Nathalie Hagege : “Il faut rassurer les primo-exportateurs”

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(Crédits : DR)
Elue en juillet dernier à la présidence de l’APEX, la fondatrice et dirigeante de Proneem, basée à Marseille, revient sur l’importance du réseau pour accélérer son business à l’export et sa volonté d’ouvrir celui qui se revendique comme le premier club des entreprises de l’international en région Sud aux primo-exportateurs.

Quels sont, selon vous, les besoins à l'export des entreprises régionales ?

Outre le financement, évidemment, le conseil et l'accompagnement sont primordiaux pour qui veut se développer à l'export. On ne va pas à l'international comme on va au national. La bonne idée, le bon produit ou le bon service ne suffit pas. Il faut d'abord appréhender la culture et les attentes du pays visé, faire des études préliminaires qui peuvent parfois prendre beaucoup de temps avant de décider d'y aller ou pas, ce qui suppose aussi une restructuration de l'entreprise en conséquence. C'est un cap, pas si compliqué à franchir, mais qui demande de l'information et des expertises. Sur ces points-là, l'APEX est extrêmement dynamique et performante.

Comment ?

L'APEX fédère depuis 40 ans maintenant les entreprises de la Région Sud tournées vers l'international, à l'import comme à l'export, ce qui représente aujourd'hui 23 milliards d'euros. Nous comptons une centaine de membres, soit autant d'expériences et d'expertises à partager. Nous sommes dans une relation BtoB, entre chefs d'entreprise, des femmes et des hommes de terrain avec des problématiques très concrètes qui nécessitent des réponses elles aussi très concrètes. C'est là la force du réseau, sa crédibilité aussi, car il me semble qu'un chef d'entreprise est plus sensible aux conseils de ses pairs qui ont l'expérience de l'international. On sait bien la force d'un réseau pour faire grandir son business au national, la même chose est valable à l'international.

Comment articulez-vous vos actions avec les autres dispositifs d'accompagnement à l'export comme la Team Sud Export ?

Nos actions sont clairement complémentaires et nous travaillons de concert sur certains événements comme celui dédié aux femmes à l'international. On retrouve d'ailleurs ici la fonction de l'APEX qui est de créer un vrai réseau autour de ces femmes, peu nombreuses, pour être force d'idées, de partages et d'expertises. Nous organisons ainsi très régulièrement des événements et petits-déjeuners sur les sujets de la formation, les aspects juridiques à connaître, sur les pays aussi, durant lesquels les chefs d'entreprise viennent s'informer en fonction de leurs besoins. Nous avons également un rôle auprès des étudiants qui nous sollicitent pour un stage ou des conseils dans l'objectif d'un plan de carrière. Enfin, nous travaillons aussi à la structuration et à la valorisation du territoire en matière de compétences afin de renforcer son attractivité et d'aider les entreprises à attirer des talents internationaux. C'est tout l'objet du dispositif B'WellCome mis au point par l'APEX et ses partenaires publics et privés à la demande de la Métropole et de la ville de Marseille. Celui-ci vise à faciliter l'accueil et l'intégration de talents étrangers sur le territoire Aix-Marseille-Provence en proposant une multitude de services allant de la prise en charge des formalités administratives au choix du logement, de la recherche d'écoles, jusqu'à l'outplacement du conjoint du collaborateur. Lancé fin avril, le dispositif a déjà accueilli une cinquantaine de familles et vise les 70 d'ici à la fin de l'année.

Vos membres sont des entreprises plutôt matures à l'international. Quid des primo-exportateurs ?

C'est un sujet sur lequel je souhaite en effet me pencher. J'y suis très sensible. Ces primo-exportateurs sont généralement des sociétés qui ont entre cinq et dix ans de vie, matures sur le plan national, mais qui n'osent pas aller à l'international par manque de connaissance et/ou de financement, par crainte aussi d'y laisser des plumes si cela ne marche pas. Or, des dispositifs existent comme l'assurance Coface mais finalement peu d'entreprises y ont recours. Il me semble donc évident que l'APEX doit les accompagner, leur montrer qu'en collaborant avec les organismes qui vont bien, on peut avancer à l'international de façon sereine. C'est pourquoi j'encourage chaque membre de l'APEX à identifier dans leur réseau les entreprises susceptibles de partir à l'export. J'ai moi-même fédéré cinq sociétés qui n'osent pas alors que leur produit fonctionne très bien sur le marché national. Il faut rassurer ces primo-exportateurs à travers notamment la mise en place de tuteurs qui les accompagneront dans cette aventure.

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