Pourquoi ZeBox étend son expertise aux Caraïbes

 |   |  678  mots
(Crédits : Pixabay)
Comme annoncé lors de son lancement il y a un an, l'incubateur-accompagnateur de startups installé à Marseille exporte son savoir-faire à l'international. S'il s'intéresse à cette partie du globe précisément, c'est parce que la logistique dans ce secteur y est particulière et que c'est justement, avec le transport, la thématique favorite de la structure initiée par un acteur qui s'y connaît pas trop mal, CMA CGM.

Le segment de l'accompagnement auprès des jeunes entreprises innovantes est plutôt fourni et dispose d'acteurs aux profils variés, certains souvent généralistes, d'autres thématisés. C'est sur ce dernier créneau que s'est installé Ze Box, à la fois incubateur et accélérateur, né de la volonté de l'armateur marseillais CMA CGM de faire émerger des idées et concepts venant adresser les sujets du transport et de la logistique, deux sujets qui sont son quotidien.

Opérationnel depuis 2018, Ze Box n'a jamais caché sa volonté d'acquérir une envergure internationale, les sujets abordés ne connaissant pas de frontières.

C'est déjà dans les nationalités des startups sélectionnées que la structure a ouvert son horizon, accueillant depuis douze mois, des projets venus d'ailleurs. Ainsi sur les 24 jeunes pousses actuellement accompagnées, "la moitié", dit Matthieu Somekh, co-fondateur et CEO, sont originaires du Maroc, du Liban, du Sénégal, du Cameroun, des Pays-Bas, du Royaume-Uni ou encore d'Irlande et d'Allemagne.

"Nous avons construit un deal flow international", précise le co-fondateur de la structure dont il est également le CEO, ajoutant que "nous travaillons à élargir encore l'origine des projets accompagnés".

Repérer les innovations à expérimenter

Un souhait qui prend réalité avec le lancement d'un hub aux Caraïbes dès début 2020. Une autre façon donc de s'axer encore davantage sur l'international, ce hub devant s'installer en Guadeloupe, avec comme rayon d'action la Grande Caraïbe et la volonté d'attirer pas uniquement des projets issus de régions francophones mais aussi anglophones et hispanophones. Le pourquoi de ce choix d'implantation ? La géographie de ces territoires oblige à des solutions logistiques compatibles, comme le souligne Matthieu Somekh, avec leur spécificité îlienne. Ce qui est source d'innovations. Et, "cela nous permet d'envisager des expérimentations que nous ne pouvons réaliser à Marseille". Lancé ce 14 octobre, l'appel à candidature concerne les jeunes pousses adressant la mobilité, les transports, la logistique ou encore l'industrie 4.0, le degré de maturité exigé étant de disposer d'un prototype fonctionnel en cours de développement.

Pour poursuivre son maillage à l'international, ZeBox a choisi de s'allier avec d'autres incubateurs et accélérateurs, comme à Singapour par exemple afin d'explorer le marché asiatique. L'Afrique, et sa poussée démographique, constituent également un territoire d'exploration à ne pas sous-estimer.

Conserver les entreprises sur le territoire

"Nous construisons notre cercle corporate", souligne Matthieu Somekh, rappelant que c'est ce maillage avec des partenaires - dont Centrimex, EY, CEVA, Accenture - qui contribue aussi au succès des jeunes pousses. "Nous travaillons avec des partenaires académiques afin d'aller chercher les talents dans nos domaines de prédilection". Avec Aix-Marseille Université, c'est aussi un appui en moyens de développement et de R&D qui est apporté, offrant la possibilité via des thèses Cifre (conventions qui favorisent l'embauche de docteurs dans les entreprises NDLR) de contribuer au rapprochement réel du monde de la recherche avec le monde entreprenarial et donc du bon emploi de l'innovation qui en est issue. "Nous collaborons également avec Rising Sud et Provence Pomotion" dit Matthieu Somekh. Car l'enjeu est bien celui de conserver les jeunes entreprises innovantes sur le territoire provençal. "Marseille et ses environs sont très bien placés pour adresser le bassin méditerranéen", indique également le CEO de Ze Box qui, concernant l'Afrique, entend plutôt aider les entreprises qui en ont originaires à se déployer en Europe plutôt que de s'implanter physiquement de l'autre côté de la Méditerranée. En douze mois, les 24 startups accompagnées - une douzaine en incubation, une dizaine en accélération - ont levé 10 M€ et généré 44 emplois, ce qui signifie "un impact non négligeable sur le dynamisme du tissu local".

Et si on projette ZeBox à 24 mois, "nous aurons rajouté des points sur la carte du monde" et noué d'autres partenariats. "Nos startups seront également 24 mois de plus au compteur. Nous espérons qu'elles auront développé du business, ici ou ailleurs".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :