La réindustrialisation de la France est-elle possible ?

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(Crédits : Wolfgang Rattay)
L’industrie a longtemps été considérée comme un poumon économique de la France et comme un élément de la souveraineté nationale. À partir des années 1970, elle a vu sa contribution au PIB national se réduire d’années en années. Ce décrochage était pour certains inéluctable, voire irréversible. Or, ces dernières années, plusieurs facteurs comme la création d’emplois industriels ou le niveau d’investissements étrangers laissent entrevoir une possible réindustrialisation de la France. Toutefois, de nombreux défis sont à relever.

L'augmentation des coûts du transport et la relativisation du coût de la main-d'œuvre dans le coût total d'un produit lié aux effets de l'automatisation croissante des sites industriels sont deux facteurs qui sont favorables à la réindustrialisation de la France. Par ailleurs, la montée en puissance des questions environnementales et la nécessité d'avoir une consommation plus neutre plaident pour un rapprochement entre les lieux de consommation et les lieux de production.

L'évolution de la demande en faveur de plus de personnalisation et d'hybridation entre services et produits appelle à un questionnement autour des modèles économiques des entreprises. Cette hybridation rend obsolète la distinction traditionnelle entre industrie et services. Le développement rapide de la connectivité incite de plus en plus d'entreprises à vendre non plus un produit, mais une performance tout au long du cycle de vie de celui-ci. Par ailleurs, la quête de personnalisation des consommateurs oblige à questionner la manière de produire. Des industriels réfléchissent à des mini-unités de production pour produire sur la base de spécifications individuelles. Ce type d'usines entend répondre aux besoins spécifiques des clients où le consommateur se trouve, tout en maîtrisant fortement les coûts de production et dans des délais courts. En outre, cette production est conçue pour avoir un faible impact sur l'environnement en limitant l'empreinte carbone (moins de transport) et l'utilisation de matières premières.

Néanmoins, la renaissance de l'industrie française est conditionnée à des investissements importants dans l'outil productif national. Le parc machine français est vieillissant en raison d'un sous-investissement chronique. Il est nécessaire de réinvestir dans l'outil productif pour répondre à la demande de personnalisation, de réactivité, de qualité, etc. Dans un contexte de capacité d'investissement limitée de nombreuses entreprises, il est nécessaire d'avoir une parfaite maîtrise des processus opérationnels avant d'implémenter de nouvelles technologies. L'investissement est également nécessaire dans l'innovation. S'il doit venir pour anticiper une obsolescence des machines ou permettre des gains de productivité, ils doivent également être pensés pour gagner de nouveaux marchés ou assurer une différenciation aux entreprises françaises.

Les compétences sont également un point critique de la réindustrialisation notamment parce que les délocalisations ont participé à la perte de compétences stratégiques et la déstructuration des écosystèmes productifs. En effet, de plus en plus d'industriels sont freinés dans leur développement car ils n'arrivent pas à trouver les compétences dont ils ont besoin.

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