Quand la conjoncture internationale chatouille la croissance dans le Sud

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(Crédits : DR)
C'est le moment de l'année où la Banque de France présente des perspectives de croissance affinées pour l'année sur tous les secteurs. Et si les prédictions des chefs d'entreprises en Provence-Alpes-Côte d’Azur restent positives, les incertitudes sur le commerce international se font sentir pour l'industrie et les services.

"Elle est moins élevée que prévue, mais cela reste de la croissance", répète Jeannine Roghe, directrice régionale de la Banque de France en Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'établissement publie pour la deuxième fois cette année ses prédictions sur la croissance attendue des entreprises. Une étude basée sur le témoignage de 1 000 sociétés dans les secteurs de l'industrie, des services et de la construction. "Ce nouveau point nous permet d'être plus précis sur la croissance attendue pour 2019", précise Bernard Benitez, secrétaire régional de l'établissement bancaire. Entre les avis recueillis en janvier et ceux en septembre, la croissance est toujours là mais moins forte que prévue. Dans l'industrie, le chiffre d'affaires cumulé attendu est de 1,3%, soit une baisse de 1,7 point, et dans les services il est de 2,6% (- 1,1 point).

"Dans les deux cas, les causes sont les mêmes, les exportations baissent alors que le marché national s'est lui peu érodé", commente Bernard Benitez. La faute à une situation internationale qui se crispe. "Il y a beaucoup d'incertitudes", souligne le secrétaire général de la Banque de France Provence-Alpes-Côte d'Azur. La tension entre la Chine et les Etats-Unis est l'un de ces facteurs d'inquiétude. La croissance de la zone Euro ne devrait être que de 1,3% contre 1,9% en 2018. L'Italie prévoit une croissance quasi nulle (0,1%) alors que l'Allemagne, habituel poumon économique européen, ne s'attend qu'à 0,7%. Pour la deuxième année, la France devrait avoir une croissance supérieure à son voisin germanique grâce à un marché intérieur fort quand l'économie outre-rhin repose beaucoup sur l'international.  "L'incertitude économique, amplifiée par l'imprévisibilité politique, est aujourd'hui le premier ennemi de la croissance", expliquait François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, devant la Commission des finances de l'Assemblée nationale en juillet.

La construction reste stable, pour l'instant

L'optimisme revu à la baisse des dirigeants de la région n'impacte pas l'emploi, dont les prévisions restent stables dans l'industrie (-0,5%, baisse de 0,9 point) et dans les services (1,6%, plus 0,9 point). Même chose pour les investissements prévus dans l'industrie. "Ce sont ces projets pluriannuels, qui ne sont pas influencés par la conjoncture", précise le secrétaire général de la Banque de France régionale. En revanche, du côté des services, les projections d'investissements ont bondi de 5,5 points pour atteindre une hausse de 2,9%. "Il y a plusieurs pans, cela peut être dans les transports et la logistique avec la nécessité de renouveler les parcs, ou bien des investissements dans les ports, les stations alpines...", avance Bernard Benitez.

Du côté de la construction, la situation reste stable, poussée par une année pré-électorale propice aux projets. Les projections de production fluctuent de 0,2 point (à 3%) et l'emploi de 0,9 point (à 1,6%). Les investissements restent en baisse sur un an, mais moins fortement (de 13 à 8,7%). Si le marché va bien, "un retournement est probable sur du moyen-long terme", note Bernard Benitez en s'appuyant sur la baisse des mises en chantier (-7%) et des logements commencés (-18,4%). Qui, malgré les incertitudes, rappelle que "l'année reste positive avec une croissance globale de 2%". Pour la suite, il faudra garder un coup d'œil sur l'actualité internationale.

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