Perial Développement, Roguez Village et l’avenir de l’offre immobilière

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(Crédits : DR)
Après avoir doté Sophia Antipolis de son premier bâtiment à énergie positive, le promoteur francilien, pour qui l’offre immobilière n’a d’avenir que si elle se place sous le prisme du développement durable, et notamment de l’optimisation énergétique, finalise actuellement sur le périmètre de la métropole Nice Côte d’Azur le chantier du parc d’activités Roguez Village. Lequel devrait accueillir une vingtaine de PME en 2020.

Lancé fin 2018, le chantier du parc d'activités Roguez Village, à cheval sur les communes de Castagniers et de Colomars, dans les Alpes-Maritimes, touche à sa fin. Les douze bâtiments, d'une superficie totale de 15 000 m², devraient accueillir leurs premiers occupants début 2020, des PME et PMI exclusivement, pour l'heure toutes locales et positionnées dans les secteurs de l'automobile, du catering, de la plaisance, des dispositifs médicaux ou encore du matériel électrique. "30% des baux sont signés, 50% si l'on compte ceux dont les contacts sont bien avancés, et les demandes continuent d'affluer", indique Eric Journault, directeur opérationnel de Perial Développement, filiale dédiée à la promotion immobilière du groupe Perial, maître d'ouvrage de ce projet qui vise à apporter une offre supplémentaire et bienvenue sur un territoire en manque d'immobilier tertiaire productif.

Considérations économiques et environnementales

Intégrée au périmètre de l'OIN Eco-Vallée, l'opération répond en toute logique au Référentiel Qualité imposé par l'EPA de la Plaine du Var qui incite les promoteurs à mettre l'environnement au cœur de leur projet. En l'occurrence, pour Roguez Village, c'est la labellisation BDM (Bâtiments Durables Méditerranéens) qui a été choisie avec un focus particulier sur la production d'énergie renouvelable, la récupération des eaux de pluie, la réalisation d'un plan de végétalisation réservant 30% d'espaces verts ou encore l'utilisation du bois comme structure. Une "expérimentation" menée sur un bâtiment, et non sur la totalité des édifices, afin de livrer "un programme acceptable par le marché". Une considération économique qui, selon Eric Journault, n'empêche toutefois pas de contribuer à la préservation de l'environnement à travers une approche développement durable, notamment axée sur l'optimisation énergétique, que le promoteur revendique sur l'ensemble des typologies de produits (tertiaire, tertiaire productif et logements gérés) qu'il délivre.

De l'importance des labels

"On s'y intéresse depuis 2006, non pas par effet de mode, mais parce que cela nous permet de comprendre comment les immeubles, demain, fonctionneront et de diffuser cette culture au sein des autres structures du groupe". Lequel compte 190 collaborateurs et gère près de 4 milliards d'euros d'actifs immobiliers. Ainsi, c'est à Perial Développement que l'on doit le premier ensemble de bureaux BEPOS (Bâtiment à Energie POSitive) sur Sophia Antipolis. Baptisée Natura EnR, cette opération de 2 885 m² répartis sur deux immeubles a été inaugurée en 2014. Autre exemple, bien plus récent, le siège régional d'Orange à Orléans, remporté par le promoteur cet automne après concours. Le programme de 6 500 m² sur cinq étages, attendu pour 2021, s'attachera à obtenir la certification HQE Bâtiment durable Excellent et les labels BBC Effinergie 2017, Osmoz (pour la qualité de vie au travail) et Ready2Services (R2S) lancé l'an passé par la Smart Building Alliance et dédié au bâtiment intelligent. De quoi garantir un édifice énergétiquement efficient, connecté et organisé pour le bien-être des salariés. "Nous sommes convaincus que l'avenir de l'offre immobilière et de la rentabilité des immeubles passent par le fait qu'ils ne soient pas déclassés. Or, le patrimoine qui n'aura pas ces caractéristiques deviendra très vite obsolète".

Evolution du rapport au lieu

Cette donne, les investisseurs se l'approprient de plus en plus, malgré les contraintes techniques et économiques, poussés par l'évolution de la réglementation. Mais c'est à un phénomène plus sociétal que se réfère Eric Journault. "On note, de la part des plus jeunes générations, un changement de paradigme en ce qui concerne la notion d'usage qu'elles privilégient à l'idée de possession. L'automobile en est un bon exemple. Or, ce mouvement n'est pas étanche et impacte différents pans de la société, notamment le rapport au lieu qui évolue. On le voit dans l'habitation avec le boom du co-living, on le voit aussi dans les entreprises qui pour attirer ou conserver les talents mettent en avant des arguments vertueux parmi lesquels le cadre du travail tient une importance grandissante". Et si les grandes entreprises sont d'ores et déjà demandeuses, "les PME, assure-t-il, suivront". "A nous", entendez l'ensemble de la filière immobilière, "de faire en sorte que les coûts n'explosent pas et d'être au bon niveau de prestation de services".

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