François Codet - Cecaz : "Il ne faut pas opposer l'éthique au business"

 |   |  712  mots
(Crédits : DR)
Avec sa philosophie axée sur la recherche de relais de croissance, l'établissement bancaire qui couvre un périmètre comprenant les Alpes-Maritimes et le Var, ne veut pas pour autant oublier les fondamentaux. Et ça vaut aussi bien pour l'approche de nouveaux marchés que pour le digital, explique le président du directoire.

"La Caisse d'Epargne Côte d'Azur se porte bien", assure François Codet. Même si évidemment "comme toutes les banques de détail, elle souffre de la baisse des taux". Une situation qui dure mais qui donne presque raison à la Caisse d'Epargne Côte d'Azur (850 000 clients - 140 agences) d'aller chercher des relais de croissance, là où elle n'avait pas forcément envisagé de le faire.

Un changement de modèle qui n'est bien sûr pas réservé à l'établissement bancaire mais avec ces 3 marques et son offre spécifique, il marque déjà son marché. Le lancement de Nautibanque, lors du dernier Festival du Yachting de Cannes en septembre, est le dernier exemple en date d'une stratégie qui a commencé avec Luxury Properties et qui s'est poursuivi avec Vitibanque puis avec une offre taillée sur mesure pour l'industrie du parfum. Soit des secteurs particuliers, générateurs de chiffre d'affaires sur le territoire, et que la banque aborde donc désormais avec une dimension spécialisée. "Nous devons, dans le respect de ce que sont nos valeurs, chercher des relais de croissance", résume François Codet. "Il existe des besoins spécifiques auxquels nous mettons en face des réponses spécifiques".

Être là où on est attendu

Le tourisme par exemple, pourrait bien faire partie des prochains axes de développement identifiés. Un secteur sur lequel la Cecaz est très présente, notamment dans les activités de plage et d'hôtellerie. "Nous regardons les filières qui créent l'économie du territoire", explique le président du directoire. Car le rôle de la banque c'est "d'accompagner l'économie régionale, de financer les infrastructures. C'est notre métier, notre mission : nous devons être là où on nous attend".

Sur le digital, la Cecaz est aussi attendue. C'est même pour se préparer en interne et pour être visible sur ce segment qu'est née la Digital Academy. En interne, "elle doit lever les appréhensions" chez les salariés. "Nous investissons beaucoup pour avoir des outils digitaux les plus simples possibles", dit François Codet. Pour le volet "financement de cette nouvelle économie, c'est l'offre spécifique NeoBusiness qui prend le relais". Car "on ne lit pas le business plan d'une startup comme on lit celui d'une PME", reconnaît François Codet, qui verrait bien une ou deux licornes être issues du territoire.

Qui dit digital dit nouveaux modes de consommation. Et ça, ça touche aussi le réseau des agences. "C'est un sujet majeur pour moi", dit François Codet qui dit croire profondément à l'accompagnement du conseiller pour des opérations complexes ou quand le client nécessite qu'on le rassure. "Je crois beaucoup au contact de personne à personne. Il ne faut pas opposer l'éthique au business".

Va y avoir du sport

Pour suivre la même philosophie, quand on est sponsor officiel des JO 2024, ça ne peut pas s'arrêter à un accord paraphé sans autre concrétisation. "Parrainer les JO c'est formidable. Mais c'est dans 5 ans. Comment ce partenariat vit-il entre temps ? Il faut que ce soit cohérent avec ce que nous sommes". D'où, notamment l'ouverture de deux salles de sport, à Nice et Toulon. Avec un effet induit. "La salle de sport est également un lieu social", rappelle François Codet. C'est aussi en accompagnant des athlètes - comme le lanceur de poids Frédéric Dagée ou la nageuse Clara Rapicano -que l'établissement bancaire se met sur la ligne de départ. Un autre aspect sociétal quand on sait que le haut niveau est coûteux. Ce qui donne (encore) matière à réflexion. "Nous travaillons sur l'économie du sport, afin de monter un dispositif comme relais de croissance", avance François Codet. "Il y a les professionnels, les startups, les infrastructures... Il faut une cohérence entre nos actes et nos discours". Et François Codet de redire le rôle social qui doit être celui de la banque, que cela prenne la forme d'un plan de déplacement entre salariés ou d'une consommation moindre de papier. "La RSE ce n'est pas un relais de croissance, c'est une conviction que nous essayons de rendre visible".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :