Eric Lasery, la passion de la construction

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(Crédits : ©yohanbrandt)
Le fondateur du groupe Sifer pèse pour près de 10% des constructions à Marseille. Il confie adorer la promotion et cherche à innover avec différentes initiatives, que cela soit pour de la décoration, de l'architecture ou pour la vie du quotidien. Un moyen d'exister parmi les géants du secteur.

"C'est comme si vous demandiez à une mère lequel de ses enfants elle préfère", répond Eric Lasery quand on lui demande de quel projet immobilier il est le plus fier. Le fondateur du groupe Sifer, hésite, réfléchit et finit par trancher : "Le Greenwich a marqué le groupe avec son architecture contemporaine". Cet ensemble sorti de terre en 2011 et portant le nom de la célèbre ville anglaise se compose de deux bâtiments de six étages avec au total 86 appartements. Il se situe avenue de Mazargues, à quelques mètres de l'unité d'habitation du Corbusier.

"C'était plus qu'un pari pour nous, un architecte des bâtiments de France m'avait dit que ça n'arrive qu'une fois dans une vie d'avoir un terrain en face de la cité radieuse", se souvient le promoteur de 53 ans. "C'était une opération longue, nous avons annulé un premier projet parce qu'il ne me convenait pas, il n'était pas assez qualitatif. Nous avons beaucoup réfléchi et nous sommes rapprochés de l'architecte Michel Kagan, qui est un disciple du Corbusier", poursuit-il.

Le Greenwich "a marqué la société" répète Eric Lasery. Plus peut-être qu'il ne pouvait l'espérer en commençant sa carrière dans l'immobilier il y a 30 ans. Des débuts comme indépendant dans la foncière. "Généralement, on fait cela plutôt à la fin mais j'ai eu l'opportunité de débuter là-dedans", explique-t-il simplement. En créant le groupe Sifer en 1993, il prend conscience de la nécessité de structurer son entreprise. "Auparavant, j'avançais sans vision, mais créer des filières selon les métiers est important. Faire de la promotion et de la foncière sont deux choses différentes, et cela offre une meilleure visibilité", justifie-t-il. En se lançant, Eric Lasery vise alors "de réaliser 10% de la production à Marseille et nous y sommes plus au moins aujourd'hui avec 250 logements chaque année".

Innover pour se démarquer

Une belle satisfaction, surtout qu'Eric Lasery aime avant tout la promotion. "C'est vraiment mon plaisir, la foncière permet de lever quelques fonds", sourit ce pur Marseillais. Pourquoi une telle appétence ? "C'est imaginer, se projeter, il faut anticiper car cela se prévoit deux ou trois ans à l'avance et puis on crée quelque chose à partir de rien. C'est très valorisant de voir la réalisation sur laquelle on a travaillé", s'enthousiasme-t-il, fier d'avoir réussi avec le Greenwich à montrer que "le privé pouvait faire du beau". Cette réalisation "a contribué à un certain essor, estime-t-il. Et ce n'était pas facile car il faut trouver les entreprises capables de travailler sur une construction qui sort du lot".

Autre projet marquant, celui de 360 logements en plus d'un rez-de-chaussée pour les commerces dans le quartier de Saint-Loup en 2017. "Plus pour son ampleur", précise Eric Lasery. L'ensemble, baptisé Osmoz, a été le premier "Smart Avenir". Un label de GRDF qui signifie que la construction repose sur un mix énergétique avec 50% d'électricité et 50% de gaz naturel. Le second permettant de faire des économies sur le premier.  Eric Lasery assure "être sensible à l'innovation et toujours chercher celle qui nous plaît". Dans cette veine, Sifer s'apprête à lancer un programme avec Smarthab pour rendre les appartements connectés. L'entreprise marseillaise vient également d'inaugurer sa première résidence dans laquelle se trouve une œuvre d'art contemporain dans le cadre de la charte 1 immeuble 1 œuvre du ministère de la Culture. Ce programme incite les promoteurs à acheter une œuvre pour ensuite la donner à la copropriété. Si Eric Lasery dit avoir toujours favorisé l'implantation de l'art dans ses projets, la démarche est désormais plus formelle.

Toutes ces initiatives permettent à Sifer de marquer ses constructions et de se différencier. "C'est dans notre ADN de faire mieux et différemment", juge Eric Lasery. Avec 10 salariés, 250 logements annuels et 150 000 m2 de patrimoine, la société marseillaise reste un point moyen sur le ring de la promotion immobilière. Mais parvient à s'y faire un nom.

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