Comment l'Ifremer challenge l'innovation maritime

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(Crédits : DR)
Pour mener à bien ses projets, l'institut français de recherche pour l'exploitation de la mer a toujours compté sur l'innovation. Désormais, elle souhaite renforcer ses liens avec les acteurs économiques. D'où le rapprochement avec les industriels et ce, afin d'effectuer des recherches sur des projets promis à avoir un impact économique et social.

A plus de 6 000 mètres de profondeur, c'est là que se mesure toute la capacité à innover de l'institut français de recherche pour l'exploitation de la mer. "L'innovation est très importante, c'est culturel chez nous car nous sommes amenés à effectuer des recherches dans des conditions extrêmes", explique le directeur de l'Ifremer Méditerranée, installé à la Seyne.

Cet Institut, qui répond au statut d'Epic, a trois activités : la recherche de technologique, l'étude halieutique (ou écosystème marin) et la surveillance du littoral. "Tout est lié, précise Vincent Rigaud. Mais la première est forcément plus favorable à la recherche et développement". Elle a débuté à Toulon en 1971 avec l'objectif de concevoir le sous-marin pouvant aller le plus profondément possible, ensuite les recherches se sont orientées sur l'industrie puis les scientifiques se sont rapprochés dans les années 2 000 des pétroliers. "C'est plus propice à l'innovation car ce n'est pas seulement scientifique, il y a aussi une connexion avec le monde économique", explique Vincent Rigaud.

De la recherche avec un objectif économique

Afin de renforcer cette connexion, l'Ifremer a lancé depuis 2017 la démarche InOcéan. "Cela repose sur un état d'esprit : dès que l'on démarre un projet, il faut réfléchir à son impact économique et social et le penser dans une démarche industrielle", présente Vincent Rigaud. Quatre premiers projets ont été retenus sur des sujets divers comme l'utilisation thérapeutique de micro-algues marines ou la recherche de bactérie pouvant être utilisé pour protéger les aliments dans l'industrie.

Par le passé d'importants projets ont déjà été menées conjointement avec le monde économique et notamment des entreprises, à l'image de Coral (pour constructive offshore robotics alliance). Son objectif était de développer un robot sous-marin autonome AUV capable d'explorer et d'inspecter les fonds marins jusqu'à 6 000 mètres de profondeur. "Il analyse les données et décide de son parcours", souligne Vincent Rigaud. Lancé en 2016 avec la société varoise ECA, ce projet a débuté en 2015. Il est aujourd'hui en phase de test.

L'ifremer investit dans les entreprises

Une fois les projets menés à bout, l'ifremer utilise cette technologie et concède la licence d'exploitation à ses partenaires qui peuvent la vendre. Les partenariats se font avec différentes structures, de la PME ou grand groupe, mais aussi avec des laboratoires ou des pôles de compétitivité. Comme Mer Méditerranée à Ollioules notamment.


Pour concrétiser ses ambitions, l'Institut peut compter sur un budget de 200 millions à répartir entre ses 5 centres. Des projets sont également appuyés par d'autres financements, à l'image de Coral qui a bénéficié d'un CPER (contrat plan Etat région). Mais l'institut est aussi capable d'investir directement dans des entreprises.  Si les technologies servent d'abord à l'Ifremer pour ses recherches, elles peuvent à plus long terme être déclinées pour le grand public. Sans avoir besoin de descendre à 6000 mètres de profondeur...

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