La Californie, terre de développement pour le Sud ?

 |   |  833  mots
(Crédits : Montage / iStock)
Les deux régions ont en commun le climat, des entreprises de même taille et des filières structurées, notamment celles de la santé, de la smart city, du maritime et des énergies. San Diego et San Franscico représentent pour les entreprises françaises des potentialités de croissance. Et ce n'est pas pour rien si certaines startups et PME régionales vont y faire un tour… approfondi.

Comme Provence Alpes Côte d'Azur, la Californie évoque les plages, le climat ensoleillé, une douceur de vivre... Une image qui n'est pas tout à fait exacte. Car comme Provence Alpes Côte d'Azur, la Californie a aussi des filières où elle excelle et qui constituent son économie.

Les deux territoires se connaissent bien. Car sur les filières fortes, les points communs sont nombreux : santé, smart city, blue tech, énergies... Entre l'Américaine et la Française, il y a des complémentarités qui se devinent.

"Nous travaillons avec San Diego depuis 2012", rappelle Adriana Peretti, en charge des projets à l'international au sein de Rising Sud, l'agence d'attractivité de la Région Sud.

Une histoire qui s'écrit donc depuis 7 ans et qui compte, a minima, une mission par an de l'autre côté de l'Atlantique.

Du bleu, du vert mais surtout de la tech

Le choix précis de San Diego et San Francisco n'est pas anodin, les deux cités sont reconnues comme étant les territoires les plus structurés pour les sciences de la vie. De même, la Californie est très axée énergie et green tech, devenant même l'épicentre de ce marché avec des projets concrétisés car encouragés et financés.

Côté Blue Tech, c'est San Diego qui représente le cluster concentrant le plus de technologies liées au maritime.

De cet écosystème, les clusters d'envergure régionale - Pôle Mer et Capénergies notamment, Eurobiomed, le pôle de compétitivité concentré sur la santé étant déjà impliqué, s'en sont rapprochés. C'est aussi là une forme d'aide aux entreprises et une façon de faire fructifier régulièrement les liens noués.

Dans quelques jours, Rising Sud emmène précisément une délégation sous les cieux californiens. Un déplacement qui fait partie de l'étroit rapport entretenu par les deux régions. Capénergie devrait signer un partenariat avec Cleantech San Diego et des discussions sur le sujet du smart port, entre le port de San Diego et celui de Toulon constituent les prémices d'un probable rapprochement plus fort, qui devrait inclure, probablement, le port de Marseille.

Profiter du marché

Si les points communs semblent limpides et sources effectivement de collaboration intelligente, comment les entreprises perçoivent-elles le marché californien et son potentiel ?

"Depuis le début de popuphouse il y a 5 ans, nous avions 20 % de demandes entrantes en provenance des Etats-Unis", raconte Yves Lozachmeur, fondateur de l'entreprise de 50 salariés et qui a conçu le principe d'une maison en bois, écologique donc, mais surtout en kit. Une maison qui n'exige que quelques heures pour prendre forme et qui a déjà séduit les Australiens. "La Californie est aussi innovante dans le bâtiment, c'est le seul endroit au monde où se trouve une demande identique à la nôtre", explique le dirigeant qui a comme objectif de définir des axes de collaboration possible avec l'Oncle Sam. Joint-venture, via la licence, en nom propre... autant d'interrogations qui devraient trouver réponse. Car le marché californien - au vu de la crise du logement - représente une réelle opportunité pour l'entreprise originaire d'Aix-en-Provence.

C'est aussi pour un marché tout neuf qui semble s'ouvrir à elle, qu'Heloscience embarque pour les Etats-Unis. Spécialisée dans le test in vitro pour les crèmes solaires et la cosmétique, la startup basée à Marseille voit dans le besoin de reformulation des produits solaires américains et l'abandon des filtres organiques au bénéficie des filtres minéraux, une vaste champ des possibles s'ouvrir. D'autant plus que "nous proposons des tests sur la biodégradabilité des produits en milieu marin qui intéresse également des acteurs de la cosmétiques" détaille Jean-Claude Hubaud, qui précise que le tissu entreprenarial californien est constitué de PME et PMI, type d'entreprises qui sont habituellement ses clients.

Faire le pont

Les Etats-Unis, c'est clairement une piste de développement pour Graffiti. La toute jeune startup dirigée à Marseille par Marie Tors sait que son avenir passe probablement, en partie, par l'Amérique. C'est donc pour concrètement tester le marché, voire déployer déjà des expérimentations que la fondatrice de l'application qui permet via l'appareil photo de son smartphone de visualiser en 3D ce qu'il se passe autour de soi franchit l'Atlantique. Et c'est davantage San Diego qui retient son attention, "San Diego est précurseur en matière de smart city" indique Marie Tors qui verrait bien son application permettre en cas de travaux par exemple, de "voir" le projet finalisé. Mais surtout les Etats-Unis sont un peu un accélérateur géant. "Il y a plus de nœuds de population, l'utilisation sociale des innovations est plus rapide..." liste-t-elle. Autant d'avantages identifiés qu'il reste donc à concrétiser, à plus ou moins longue échéance. Reste aussi parfois à lever des freins, à (se) rassurer. Californie, terre promise ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/11/2019 à 12:11 :
Ouiiii, mai seulement si à DIRE VENIR LA PLUIE sans craindre la venue de feux de forêts et en retenant toutes terres en terrasses en creux humides entourées de talus arborés...!!!
Car l'ensemble voulu harmonieux nous écoute (même si nous pas, à ne jouer qu'aux comédies pas assez 'COMME AISE DITS' !).

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :