Incoplex Green, l'accélérateur pas comme les autres

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(Crédits : Pixabay / CC)
Tourné comme son nom l'indique vers la transition écologique, voulu par la Région Sud, opéré par INCO, ce nouvel outil, installé à Marseille, ne fait pas dans le traditionnel. Et c'est pour mieux faire grandir les entreprises. Plus vite si possible et de façon plus pertinente. Au niveau international évidemment.

L'économie circulaire et plus largement la transition énergétique sont devenus un sujet de société et un sujet d'innovation pour les entreprises. Les récents événements climatiques, autant en période estivale que ces dernières semaines, ont démontré que l'environnement doit être chouchouté et que de la préservation des écosystèmes, à la gestion des déchets, le sujet est vaste. Très vaste.

L'économie circulaire, ça tombe bien, est le cœur de la stratégie de la Région Sud. Renaud Muselier le répète suffisamment, il faut "une COP d'avance", et en faire une réalité plutôt qu'un mantra ou une incantation. Ce qui passe par l'économie et l'innovation, entre autres. D'ailleurs, 10 M€ ont déjà été injectés depuis 2016 pour accompagner les entreprises engagées sur ces thématiques.

Vouloir Incoplex c'est en quelque sorte être dans la phase d'après, celle où on met le pied à l'étrier aux jeunes entreprises innovantes, certes mais pas que, puisque l'idée est d'ouvrir un champ des possibles le plus large. Comprendre mondial.

Ecosystème structuré

En vrai, la différence d'Incoplex se situe sur ce créneau. A la manœuvre opérationnelle, c'est Inco. Créé par Nicolas Hazard, ce "catalyseur", comme son fondateur aime le définir, sert un accompagnement qui se situe sur tous les segments, de l'identification de l'innovation jusqu'au développement international en passant par l'indispensable accélération - le programme dure 9 mois - et la toujours délicate opération de financement (le ticket pouvant aller de 100 000 € à 5 M€ NDLR). Et ce qui intéresse Inco, ce sont les entrepreneurs positionnés sur la création de solutions inclusives et durables. Un positionnement qui l'a mené à développer une présence internationale, dans 35 pays. Le sujet transition écologique il connaît donc bien. Ne pas croire, le choix de Provence Alpes Côte d'Azur n'est pas anodin, il est du certes à la stratégie environnementale de Renaud Muselier, mais tout autant à l'écosystème de startups et d'innovation qui s'est structuré. D'ailleurs, l'objectif est posé, il est de "faire du Sud un hub en France".

Premier réseau mondial green

Mais la différenciation tient aussi à la capacité d'Inco de mettre en réseau. De fait, Incoplex existe déjà dans d'autres pays. Ainsi Marseille va être connectée avec Austin, Le Cap, Hong Kong et Sydney. Sydney où Incoplex se révèle être le premier incubateur green d'Australie.

"La connexion que nous permettons fonctionne un peu comme un jumelage", explique Nicolas Hazard. "Les startups peuvent ainsi échanger entre elles sur leurs solutions. Elles travaillent souvent sur les mêmes sujets. Cela les fait aller plus vite, les fait changer d'échelle, les challange, leur offre des opportunités économiques. Si elles demeurent sur un marché local, les perspectives de croissance sont limitées". Or on le sait, "il est essentiel d'avoir le plus rapidement possible une perspective mondiale, c'est là que se situent les relais de croissance". Et Nicolas Hazard d'avancer une autre raison qui incite à vite voir grand : les grands groupes, souvent les premiers clients, eux-mêmes présents à l'international privilégient plus aisément une collaboration avec une startup, elle même présente à grande échelle, plutôt que de multiplier les contacts avec plusieurs startups.

Changer les process

Les grands groupes qui regardent, pour certains, Inco, avec intérêt. A Marseille Total Développement s'est engagé financièrement (à hauteur de 150 000 €) et comme partenaire dans Incoplex. Un investissement dans tous les sens du terme qu'explique clairement Jean-Michel Diaz, le directeur régional Méditerranée pour qui s'impliquer auprès des entreprises innovantes fait partie du modèle maison puisque Total via des prêts à taux zéro finance celles qui sont les plus inventives. En 4 ans, 6 M€ ont été consacrés à 80 PME, générant 1 700 emplois. L'engagement dans le bas carbone, c'est l'un des objectifs pour le groupe, passé selon Jean-Michel Diaz, de groupe pétrolier à groupe énergéticien. Pour réussir la transition écologique, il faut, selon le directeur régional, "un triptyque vertueux, à savoir des industriels qui donnent les moyens de faire, l'Etat qui donne un cadre législatif stable et des citoyens qui modifient leur mode de consommation".

Pour l'heure 14 jeunes entreprises innovantes sont accompagnées par Incoplex. Un nouvel appel à projet sera lancé en janvier prochain. Architecture, agriculture, gestion des déchets, alimentation, mobilité... toutes les industries sont concernées. "La transition écologique n'est pas réservé à une industrie. C'est un sujet transverse", réitère Nicolas Hazard. "Notre rôle est d'aider les industries à changer de process de production".

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Commentaires
a écrit le 19/12/2019 à 8:45 :
"et des citoyens qui modifient leur mode de consommation"

ON en est encore et toujours à penser que le consommateur aurait le choix, alors que nous sommes européens à savoir continent dans lequel la pensée intellectuelle et l'analyse sont allés le plus loin.

L'argent à abruti tous nos dirigeants visiblement, un désastre.

"La notion de libre arbitre a été inventée par les classes dirigeantes." Nietzsche

Sauvez le monde en éteignant la lumière ! Si si c'est sûr, faut y croire très fort et ça passe !

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