Alain Bentejac : "Le guichet unique de l'export est la réforme du commerce extérieur la plus ambitieuse"

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(Crédits : DR)
Présent à Nice pour une réunion centrée sur les pays méditerranéens, le président des conseillers au commerce extérieur de la France exhorte les entreprises à ne pas ignorer les pays frontaliers, estimant par ailleurs que la création de Team France Export est la réforme en capacité de dynamiser le commerce extérieur.

La Tribune - Vous avez réuni les conseillers au commerce extérieur de la France de la Méditerranée ce 11 octobre à Nice. Quand on parle de Méditerranée on a l'impression de parler d'une seule et même entité. Or, la Méditerranée recouvre un grand tout, complexe et pluriel.

Alain Bentejac - En effet, la Méditerranée c'est aussi bien l'Espagne que l'Italie, l'Albanie que l'Algérie. Il faut prendre en compte les spécificités de chaque pays pour appréhender la meilleure façon de les adresser. En discutant avec les représentants des autorités, cela nous donne un éclairage et une vision, notamment, concernant les pays du Maghreb par exemple, sur les problématiques politiques qui sont parfois lourdes. Pour notre business, c'est très utile.

Quels sont les pays à privilégier ?

Les opportunités sont partout. L'Italie et l'Espagne sont des partenaires et des concurrents. En termes de volume, ce sont deux pays à ne pas ignorer.  Les règles du jeu sont claires. L'Italie reste un pays très important, l'Espagne se rétablit bien. C'est très difficile actuellement en Algérie, étant donné le contexte politique. Beaucoup d'entreprises françaises s'interrogent sur leur présence sur place. Au Maroc, le potentiel est important, comme en Tunisie. Les entreprises françaises produisent sur place et entrent dans la chaîne de valeur. Il existe beaucoup de pays que l'on ignore trop. Comme la Turquie qui dispose d'un potentiel important, d'une base économique sérieuse et solide. Mais il ne faut pas oublier nos voisins immédiats. Souvent mieux vaut commencer la démarche export par les pays proches plutôt que de partir loin.

Quel est globalement, le rôle des conseillers au commerce exrérieur de la France ?

Notre plus-value c'est l'expérience partagée. Nous ne cherchons pas à faire ce que font déjà très bien Business France ou les chambres de commerce et d'industrie. Nous en n'avons ni la capacité ni les moyens. Mais l'expérience, la connaissance d'un conseiller au commerce extérieur de la France a beaucoup de sens lorsqu'une entreprise s'intéresse à un pays, à un marché.

La mise en place du guichet unique via Team France Export est-elle une bonne initiative ? Ou un "machin" de plus ?

Il faut aller dans le sens de l'unification du système, de sa simplification. Nous ne sommes qu'au début de cette initiative. Il faut continuer cet effort, pour aller à l'export de manière généralisée, le plus tôt possible. C'est la réforme du commerce extérieur la plus ambitieuse.

Quand on parle d'international, on pense aux startups, qui ont dans leur ADN la perspective de partir à l'international assez rapidement. Est-ce aussi une typologie d'entreprises à laquelle vous vous adressez ?

Les startups ne viennent pas spontanément vers nous. C'est pourquoi nous voulons renforcer et augmenter notre présence au sein des incubateurs, accélérateurs, afin de pouvoir les conseiller. Et cela sous forme de mentorat. C'est un axe important pour les conseillers au commerce extérieur. Nous devons également rajeunir notre âge moyen.

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