Yvon Grosso : "Il faut une réforme courageuse des retraites et elle passe par l'instauration d'un âge d'équilibre"

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(Crédits : DR)
Pas langue de bois sur l'épineux et semble-t-il irrésolvable sujet de la réforme des retraites, le président du MEDEF Sud, reconnaît que si réforme il doit y avoir, la méthode employée par le gouvernement n'est pas forcément la bonne. Et que la solution se trouve peut-être dans une autre formule, moins universelle mais plus juste et surtout plus sûre financièrement.

Alors que les grèves paralysent les transports publics et autres noyaux de l'économie, comme les ports, la réforme de la retraite continue d'alimenter les débats et les hypothèses pour trouver la bonne solution, celle capable de satisfaire le plus grand nombre. Un sujet sur lequel le Medef est très présent et qui ne laisse évidemment pas le président du Medef Sud, indifférent, qui a bien son avis sur la chose.

Ainsi donc, "le gouvernement s'attaque de front à une réforme, voulant une réforme structurelle. C'est un énorme chantier", souligne Yvon Grosso qui, s'il estime que réforme est nécessaire, trouve aussi que "la méthode n'est pas la bonne". Avec en filigrane la lancinante question de l'équilibre financier à définir. Un équilibre délicat étant donné "que nous faisons face à une situation inédite en France, avec la présence de deux générations à la retraite en même temps". Ce qui contribue à rendre le système actuel "à bout de souffle".

Des leviers... impossibles à activer

Voilà pour le constat. Un système actuel mis à mal, l'arrivée à la retraite depuis quelques années déjà de ce que l'on a appelé les baby-boomers associé, en parallèle, à une durée de vie qui s'allonge obligent à penser autrement. "On estime qu'1,7 actif finance aujourd'hui un retraité, quand le ratio était de 3 actifs pour un retraité il y a quelques années", rappelle Yvon Grosso. Qui en vient à un constat simple : "pour équilibrer le système de financement, l'âge de départ à la retraite doit être relevé. Et cela afin d'honorer ceux qui ont travaillé toute leur vie".

Yvon Grosso qui voit trois leviers potentiels pour trouver l'équilibre financier, pierre d'achoppement (entre autres) de la réforme telle que proposée. "Cela passe soit par une augmentations des cotisations. Or, il est hors de question d'augmenter le coût du travail. D'autant que cela entraînerait une baisse du pouvoir d'achat. Il y a aussi la possibilité de baisser le montant des retraites. Mais le gouvernement ne se risquera pas à mécontenter encore les retraités". Autre solution alors, augmenter l'âge de départ à la retraite. "Si nous voulons être certains de financer sur le temps long, il devrait être amené à 67 ans. Comme cela est le cas dans les autres pays européens", insiste Yvon Grosso, "64 ans étant une proposition qui garantirait le financement que jusqu'en 2027. Date à laquelle le même souci de financement se poserait à nouveau".

Mais donc "aucun de ces leviers ne sont possibles". Quid de la "bonne" réforme alors ?

Pourquoi pas mixer ?

Pour Yvon Grosso, elle se situe à mi-chemin entre deux systèmes. "Pourquoi ne pas conserver un système par répartition jusqu'à un certain montant, comme 1,5 fois le SMIC, puis laisser le choix à un système par capitalisation ?", suggère le président du Medef Sud qui indique que les régimes spécifiques qui savent s'équilibrer ne devraient pas être soumis à un quelconque changement, à l'instar de ce que propose aussi le président de l'Ordre des experts-comptables Marseille PACA, Lionel Canesi, qui pour sa part a sa petite idée pour engager le dialogue au plus haut niveau sur ce sujet.

Et Yvon Grosso de poursuivre sur l'impact des taxes et grève sur l'économie. Redisant combien la France est productrice de taxes, que les entreprises tricolores sont les entreprises les plus taxées au monde alors même qu'en Europe, des pays voisins comme l'Italie sont moins contraignants de ce point de vue. Que par ailleurs, les inégalités se creusent de plus en plus. "Tout cela est un jeu de dupes. Car l'Etat en premier, ne se réforme pas". Et de souligner un autre point, le manque de culture économique des Français. Pas sûr que le sujet de la réforme des retraites aide vraiment...

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