Laurent Bunan, fier vigneron et fervent syndicaliste

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(Crédits : José Nicolas)
Quasiment né dans les vignes, le nouveau président de la fédération des vignerons indépendants Paca-Corse a très vite compris l'importance de défendre "le métier". Avec sa nouvelle casquette, il espère pouvoir agir contre les complexités administratives mais aussi lutter face à la diminution des terres agricoles.

Aussi loin qu'il s'en souvienne, Laurent Bunan a toujours voulu être vigneron. "Ma famille m'a bercé dans ce métier, mon grand-père l'était, mon père aussi, il m'a insufflé cette passion. J'ai toujours voulu faire cela", raconte-t-il. Si être fils de vigneron aide pour se lancer, le gène viticole ne se transmet pas et il a bien fallu apprendre le métier. C'est à Beaune, en Bourgogne, que Laurent Bunan effectue ses études de viticulture-oenologie. "J'étais celui qui venait du plus loin", sourit-il aujourd'hui. "J'y ai appris la viticulture, mais cela a aussi été l'occasion de rencontrer des personnes originaires de pleins de régions différentes et qui sont restés mes amis. Nous avons vieilli ensemble". Comme tout bon étudiant, Laurent Bunan passe par la case stages dans différents domaines comme à Châteauneuf-du-Pape et dans d'autres régions telles que l'Alsace et la Bourgogne. "Cela m'a donné beaucoup d'expériences avec différentes méthodes de travail", explique-t-il sans pouvoir en sortir une du lot. "Chacune m'a apporté quelque chose et m'a permis de me construire", assure-t-il.

L'aventure américaine

Pourtant, sa carrière d'apprenti vigneron prend un tout autre virage quand il décide de partir un an aux Etats-Unis. "Je voulais perfectionner mon anglais et travailler dans différents domaines", raconte Laurent Bunan. Outre-Atlantique, il s'initie notamment au marketing du vin, peu en vogue à l'époque. Un nouveau monde. Au cours de cette expérience américaine, Laurent Bunan apprend "l'exigence". Il envisage même d'y rester. "Avec ma famille, nous ambitionnions d'investir aux Etats-Unis et de créer une exploitation, mais nous n'avons pas trouvé ce que nous voulions donc l'argent a été investi dans notre domaine".

De quoi reconstruire la cave, agrandir le site et recréer des marques avec différents habillages pour les cuvées. "Nous avons aussi développé l'export, comme j'étais le voyageur de la famille et que je parlais anglais, je m'en suis occupé". Les ventes à l'étranger sont passées de 5 à plus de 30 % de la production. Désormais, le vigneron voyage moins. Et ne cache pas l'apprécier.

Pas d'effet de mode

La performance est d'autant plus notable que le domaine Bunan n'a pas foncé sur le rosé, la robe très tendance du moment. Le domaine familial, fondé par son père et son oncle, dont il s'occupe désormais avec sa sœur et ses cousins se trouvent à la Cadière d'Azur, entre Saint-Cyr et Bandol, dans le Var. Soit le nouveau jardin d'Eden. Mais chez les Bunan, le rouge représente 40 % et le blanc 10 % de la production. "Nous en sommes très fier et je défends ces couleurs. J'ai très peur des modes", confie-t-il. En parallèle de développer le vin du domaine, Laurent Bunan s'engage très vite syndicalement. "J'ai vite pris conscience qu'il fallait défendre ce métier et pour y parvenir, il faut en faire partie", explique-t-il. Le vigneron s'alarme de "la baisse des terres agricoles à cause de la pression immobilière" et répète qu'il voit "nos terres disparaître". Son engagement se traduit d'abord par la présidence des jeunes agricultures de son canton qu'il occupe jusqu'à ses 35 ans, l'âge maximum pour être à cette fonction. Désormais, c'est à la tête des vignerons indépendants Paca-Corse, dont il était déjà administrateur, qu'il continue à défendre "le métier". Une profession qu'il espère simplifier. "Nous devenons un métier de paperasse", souffle-t-il. "Il faut aider les jeunes agriculteurs à s'installer en les accompagnants". Laurent Bunan, n'est pas dupe, il reconnaît volontiers que "c'est un métier très complexe". De quoi lui donner envie de le défendre encore davantage car il l'assure : "Cela reste toujours ma passion".

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