Optitec se renforce comme acteur de l'open innovation

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(Crédits : DR)
Centré sur les technologies de la photonique et de l'imagerie, le pôle de compétitivité basé à Marseille, couvrant les régions Sud et Occitanie ,fait évoluer son propre modèle économique en le calquant sur les besoins des entreprises. Et c'est sur la synergie entre les PME et les grands groupes via du transfert de technologie que le tout s'appuie.

C'est la perspective de la phase IV qui a poussé Optitec à repenser son modèle. Une phase qui a été l'an dernier une véritable étape de transition pour l'ensemble des pôles, obligeant à renforcer les stratégies et à préciser les plus-value apportées. Pour celui qui promeut la photonique et l'imagerie, il était surtout question de pousser plus loin le travail entamé.

"Nous sommes passés par des phases de réflexion" pour affiner le modèle, reconnaît Marc Ricci, le directeur général d'Optitec, car comme tous les pôles de l'Hexagone, c'est la question du modèle économique qui s'est posé. Autrement dit, comme continuer à faire avec moins d'argent public et donc par conséquence en allant chercher davantage d'argent privé. Une équation pas facile à résoudre, qu'Optitec a vécu comme un challenge mais aussi comme une façon de repenser son accompagnement. Et le rendre le plus pertinent possible.

Zone neutre pour industrialiser

De fait, les pôles ont aussi "grandi" avec les entreprises qu'ils accompagnent. Devenus plus matures - ce sont ceux-là que la phase IV a labellisé - ils sont désormais plus affirmés pour entrer encore dans le dur, lorsqu'il est question d'internationalisation et de marché export.

"L'évolution n'est jamais mauvaise", estime Marc Ricci. Chez Optitec cela a clairement permis de recentrer les objectifs et de privilégier deux thématiques fortes du pôle, la sécurité défense et l'industrie du futur, sujets éminemment stratégiques.

Mais qui dit maturité et opérationnel dit mains dans le cambouis. Et du côté des PME, les besoins sont clairement au passage à l'action. Comprendre à faire fructifier les innovations développées.

Pour cela, il fallait combler l'un des fameux trous dans la raquette, à savoir le transfert de technologie entre les PME et les grands groupes. D'un côté, des structures modestes ou moyennes qui ne peuvent déployer des trésors d'investissement. De l'autre, des entreprises d'une certaine taille, en recherche d'agilité et de capacité à anticiper les besoins. C'est exactement sur ce "trou", ce maillon manquant dans la chaîne de l'innovation qu'a décidé de se placer Optitec.

Et cela de façon pragmatique, en servant de courroie de transmission entre d'un côté l'entreprise détentrice de l'innovation et de l'autre l'entreprise qui a les moyens financiers ou qui dispose d'un parc machine conséquent. En clair, en mettant en relation des PME et des grands groupes, les premières en utilisant les capacités de production des secondes lorsqu'elles ne sont pas utilisées, le tout dans un espace dédié, géré par Optitec. Une sorte de zone "neutre" où chaque entreprise, la grande et la petite, apporte son expertise. Une formule surtout de réelle open innovation. "Il s'agit d'une zone qui est gérée par le pôle, où une infrastructure pilote est associée à un marché applicatif, mettant les acteurs, PME et grand groupe dans une sorte de relation équilibrée", détaille Marc Ricci.

Renforcer l'attractivité industrielle

Le premier pilote est prévu pour début 2020 et concernera plus précisément l'industrie du futur, ce qui va bien à Optitec, par ailleurs partie prenante de l'OIR Industrie du futur portée par la Région Sud.
Mais ce n'est pas pour autant pour oublier la photonique, autre technologie clé pour les PME en ce qu'elle concerne des données stratégiques, à exploiter. Un autre site, axé défense, sera pour sa part opérationnel mi-2020.

"En France, les grands donneurs d'ordre sont inaccessibles", souligne Marc Ricci, insistant sur la différenciation apportée par cette nouvelle façon d'accompagner la croissances des PME. "C'est la création de valeur qu'il fallait repenser".

Une nouvelle approche qui sert de double effet kiss cool. Quand elle ouvre un champ des possibles pour les petites et moyennes entités - le pôle regroupe 220 acteurs dont 90% sont des TPE/PME générant 3 Mds€ de chiffre d'affaires - elle accompagne aussi le changement de modèle économique d'Optitec. "Nous allons bien au-delà d'un pôle qui labellise des projets. Nous basculons dans un modèle d'apporteur d'affaires", confirme Marc Ricci qui y voit un avantage encore bien plus large, celui de l'attractivité du territoire, en matière industrielle.

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