L'ambition européenne du pôle Eurobiomed

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(Crédits : DR)
Désormais fusionné avec Cancer Bio Santé, le pôle de compétitivité spécial santé prend une nouvelle dimension, pas seulement géographique – il couvre les régions Sud et Occitanie – mais également dans les ambitions d'accompagnement des entreprises. C'est la feuille de route ciselée, établie par le nouveau président, Michaël Danon.

Un an après la phase de renouvellement des pôles de compétitivité, et alors que la tendance veut le rapprochement entre pôles établis sur une même thématique, Eurobiomed et Cancer Bio Santé ont suivi le mouvement, assez logique d'ailleurs, réunissant sous une même bannière deux régions, l'Occitanie et Provence Alpes Côte d'Azur, devenant de fait un pôle plus conséquent et plus fort. Où il est question de taille critique pour être capable de concrétiser une stratégie ambitieuse.

Face aux enjeux de croissance, les pôles de compétitivité sont donc eux aussi passés à une autre étape, celle d'après la mise en relation entre petites moyennes structures et grands groupes, pour véritablement entrer dans la phase d'accompagnement renforcé des entreprises membres, celle qui doit permettre de créer de la croissance. En filigrane bien sûr, toujours l'enjeu de la... compétitivité.

Injecter de la croissance

Et c'est exactement cette capacité du pôle à être un levier qui fait aller plus vite que veut encore davantage valoriser Michaël Danon. "Nous mettons à disposition des expertises scientifiques afin de valider un concept ainsi que des expertises extérieures", quand c'est nécessaire. "Et cela sur des aspects réglementaires, marketing, managériaux ou de recherche de financement".

Il faut dire que le domaine de la santé est multiple, allant du médicament à la santé numérique, des outils de diagnostic aux dispositifs médicaux. Chaque secteur connaissant ses propres évolutions et mutations. Comme cette réglementation durcie par les autorités européennes, concernant les dispositifs médicaux.

"Une labellisation par le pôle, c'est la garantie que le projet tient la route", ajoute Michaël Danon, encourageant les TPE/PME et ETI à ne pas ignorer l'outil que représente le pôle. D'autant que labellisation égale possibilité de financement. "Depuis 10 ans, les entreprises du pôle ont obtenu un milliard d'euros de financement public et privé", ajoute d'ailleurs le président d'Eurobiomed. Ce qui a abouti à 131 produits, prototypes ou services mis sur le marché. Comme autant de preuves que l'accompagnement ciblé, c'est gagnant.

Couvrant un large périmètre, de Toulouse à Nice en passant par Montpellier, Marseille et Sophia-Antipolis, chaque territoire possédant évidemment ses spécificités, Eurobiomed a donc acquis la taille critique, celle qui doit lui permettre d'être visible de loin. "La fusion entre Cancer Bio Santé et Eurobiomed accroît la notoriété du pôle. C'est également la possibilité d'avoir des échanges avec un plus grand nombre d'entreprises". C'est là que se situe un des points stratégiques : agrandir le portefeuille de sociétés membres pour atteindre 500 entreprises - elles sont aujourd'hui 380 - d'ici 2022. Un horizon proche dans le temps. Il faut donc aller vite mais bien. Ce qui passe peut-être par l'international. Certes les liens déjà tissés avec San Diego aux Etats-Unis ont une visée plus large, mais aller montrer ailleurs l'écosystème qui existe et avec lui les capacités d'un marché français extrêmement bien structuré, c'est aussi jouer le rôle d'attractivité du territoire.

"San Diego est avec Boston et San Francisco, le plus gros cluster biotechs aux Etats-Unis et dans le monde. Nous avons choisi cette destination car il est plus difficile de nouer des liens avec la Californie qu'avec Boston où il y a des relais déjà nombreux pour aider les entreprises. De plus la science est exceptionnelle à San Diego avec de merveilleux instituts de recherche comme le Salk Institute par exemple et le terreau de biotechs foisonnant, comme chez nous", détaille Emilie Royère, la directrice générale du pôle. La mission qui se déroule actuellement au Japon relève de la même philosophie : "C'est un marché de grande importance également difficile d'accès d'où notre choix".

Soigner l'expansion

Sur la feuille de route figure aussi la création d'événements d'envergure mondiale pour compléter et pour donc faire tourner le regard vers le sud de la France.

Car le but, c'est bien d'acquérir une dimension européenne. Pour cela, il faut encore plus de projets à faire émerger, une centaine par an si possible. Et c'est être tout autant proche des territoires et des métropoles pour mieux flairer ce qui est susceptible d'atteindre le marché.

Car si l'écosystème est bien bâti, c'est aussi parce qu'entre les jeunes pousses innovantes, les biotechs, les medtechs et les grands groupes, le rapport s'est équilibré, les premiers représentant la capacité à une forte innovation, qui séduit les seconds. Et ce sujet précis, Michaël Danon le connaît bien, lui qui dans le civil est directeur général adjoint de Pierre Fabre et que le groupe pharmaceutique lui aussi travaille sur des éléments innovants fournis par les jeunes pousses. "Ce réseau de biotechs est très important", souligne-t-il. On se souvient du rachat récent de la niçoise TherAchon par Pfizer et bien avant elle, celui de la marseillaise Trophos par Roche. Des rapprochements vécus comme rares il y a 5 ans, davantage en train de faire partie des nouveaux business modèles. C'est aussi cet enjeu qu'Eurobiomed doit accompagner. "Avec ma double expérience - Michaël Danon est passé par l'ENA, l'inspection générale des finances, le cabinet de Martine Aubry ministre du travail,  l'ANPE entre autres - je sais comment fonctionnent les instances parisiennes", glisse-t-il. Une double casquette "très complémentaire" pour former équipe avec Emilie Royère, la directrice générale du pôle.

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