Michel Gschwind : " La data n’est pas qu’une marchandise, c’est une part de la vie des gens"

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(Crédits : Reuters)
Acteur de la transition alimentaire, le dirigeant d'Areco, PME basée à Grasse et spécialisée dans la nébulisation, cette technologie qui permet de conserver aliments et produits frais, explique comment l'économie circulaire est un nouveau modèle qui doit inclure toutes les parties prenantes, dont le consommateur. Et pourquoi le numérique doit être un facilitateur global et non une contrainte.

La Tribune - Comment se pense la stratégie durable ? Est-elle une réponse aux besoins ressentis du terrain ? Est-elle précurseur ?

Michel Gschwind - Un peu les deux, les changements profonds apparaissent dans l'esprit collectif de la société et elle est captée par des précurseurs curieux...

Dans notre cas le contact avec les consommateurs, clients de nos clients, nous a sans doute sensibilisé un peu plus...

Comment définir les priorités ? Doit-on favoriser celles qui sont le plus visibles ou celles moins visibles mais qui entraînent un changement profond des habitudes ?

Quand on parle de long terme, il vaut mieux penser aux changements profonds, mais une vision ne nourrit pas en soi, il faut aussi réfléchir à ce qui peut être fait rapidement (à l'échelle d'une année) en cohérence avec la stratégie long terme. Il faut des ajustements, des tests pour vérifier que l'on est dans le vrai, la recherche du parfait n'est pas forcément la meilleure idée...

Quelle place donner aux solutions numériques ? On assimile souvent smart city et numérique. Comment en faire bon usage ? Quel rôle pour la data ?

Il est certain que le numérique a rebattu les cartes, il est possible pour une société comme la notre de toucher tous les clients de nos clients, tester en direct nos idées auprès du grand public. A mon avis, on doit plus associer les consommateurs dans la boucle, ils doivent y trouver un avantage, souvent en matière de smart city, on n'écoute pas assez l'avis des clients, qu'on appelle « usagers », « patients », « passagers »... plus que des clients, ils doivent participer à la co-construction des solutions, y être associés. La data n'est pas qu'une marchandise, c'est une part de la vie des gens... Elle doit contribuer à l'améliorer...

La loi sur l'économie circulaire, actuellement débattue, est-elle la démonstration que sans la contrainte légale, on avance moins ?

Vaste question, la règlementation est utile, si elle est incitatrice et permet de trouver des idées nouvelles, on a trop souvent tendance à encadrer les solutions, on doit rentrer dans un cadre pour avoir droit à une subvention... prenons le cas de la fermeture des portes des vitrines réfrigérées, une bonne idée... sauf qu'aujourd'hui on a fait monter la température des magasins de 4°C, et du coup, on climatise, on ajoute des systèmes de froids pour les fruits et légumes... pas sûr qu'à la sortie on soit gagnant... on doit penser résultat global, y aller par expérimentations, évaluer, corriger... Encore une fois localiser la décision...

L'indice de réparabilité, favoriser la réparation et l'utilisation des pièces détachées peut-il révolutionner les habitudes de consommation ? Comment faire changer les industries ?

Il faut un vrai business modèle associé pour que ça marche, encore une fois sur toute la chaine de valeur. Dans notre cas nos machines sont garanties à vie (depuis 2002), réparables, évolutives, elles sont pensées comme cela dès la conception... mais pour que cela soit supportable financièrement, nous y avons associé des services, de la maintenance, du conseil, nous apportons de la valeur ailleurs qui va permettre de financer ce qui ne serait pas rentable... garantir un matériel à vie en soit n'a pas de valeur pour le client, par contre lui garantir un niveau de performance toujours meilleurs, des résultats en croissance, là ça a de la valeur, le client ne regarde plus le prix du matériel... mais si c'est de plus en plus vrai aujourd'hui, cela a demandé beaucoup de force de conviction.

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Commentaires
a écrit le 19/10/2019 à 9:07 :
C'est un tout, la question est numérique dans ce qui devrait être depuis un moment!!!
J'ai eu a participer a des réunions dont des personnes s'investissent dans le domaine de l'entraide. Mais pour autant que les vielles graines et beaucoup d'initiation pour que cela soit un tout.

Je suis désolé de voir le retard dans l'émulation de ce qui est doit être depuis un moment, qui doit avoir un caractère attractif par le fait de se faire dans un cadre philosophique et humain qui raconte une belle histoire.

Pour le coup, c'est un peu l'inverse qui se passe, la volonté c'est aussi l'histoire que l'on raconte. Pour le moment, seul des personnes le plus souvent devant le don de soi, agissent pour faire.

Mais je ne comprends pas comment tout cela ne se fait pas y compris incluant la question des générations pour transmettre des savoirs faire, des liens qui nous fait chacun devant l'alimentaire.

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