Jean-Luc Chauvin : "Avec le Brexit, Marseille a encore davantage une carte à jouer comme hub vers l'Afrique"

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(Crédits : DR)
Quelques jours après avoir accueilli le Club Marseille Métropole et Alastair Campbell, ex-spin doctor de Tony Blair en guest star, le président de la CCI Marseille Provence explique pourquoi l'impact de la sortie de l'Europe de la Grande-Bretagne sur les entreprises provençales n'est pas anodin mais comment elle représente aussi une opportunité qui peut intéresser toute la Méditerranée.

Quand il égraine les données, on sent bien que le Brexit est tout sauf un sujet anodin pour les entreprises provençales et que pour Jean-Luc Chauvin, la perspective de déstabiliser les modèles économiques des TPE PME n'est pas une vue de l'esprit. Ainsi Londres représente la première destination pour l'Aéroport Marseille Provence avec 683 000 passagers en 2018 et la Grande Bretagne représente le second pays a avoir généré le plus de trafic aérien, juste derrière l'Algérie. Et si l'on considère les 9 dernières années, l'augmentation du trafic atteint +67 %. Des données qui ne concernent pas uniquement le territoire des Bouches-du-Rhône, mais aussi les départements alentours tels le Gard, la Lozère, le Vaucluse, la Drôme ainsi qu'une partie du Var. Bon à savoir, "la Grande-Bretagne est le 13ème client des Bouches-du-Rhône et son 23ème fournisseur, 1 400 entreprises font du business avec la Grande-Bretagne, 45 sociétés disposent d'une filiale anglaise et le Royaume-Uni est le 4ème investisseur étranger sur notre territoire. Tout cela illustre bien les enjeux", détaille Jean-Luc Chauvin, se faisant le relais d'une "inquiétude réelle".

Poids de l'Europe

Mais le président de l'institution consulaire va plus loin et décrypte le Brexit y voyant surtout "un échec pour l'Europe en cas de Brexit non négocié", capable "d'ouvrir la boîte de Pandore" et de donner envie à d'autres pays d'emboîter le pas à la Grande-Bretagne. "Le Brexit est l'échec des politiques européennes", insiste Jean-Luc Chauvin qui se dit "européen convaincu". Qui aurait souhaité qu'il soit permis de "ne pas se faire concurrence sur un marché européen" et qu'il y ait alignement en terme de fiscalité ou de droit du travail. "L'Europe a une chance de peser dans un monde avec deux pôles, d'un côté les Etats-Unis, de l'autre l'Asie. On n'a pas mis les moyens suffisants. Nous avons une Europe pas suffisamment forte qui n'a pas su créer un droit du travail commun. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas que chaque Etat conserve sa souveraineté, mais que ce soit au sein d'un ensemble qui pèse".

Objectif Afrique... et business

Brexit ou pas, hard ou pas, Jean-Luc Chauvin exhorte les entreprises concernées à s'appuyer sur l'équipe dédiée que la chambre de commerce et d'industrie a constitué pour aider à ce moment complexe. Mais pour autant, le président de la CCIMP considère que cette sortie de la Grande-Bretagne de l'Europe est une opportunité à saisir. Dont celle de faire venir des entreprises anglaises en terre provençale. "Certaines entreprises vont avoir envie de se relocaliser en Europe, pour des questions de normes CE, de pays européens à adresser. D'autres entreprises voient Marseille comme la possibilité de développer un business avec l'Afrique. Euroméditerranée est le lieu d'implantation idéal pour les entreprises de service".

Bref, "oui, nous allons devoir nous adapter, mais je ne suis pas inquiet", avoue Jean-Luc Chauvin. "Il va être intéressant de voir comment, post-Brexit, la Grande-Bretagne va se positionner. Il est urgent de se préparer, mais quoi qu'il arrive le business continuera".

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Commentaires
a écrit le 18/10/2019 à 23:35 :
voila

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