En croissance, l'Aéroport Marseille Provence insiste sur le lien avec le monde économique

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(Crédits : DR)
En atteignant 10 millions de passagers, la plateforme basée à Marignane dit combien les bons résultats enregistrés en 2019 sont le fruit d'un travail de pédagogie mené sur le terrain, auprès de l'écosystème économique. Reste que le volet diversification de l'activité lui permet de regarder à l'international et d'exporter ses compétences. Tandis que le sujet environnemental n'est pas oublié.

C'est sans doute une barre symbolique : 10 millions de passagers - 10 150 000 exactement - ont emprunté la plateforme aéroportuaire provençale en 2019 et c'est un chiffre qui réjouit particulièrement Philippe Bernand, le président du directoire. Car 2019, dit-il "est l'année de tous les records" avec une croissance de 8 % entre 2018 et 2019 et 3 millions de passagers rien que pour le Terminal 2, soit 28 % de croissance tandis qu'ils ont été un million à passer par Marseille Provence en juillet et août.

Même satisfaction affichée pour le fret, qui avec 60 000 tonnes enregistrées, réalise quant à lui, 5 % d'augmentation de l'activité.

La pédagogie, la pédagogie, la pédagogie

Tout va donc bien sous le ciel provençal et au cœur de la machine aéroportuaire. Qui explique que ces bons chiffres alignés les uns après les autres sont le fruit commun d'un travail de pédagogie - "la clé du succès" -, d'explication détaillée et d'entente renforcée avec le monde économique. Une "coopération" comme le dit Philippe Bernand, qui a permis "une complicité avec les acteurs du monde économique et politique. Nous leur avons fait toucher du doigt l'importance de l'Aéroport Marseille Provence". D'où découlent par exemple des partenariats de bonne intelligence comme c'est le cas avec l'agence de développement économique, Provence Promotion. "Nous sommes contents de cette bonne entente avec le monde économique. C'est aussi ce qui est le gage de la pérennité".

Pérennité qui en serait rien sans politique environnementale adéquate. "Tout cela s'accompagne d'une vraie ambition en matière de RSE", indique le président du directoire. "Le transport aérien est très décrié. Beaucoup de griefs sont avancés mais le stockage de données génère plus d'émissions de Co2 que les avions", insiste en préambule Philippe Bernand pour redire que des travaux sont effectués sur les infrastructures afin de moins émettre et de moins consommer et que cela passe notamment par le développement du photovoltaïque. Deux projets de construction sont en cours, dont ces panneaux qui s'installeront en toiture du parking en silo de 3 000 places, livré en 2023. L'idée étant de pouvoir générer 10 à 15 % de consommation en auto-production.

Le sujet "durabilité" qui va de pair avec la mobilité. Grand sujet que la mobilité - comme dans toutes les métropoles certes - mais qui sur le territoire aixo-marseillais est particulièrement prégnant. En 2019, 1,8 million de passagers est arrivé à l'aéroport par le biais de transports en commun. Et le taux d'intermodalité culmine à 17 %, "nous voulons atteindre 25 % d'ici 2025", promet Philippe Bernand. Le Plan de déplacements urbains dessiné par la Métropole Aix-Marseille Provence, est "ambitieux et nécessaire", pour le pilote de la plateforme aéroportuaire et il ne vaudra que s'il est tenu. "Les réseaux de bus doivent se développer" sachant que 110 000 passagers ont emprunté un Flixbus ou un BlablaBus l'an dernier. "Le PDU est essentiel dans la tenue de son calendrier également". Si ce n'est pas le cas, "cela n'empêchera pas le développement de l'aéroport mais cela sera mauvais pour l'image". Ça, c'est dit.

L'Afrique, l'opportunité logique et prometteuse

"80 % de la croissance est portée par l'international, c'est ce qui fait connaître Marseille à l'étranger", souligne encore Philippe Bernand. La Méditerranée, l'Afrique, l'Europe... le triangle vertueux. Avec deux lignes, vers Dakar et Addis-Abeba, Marseille Provence se renforce en Afrique de l'Est. "Nous avons la capacité depuis Marseille d'irriguer la totalité de l'Afrique. Reste que les fréquences doivent être efficaces. Aujourd'hui, la stratégie qui se dessine et qui se démontre dans les faits, c'est que Marseille est une porte ouverte sur l'Afrique et la Méditerranée. Nous devons devenir le carrefour du business". Le business, c'est aussi l'exportation du savoir-faire, ce qui passe aussi par l'Afrique, notamment avec les aéroports du Cameroun que la plateforme provençale aide dans ses projets de restructuration. D'autres projets du même type sont en attente, dont un qui concerne Tahiti.

Mais tout ne se passe pas que du côté méditerranéen ou îlien. "Beaucoup a aussi été fait sur le réseau européen, avec Volotea et Ryanair". La ligne reliant Marseille à Moscou, ianugurée il y a un peu plus d'u an a, semble-t-il aussi démontré sa pertinence, avec un taux de remplissage à 80 %, pour 2/3 par des passagers russes et 1/3 de passagers français. Les retombées économiques espérées étant établies à 30 M€. Et pourquoi pas des droits de trafic pour deux vols supplémentaires ?

Tout cela en attendant les prochains travaux d'extension du terminal 1, le Cœur d'Aérogare signé Norma Foster, qui démarreront à l'automne. Un Cœur qui devrait contribuer à renforcer à tous points de vue la plateforme marseillaise.

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Commentaires
a écrit le 16/01/2020 à 18:18 :
je cite :" avec 2 lignes , Dakar et Addis , MRS se développe vers l'afrique de l'est " .
Sauf que Dakar est plutot à l'ouest . Français nuls en géographie !

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