Xavier Gesnouin : "Les entreprises exportatrices doivent davantage considérer les pays méditerranéens"

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(Crédits : CC0 Public Domain)
Mieux regarder ce qui se passe près de chez soi, plutôt que d'aller loin, c'est l'avis du nouveau président régional des Conseillers du commerce extérieur de la France. Qui dit aussi que les CCE doivent être plus visibles et qui rappelle surtout que l'export, ça ne s'invente pas.

La Tribune - Vous avez été élu en juin dernier à la présidence régionale des CCE. Quelle est votre feuille de route ?

Xavier Gesnouin - Il y a plusieurs axes. D'abord, s'intégrer davantage au sein de Team France Export avec comme unique volonté celle de mieux aider les entreprises à l'étranger. Être dans une même Team permet d'avoir un maximum d'informations nécessaires pour appréhender une étape de la vie de l'entreprise qui peut paraître compliquée. Mais qui grâce à l'expertise de tous se révèle pouvant être simple. L'autre axe à renforcer est de bien prendre conscience de l'importance de l'emplacement de la région en Méditerranée. A ce propos nous organisons en octobre un journée de réflexion orientée petit Magheb (Tunisie, Algérie, Maroc NDLR) qui sera un état des lieux de relations que la France entretient avec les ces pays d'un point de vue économique. Nous réunissons également, dès le lendemain, les CCE du pourtour de la Méditerranée afin de mener ensemble une réflexion qui doit permettre aux entreprises d'être plus pertinentes à l'export dans ces différents pays. La Méditerranée peut être considérée comme un continent. Il y a un état d'esprit méditerranéen.

Vous estimez que les CCE ont un certain déficit d'image à combler ?

Nous devons mieux nous faire connaître dans la région. C'est aussi par l'organisation de conférences que nous voulons prouver notre intérêt. En décembre nous organisons pour le Mondial CCE à Marseille, une rencontre consacrée aux nouvelles routes de la soie. Et Tous ensemble à l'international en janvier à Nice, un événement tourné vers les jeunes qui aura pour la première fois une résonnance régionale. Nous devons persévérer dans ce type d'actions pour être encore davantage visibles que nous le sommes déjà. Ce qui nous pose problème, c'est que dans la stratosphère internationale on nous oublie trop souvent que je pense que nous en sommes responsables. Nous devons être plus présents et cela fait partie des objectifs de mon mandat.

Les PME régionales sont-elles suffisamment exportatrices ?

Difficile de répondre à cette question. Les données douanières ne prennent en compte que les entreprises qui exportent des produits. Une entreprise qui exporte, par définition, exporte hors de France. Or dans le cadre de l'Union européenne, il n'existe plus de douanes. De nombreuses entreprises évoluant dans les services travaillent à l'international sans que cela se sache. Team France Export a pour rôle entre autres, de mieux répertorier celles qui exportent. Ensemble, nous pourrons mieux les accompagner. L'export ne s'invente pas. C'est à la fois en soi mais il y a des règles. L'international, ce n'est pas une même règle pour tous. La question est de savoir à quel moment les entreprises ont besoin du CCE. Il existe 4 500 CCE dans le monde. Notre connaissance technique et terrain apporte une expertise sans artifice.

Quels sont les pays que les PME régionales devraient privilégier ?

Les pays de la Méditerranée.

On a tendance à dire que l'export est un levier de croissance. Vrai ou faux ?

C'est le cas à partir du moment où c'est bien fait. Le savoir-faire français est un vrai label. Si nous considérons qu'une entreprise qui souhaite partir à l'international n'est pas prête, nous le lui disons. On ne ment pas sur les pays où les entreprises veulent s'internationaliser. Les CCE ne sont pas un levier technique mais un vrai levier de connaissance et de savoir.

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