Comment le Technosport d'Aix-Marseille Université sert l'innovation sportive

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(Crédits : TechnoSport AMU)
Les laboratoires ne sont pas réservés qu'aux échantillons, prélèvements et blouses blanches. A Marseille, précisément à Luminy, le TechnoSport AMU étudie les athlètes et leurs équipements pour permettre d'améliorer la performance. Un travail recherché, notamment en perspective des Jeux Olympiques de 2024.

Le scénario est presque un rêve. Voir la France tout en haut du classement des nations médaillées lors des Jeux Olympiques de Paris en 2024. Une performance qui passera peut-être par... Marseille. Plus précisément par le TechnoSport Aix-Marseille Université de Luminy. "Il s'agit d'un lieu où l'on étudie les mouvements humains sous un aspect multidisciplinaire", présente Guillaume Rao, maître de conférences et responsable scientifique de cette plateforme.

Au milieu de cette plaine sportive instrumentée de 18 400 m2 avec deux laboratoires, un mur d'escale ou encore une salle de musculation, se réunissent des chercheurs, des étudiants et des pratiquants ou des acteurs du monde socio-économique sportif que cela soit des industriels, des fédérations ou des clubs sportifs. "Ils viennent avec leurs problématiques et nous essayons d'y apporter des réponses", explique Guillaume Rao.

Industriels et fédérations sportives


Les recherches du TechnoSport AMU peuvent avoir deux points de départ. Cela peut venir d'un industriel qui souhaite valider de manière scientifique que son matériel sportif augmente la performance ou diminue les risques de blessures. Decathlon est l'un des partenaires de longue date. "Nous avons commencé à travailler avec eux il y a 16 ans, il s'agit beaucoup de recherche fondamentale. Nous recherchons à comprendre comment le corps humain s'adapte à une perturbation", décrit le maître de conférences. De nombreuses chaussures ont profité du travail du TechnoSport AMU pour améliorer leur amorti. "Nous pouvons agir sur le produit avec des recommandations ou bien en amont sur des questions fondamentales", souligne Guillaume Rao.

Le TechnoSport AMU travaille avec d'autres industriels, mais dans la très grande majorité des cas les partenariats sont confidentiels car les marques préfèrent gérer leurs communications ou ne pas être accusées d'influencer les résultats.

La demande peut également venir d'un club ou d'une fédération voulant un suivi scientifique ou obtenir une meilleure préparation de ses athlètes. C'est le cas par exemple de la Smart Board, une planche permettant d'analyser les efforts de la main lors de l'escalade. Un outil développé par un chercheur du laboratoire et qu'utilise désormais la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade en prévision des JO. "Avec les Jeux nous sommes beaucoup sollicités", reconnaît Guillaume Rao.

Tests en labo et sur le terrain

Une trentaine d'études et de suivis par ans sont réalisé pour, soit environ une par acteur puisque le laboratoire du sport travaille avec une quinzaine d'industriels et une quinzaine de fédérations ou clubs sportifs. Un chiffre stable, même si l'identité de ces partenaires change. "L'idée est vraiment d'étudier ce qu'une semaine de course implique pour le corps par exemple et comment s'y préparer, explique Guillaume Rao. Nous allons au plus proche de l'activité, pour la voile nous avons réalisé des tests en laboratoire et sur l'eau en embarquant du matériel pendant une régate".

Dans la Région, plusieurs équipes demandent l'expertise du Technosport AMU comme la Cercle des Nageurs Marseillais, le Pays d'Aix Université Club Handball ou encore la Team Delko Marseille Provence en cyclisme. Un rapprochement avec l'Olympique de Marseille pour un travail sur le centre de formation est aussi à l'étude.

Pour l'instant, le Technosport AMU fonctionne avec une équipe de 10 personnes, en plus des éventuels renforts d'autres plateformes de l'université sur des sujets précis. Mais avec les JO 2014, le Gouvernement a lancé un appel d'offre pour rapprocher sportifs professionnels et université. L'AMU s'est bien évidemment positionnée, ce qui pourrait gonfler l'activité de sa plateforme. Et les chances de médailles pour la France dans 5 ans ?

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