaval est un bon reflet de notre candidature", reprend Sébastien Viano. "C'est d'abord une tradition, un héritage culturel, des métiers, un savoir-faire, bref une vraie économie locale et durable". Chaque année, 1 800 personnes (emplois directs) travaillent en effet à la réussite de cet événement. Lequel a réuni en 2019  204 000 spectateurs, dont 18% d'étrangers, pour plus de 30 M€ de retombées économiques estimées. "C'est aussi une manifestation mondialement connue" qui s'exporte depuis 2018 en Chine, à Xiamen plus précisément, et qui vit avec son temps. "L'accent a été mis sur le digital, les réseaux sociaux, l'accessibilité, les économies d'énergie, le recyclage des déchets, etc. Tout ceci est très différenciant pour nous".

Trop d'atouts ?

Car la concurrence est là. Certes moins connues sur le sujet que la capitale azuréenne, les autres candidatures sélectionnées ont elles aussi des arguments forts comme "Ljubljana sur les questions environnementales ou Malaga sur celles ayant trait à l'accessibilité". Le poids historique et économique du secteur à Nice peut même s'avérer un désavantage "pour qui veut primer des destinations plus récentes qui ont par exemple choisi de diversifier leur économie par le biais du tourisme. Tout dépendra de l'appréciation du jury". La réponse est attendue le 9 octobre à l'issue d'un grand oral qui se déroulera la veille à Helsinki. A la clé, un accompagnement notamment promotionnel et marketing d'un an délivré par des experts de la commission européenne qui permettrait "de doper davantage la destination et plus largement la Région Sud". Dont le président, Renaud Muselier, dans le cadre de son ancien mandat au parlement européen, s'avère être l'un des instigateurs du prix.

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*Bratislava (Slovaquie), Breda (Pays-Bas), Bremerhaven (Allemagne), Göteborg -Suède), Karlsruhe (Allemagne), Ljubljana (Slovénie), Malaga (Espagne), Ravenna et Turin (Italie).

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Commentaires
a écrit le 27/09/2019 à 12:25 :
Tourisme de masse, low cost, oui......

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