Lionel Canesi et la réforme des retraites : rien ne va plus

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(Crédits : Dado Ruvic)
C'est le sujet qui concerne tous les Français. Réforme des retraites, oui ou non ? Un sujet que le président de l'Ordre des experts-comptables Marseille PACA envisage sous le prisme des TPE PME et autant dire qu'il n'est pas tendre avec le projet envisagé qu'il trouve injuste. Et s'il explique pourquoi il dit aussi quelle pourrait être la bonne méthode.

C'est l'un des sujets qui divise et qui en même temps apparaît flou pour la plupart des Français : la réforme des retraites, thème au long cours - les préconisations de Jean-Paul Delevoye ont été remises officiellement au gouvernement mi-juillet - et à mi-novembre telle sœur Anne, difficile de vraiment voir venir le comment du pourquoi.

Le sujet ne laisse pas davantage les professionnels du chiffre et accompagnateurs des entreprises, indifférents. Au premier rang desquels le président de l'Ordre des experts-comptables Marseille PACA, Lionel Canesi. Qui ne dit pas qu'il ne faut pas de réforme, mais qui émet de sacrés doutes sur la méthode et le modèle de calcul par points.

Et les spécificités ?

"Faut-il faire une réforme ? Il n'y a pas débat. Le système actuel date depuis 1945 et au vu de l'évolution démographique et de la durée de vie qui se rallonge, si nous le conservons ainsi nous allons droit dans le mur", explique Lionel Canesi.

Et l'enjeu est d'autant plus vaste et important que ce n'est pas qu'une réforme "technique". "Cette réforme est une réforme sociétale, ce n'est pas une petite réformette", souligne le président de l'Ordre régional, inquiet de l'impact qu'elle pourrait avoir si appliquée en l'état. "Aujourd'hui, telle que je la décrypte, elle apparaît comme injuste. Même certains pays communistes n'ont pas osé aller aussi loin. Le gouvernement porte une réforme que la France Insoumise aurait pu porter".

Et Lionel Canesi d'expliquer que vouloir faire un régime universel, qui concerne l'ensemble des Français, sans tenir compte des spécificités de statut, ce n'est pas juste. Ni raccord avec la réalité. "Un entrepreneur n'a pas la même carrière qu'un salarié", rappelle le président régional. "Il faut adapter le régime à la carrière qui est suivie".

Lionel Canesi de rappeler également qu'il existe différents régimes, dont des régimes autonomes, tenant compte des spécificités. De rappeler aussi que le régime auquel sous soumis les experts-comptables verse 100 M€ par an à la solidarité nationale. "Une partie de nos cotisations sont reversées à la solidarité nationale". Si la réforme telle qu'envisagée s'applique, fini ce principe de solidarité.

"La réforme envisagée est injuste et anxiogène", martèle le président régional de l'Ordre rappelant que "l'on ne connaît pas la valeur du point" et qu'au final "cela va revenir à cotiser plus pour gagner moins".

Principe d'étapes

Mais Lionel Canesi ne fait pas que démonter le principe, il apporte aussi sa vision de ce qu'il faudrait mettre en place. Soit un régime unique jusqu'à 40 000 euros, puis au-delà un passage de relais aux caisses autonomes.

"Pour que la réforme des retraites passe, pour qu'elle soit acceptée par les Français, elle doit être juste. Il faut avancer pas à pas". Une réforme qui se ferait donc par étapes, d'abord un régime unique qui concerne donc la tranche comprise entre 0 et 40 000 euros pour au-delà, laisser faire les caisses complémentaires, car indispensable de tenir compte des particularités des secteurs. "On peut imaginer que les entreprises puissent aussi offrir une complémentaire retraite pour fidéliser leurs salariés" suggère Lionel Canesi.

La grève annoncée du 5 décembre prochain risque d'être la première brique d'un mécontentement global. Car chef d'entreprise, jeunes, retraités, fonctionnaires... tous se sentent concernés.

"Cette réforme est explosive, elle peut cristalliser contre elle toutes les énergies".

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