Dans le Sud, la création d'entreprises artisanales performe

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(Crédits : DR)
Poussé par les secteurs du BTP et des services, le nombre d'immatriculations d'entreprises issus de l'artisanat a augmenté de 14% en 2018. Un chiffre au-dessus de la moyenne nationale. Toutefois, la quasi-intégralité des créations se fait sans salarié.

Le temps est à la création d'entreprises artisanales. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, les immatriculations ont bondi de 14% en 2018, selon le baromètre ISM-MAAF de l'artisanat. Un regain qui s'inscrit dans une tendance nationale. "Après des années 2016 et 2017 de stabilisation, on constate un fort redémarrage qui s'explique par la fin de la crise, notamment dans le bâtiment qui a été beaucoup touché", détaille Catherine Elie, directrice d'étude à l'institut supérieur des métiers (ISM). Mais la région Sud performe puisqu'elle affiche des chiffres au-dessus de la moyenne nationale (13%). "Historiquement, le travail indépendant est attractif sur le pourtour méditerranéen, mais les chiffres en Provence-Alpes-Côte d'Azur sont beaucoup plus élevés qu'en Occitanie par exemple". La région voisine affiche en effet un taux inférieur à 10%.

On l'aura compris, les voyants sont au vert. Un autre élément positif est que cela est vrai dans tous les départements. Le nombre de créations d'entreprises artisanales dans les Bouches-du-Rhône est de 5 660, dans les Alpes-Maritimes de 5 000, dans le Var de 4 300 et dans le Vaucluse de 1 900. Si les départements des Alpes-de-Haute-Provence (450) et des Hautes-Alpes (390) comptabilisent moins de 500 créations d'entreprises chacun, leur dynamique d'évolution reste soutenue avec respectivement + 11 % et + 7 %.

BTP et services moteurs des créations...

Cette dynamique régionale est logiquement boostée par les grandes villes, de plus de 200 000 habitants, mais c'est aussi vrai dans les petites communes. Les unités urbaines de 2 000 à 4 999 habitants affichent une hausse de 19 % et celles de 5000 à 9999 habitants de 15 %. "Pour les métropoles c'est assez classique, en revanche le milieu rural est d'habitude plus en difficulté, là il s'agit d'un aspect assez spécifique à la région Sud" note Catherine Elie. Selon la directrice d'étude à l'ISM, cela peut s'expliquer par le fait que sur ces territoires avec une faible densité démographique, une entreprise "se voit plus" dans les recensements statistiques. Dans cette pluie de chiffres, les villes moyennes sont-elles lésées ? "On est quand même à + 10%".

Ces créations d'entreprises sont essentiellement tirées par le BTP qui en représente près de la moitié (44%). Viennent ensuite les services comme le nettoyage et les soins. Autre tendance, la reprise de l'artisanat de la fabrication, c'est-à-dire le textile, l'habillement, l'art ou le travail des métaux. "Les produits alimentaires qui avaient presque disparu connaissent un renouveau, cela s'inscrit dans les nouvelles tendances de consommation avec un regain d'intérêt pour le geste artisanal", analyse Catherine Elie. Enfin, le Sud est la seule région où le nombre de poissonneries augmente. A noter que le principal secteur de création à l'échelle nationale, les VTC et taxi ne sont "que" sixième dans la région. "C'est de tout même 950 créations", nuance Catherine Elie.



...mais sans salarié

Dans ce tableau presque parfait, une petite tache attire toutefois l'attention de l'ISM. Le nombre de créations d'entreprises sans salarié atteint les 96 %. En 2007, cela ne représentait que 70 % des immatriculations. "Ce phénomène s'explique d'une part par la mise en place du régime micro-entrepreneur et d'autre part, par la baisse des créations par reprise d'entreprises, qui sont plus pourvoyeuses d'emplois", note l'étude.

"On crée son emploi, mais pas un développement économique", ajoute Catherine Elie rappelant que "tous les chiffres de l'Insee montrent qu'une entreprise dont la taille augmente a déjà commencé avec des salariés, c'est un élément qui est déjà dans l'esprit de son fondateur". Elle dit être attentive à ses chiffres : "Pour un coiffeur par exemple ce n'est pas grave, mais sur certains marchés il faut avoir des entreprises structurées capables de répondre à des appels d'offres".

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