Alain Bentéjac : "Les Nouvelles Routes de la Soie sont des opportunités business à exploiter"

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(Crédits : DR)
A la fois terrestres, maritimes, aériennes et numériques, elles symbolisent une volonté chinoise de se connecter avec le reste du monde. Volonté qui n'est pas sans enjeux. C'est le sujet même du Forum qu'organisent les Conseillers au commerce extérieur de la France, présents à Marseille pour décrypter les tenants et aboutissants tout autant que les potentiels avantages pour les entreprises françaises. Et envoyer quelques messages en forme de conseils à l'Etat, comme l'explique le président national.

Quand la Chine s'éveillera... Cette formule que l'on avait l'habitude d'employer résonne véritablement au passé. Car la Chine est belle et bien réveillée et s'ouvre, si l'on peut dire, en tout cas dans une certaine mesure, au monde extérieur. Déjà fortement présente en Grèce ou en Afrique, l'Empire du milieu ne compte plus vivre en autarcie.

Indice pratique venu du terrain

Ainsi sont nées les Nouvelles routes de la soie, un programme vaste d'investissement - près de 2 000 milliards de dollars annuels - concernant plusieurs pays partout sur le Globe. De Nouvelles Routes qui ont pu engendrer de la crainte mais qui pourraient surtout représenter de vraies leviers de business pour les entreprises françaises. C'est exactement le sujet du Forum organisé par les CCE à Marseille ce 19 décembre. Un sujet qui concerne particulièrement ces conseillers au commerce extérieur de la France, présents sur le terrain et donc à même de dire ce que l'on peut espérer de ces Routes et de leurs retombées. "Ce qui est intéressant, c'est d'avoir un indice pratique de ce qui se passe sur le terrain, de percevoir de quel façon le business s'organise, agrémenté d'avis d'experts", explique justement Alain Bentéjac.

S'adapter à l'evironnement

Les opportunités sont-elles réelles ? Oui, à condition déjà, de laisser tomber les idées reçues, tant côté français que chinois. "Il est important avant tout de sortir des préjugés, aussi bien d'un côté que de l'autre. Ces routes sont ouvertes pour les entreprises françaises, à la fois sur le plan géographique et par thématiques, terrestres, maritimes, numériques...", avance le président national des CCE qui compte aussi sur cette sorte de réunion au sommet pour préciser quelques thématiques pas anodines du tout, telles la lutte contre le corruption ou la soutenabilité financière.

Parmi les sujets qui pourraient fâcher, figure notamment l'éthique. On sait la Chine très ouverte ou moins regardante par exemple sur l'accès à la data. Sur ce point, Alain Bentéjac tempère, rappelant que malgré ce qui est renvoyé depuis le continent asiatique, "ça évolue". Pareil pour ce qui concerne l'environnement, devenu sujet d'Etat. Que la Chine, en devenant internationale, en voulant justement se connecter aux autres pays, ne peut pas ignorer son environnement et doit donc s'adapter aussi à lui.

Capacité redoutable

Pourtant l'Empire du Milieu a été montré du doigt pour son comportement, en Afrique notamment. Ce dont convient Alain Bentéjac. "Il y a eu des pratiques décriées, avec une vision particulière. Mais les Chinois évoluent dans beaucoup de domaines. Il ne faut surtout pas négliger la capacité d'évolution rapide de la Chine. Là où nous considérons parfois qu'elle est en retard, elle prend des décisions... à la chinoise", comprendre structurées et ne souffrant pas d'autre envergure que globale. Et Alain Bentéjac de résumer assez précisément l'état d'esprit général : "La Chine est une puissance incontournable, qu'on le veuille ou non. De fait, sa stratégie internationale est bien plus visible qu'avant". A l'Europe et la France de ne peut-être pas s'endormir...

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Commentaires
a écrit le 20/12/2019 à 11:22 :
Route de la soie = Chine et personne d'autre.
Les Chinois ont investi tres lourdement, ce n'est pas pour partager le grisbi avec d'autres et se faire parasiter leur projet.
Faut arreter l'angelisme dont fait preuve ce pseudo expert export
a écrit le 20/12/2019 à 9:19 :
L'enthousiasme économique devrait tenir compte de l'aventure géopolitique et des contraintes écologique, à qui profite cette mondialisation: à quelques uns dont des multinationales nomades pour l'économie et clairement au réveil de la chine, nous devrions parfois nous en inquiéter - qu'en pensez vous Monsieur Bentéjac.
a écrit le 20/12/2019 à 9:16 :
Une nouveau nom de la mondialisation injuste au seul bénéfice de la Chine !!!

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