CES Las Vegas : guide (très) pratique pour l'Amérique

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(Crédits : iStock)
Graal parmi les graals, le Consumer Electronics Show est le rendez-vous et surtout l'expérience que toute startup techno espère vivre en vrai. Sauf que l'on ne part pas de l'autre côté de l'Atlantique, la fleur (le pitch) au fusil. Et que pour réussir l'épopée made in Nevada, il y a quelques bonnes consignes à appliquer. C'est ce qu'explique Sébastien Côte, expert dans l'exercice et coach des trente startups de Provence Alpes Côte d'Azur en partance en janvier prochain.

Toutes les startups le disent, l'affirment avant, pendant et après, le CES Las Vegas c'est LE salon BtoB dont il faut au moins une fois avoir humé l'air et l'atmosphère qui s'en dégagent. Car le CES est devenu une sorte de label, de certification de l'innovation. Y participer équivaut à être adoubé d'une sorte d'auréole de la disruption. Y participer c'est aussi souvent un développement en accéléré.

Pour autant, et contrairement à certaines idées reçues, ne va pas outre-Atlantique qui veut. Pour espérer franchir les grilles de l'Eureka Park, il faut montrer patte blanche, (comprendre tech et innovante) et ce n'est ni la startup, ni la Région, meneuse de délégation, qui dit oui ou non. C'est le CTA, la Consumer Technology Association qui réunit les professionnels de la tech et que préside Gary Schapiro, qui s'y colle.

"Top Gun de startups mondiales"

"1 200 startups venues des quatre coins du monde emplissent l'Eureka Park chaque année. Elles sont sélectionnées parmi les 6 000 candidatures reçues. Le CES rassemble le Top Gun des startups mondiales ", précise Sébastien Côte, coach de jeunes pousses et surtout coach officiel des startups de Provence Alpes Côte d'Azur, histoire de bien faire mesurer le rapport demande/offre. Une CTA qui regarde le "caractère bankable" des startups. "Il existe 28 catégories de candidatures et le jury est confié à des entreprises de la technologie. Les jeunes entreprises sont donc évaluées par des pairs, qui déterminent également si ces entreprises ont la capacité à revenir en 3ème année" c'est-à-dire à dépasser le stade de jeune pousse et à se payer un stand au niveau 1 de l'Eureka Park. Car le CES n'est accessible en tant que startup que deux années, pas forcément consécutivement, mais après deux petits tours, c'est soit s'en va, soit revient avec l'accès au premier étage de l'Eureka Park. Là où se (re)trouvent celles qui sont des PME en devenir.

En janvier 2020, elles seront 30, originaires des différents territoires de Provence Alpes Côte d'Azur, à s'envoler pour le Nevada. 30 passées donc au crible de la CTA, 30 retenues parmi les 70 candidatures soumises au jury. "Il existe une bonne traction de la Région et des CCI", souligne Sébastien Côte.

"Vieil" événement - la première édition s'est déroulée en 1967 - le CES a connu une hyper médiatisation ces 4 dernières années, perçu comme the place to be dès lors que l'on est une jeune pousse et que l'on développe des solutions techno.

"Le CES est redevenu un événement business", souligne tout autant qu'il se réjouit Sébastien Côte. Ce qui signifie donc que l'on ne débarque pas aux Etats-Unis avec son seul produit ou appli sous le bras mais bien en étant préparé à affronter ces 3 jours - du 7 au 10 janvier pour l'édition 2020 - intenses et rapides. Être préparé, signifie avoir déjà identifié quels interlocuteurs rencontrer, planifié des rendez-vous, et surtout, surtout, s'être préparé à présenter - quasi automatiquement mais pas sans supplément d'âme - son pitch. La présentation en 3 minutes chrono qui peut tout changer. Car indéniablement l'expérience CES c'est une expérience en accéléré pendant mais surtout après. "Après la seconde participation, la startup vit généralement une accélération de 18 mois sur son plan de développement", prévient Sébastien Côte. "Cela aussi, nous le travaillons dans nos séances de coaching. Cette étape est parfois plus compliquée à gérer qu'un échec. Il faut avoir déjà identifier les bons leviers RH, le recrutement étant souvent le point faible. Lorsqu'on doit recruter en urgence, on recrute mal. Pour celles qui sont dans les objets connectés, il faut anticiper le premier passage industriel".

Startup Nation confirmée

Le CES est un melting-pot de possibilités "pour attaquer différents marchés. Les grands marchés sont embouteillés, faire un POC sur un autre marché consomme moins de cash". A Las Vegas, Chinois, Indiens, Japonais, Hollandais, Coréens... sont parmi les contrées présentes. "L'Afrique commence à venir, de façon dispersée néanmoins" regrette Sébastien Côte. L'Algérie et la Tunisie en tête. L'Amérique du Sud, "n'est pas un pays de tech, en terme d'histoire et de volonté politique", tandis que "les Anglais sont faiblement présents et les Allemand, ne sont pas là du tout".

Troisième nation la plus représentée, avec 450 entreprises dont 350 startups, la France peut pousser un cocorico de satisfaction. "La France, startup nation ? Oui", affirme Sébastien Côte.

"Toutes les startups se sentent valorisées, dès la première année de participation, elles se sentent en confiance, se rendent compte que les Américains ne sont pas si bons que cela. Elles-mêmes ne se regardent plus pareil". De fait, le CES ouvre un regard sur le monde et ça tombe bien, "en tech, il faut penser monde tout de suite", conseille Sébastien Côte. Plus largement, et presque au-delà même de l'événement lui-même, le CES agit comme un substrat qui fait grandir vite.

"Le CES peut constituer un starter : la startup ne bricole plus, se structure. Elle est sur le toit du monde des startups et maintenant il faut qu'elle le prouve".

Mais surtout Sébastien Côte rappelle que le Consumer Electronics Show est... un show. "50 % du coaching c'est du travail sur le cerveau droit. Il faut faire passer des émotions, laisser une trace émotionnelle forte. A l'étranger, le Français est perçu comme très cartésien donc perçu comme froid. Or, il faut formuler le pourquoi la startup a traversé l'Atlantique. C'est ce que l'on appelle la maïeutique stratégique, rappeler pourquoi on veut changer le monde. C'est retrouver la Miss Amérique qui sommeille en soi".

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