Michel Manago : "L'industrie ne peut plus être dénigrée"

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(Crédits : BPIFRANCE)
Chouchoutée, encouragée, l'industrie retrouve des couleurs et suscite l'intérêt non feint de ceux qui la boudaient encore hier. Un sujet qui est le cheval de bataille quotidien de industriels qui veulent montrer que leur secteur est dynamique, entreprenant, prometteur. Un cheval de bataille aussi pour l'Appim, l'association des partenaires pour la promotion de l'industrie méditerranéenne, comme l'explique son président, à quelques jours d'Industria, le rendez-vous annuel des industriels azuréens.

Le sujet du numérique - IA, IoT... - dans l'industrie du futur est-il suffisamment considéré par les industriels ?

Les solutions IoT se sont standardisées, ce qui ouvre un champ des possibles pour les industriels. Avec l'IoT et l'intelligence artificielle, nous avons une solution qui fournit les data, et l'autre qui l'exploite. Ce qu'il faut considérer tout de même ce sont les coûts d'accès et les coûts énergétiques. Dans les nouvelles machines mises sur le marché, ces équipements sont directement intégrés par les fabricants eux-mêmes. Mais qui des anciens équipements ? Eux aussi doivent être facilement équipés de solutions plug and play, afin d'être performants et connectés. Cela limiterait les investissements industriels grâce à un coût marginal. Car les machines anciennes n'en sont pas moins valables.

Que peut-on attendre du dispositif Territoires d'industries qui concerne, ne serait-ce que pour les Alpes-Maritimes, des écosystèmes très différents comme Carros et Grasse-Sophia-Antipolis-Cannes ?

Il ne faut pas s'y tromper, le budget qui a été dédié - 1,3 milliard d'euros - est un budget qui a été reflêché.  On a pris à Paul pour donner à Pierre. Territoires d'industrie légitime l'environnement industriel, qui n'était pas reconnu. C'est une considération qui fait du bien à l'économie, qui a eu tendance, pendant longtemps à n'être bâtie que sur le tourisme et l'hôtellerie. Désormais on ne peut plus dénigrer l'industrie. L'intérêt de Territoires d'industrie réside avant tout dans ce que l'on va en faire. Les Alpes-Maritimes dispose de deux territoires, Carros et Grasse-Sophia-Antipolis-Cannes, ce qui est déjà bien. Cela peut permettre de capter des budgets en cohérence avec son propre territoire puisque Territoires d'industrie encourage des projets qui demeurent d'ordre collectif pour les aménagements structurels, le transport, les déchets l'emploi et la formation.

Comment l'Appim peut-elle aider les industriels à aller vers l'industrie du futur et en même temps sensibiliser les pouvoirs publics à mieux considérer l'industrie ?

Pour rappel l'Appim est le bras armé des institutionnels comme la CCI ou l'Upe06. Ma volonté, depuis mon arrivée à la présidence il y a trois ans, est d'ouvrir davantage l'association vers l'extérieur. Nous sommes également engagés dans l'Opération d'Intérêt Régional Industrie du Futur, que pilote la Région Sud. Mon objectif est de valoriser les entreprises qui ont déjà entamé une démarche en ce sens. Pour rappel, nous avons identifié une quarantaine de PME susceptibles de bénéficier de l'accompagnement du programme dédié, d'envergure régionale, ce programme qui doit accompagner les PMI vers l'industrie du futur et qui comprend après une phase d'audit, une synthèse des besoins et des solutions des financement adaptés à ces besoins. 500 entreprises doivent être accompagnées en région. En 2020, nous comptons mettre en avant des cas concrets au format conférence, mis en œuvre par certaines entreprises adhérentes, et pourquoi pas au-delà.

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