Quand les opérations type Airbnb fâchent Cannes et David Lisnard

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(Crédits : DR)
Favoriser les besoins en hébergement oui, contribuer à une concurrence déloyale vis-à-vis des hôteliers non. C'est exactement ce qui a poussé la municipalité et son premier magistrat à refuser le changement de destination d'immeubles situés dans le centre-ville. Parce qu'on ne badine pas avec le logement et que c'est aussi une question d'aménagement du territoire et de dynamisme des quartiers.

Sujet souvent épineux que celui de l'hébergement chez le particulier, via des plateformes de locations de courte durée. Sujet qui revient régulièrement sous les feux des projecteurs, notamment pour des questions de concurrence déloyale. Si les premiers à tirer et à dire leur mécontentement ont été les hôteliers, ce sont aussi désormais les actifs qui montent au créneau, voyant des immeubles entiers être acquis pour n'être plus consacrés qu'à ce type de location passagère, les privant de fait de solutions de logement et les éloignant des centre-ville.

Détournement d'idée innovante

Une situation montrée du doigt ici et là. Et qui prend toujours plus d'importance dans les villes au fort potentiel touristique. Evidemment Cannes n'échappe pas à la règle. Sauf que les solutions innovantes, lorsqu'elles sont détournées de leur usage premier, ne sont pas forcément synonyme de satisfaction. La preuve.

La mairie de Cannes vient en effet de bloquer quatre opérations de transformation d'immeubles d'habitation entiers en meublés de tourisme. Des opérations prévues pour prendre place dans l'hypercentre. Logique quand on sait que c'est précisément dans ce périmètre que se situe, entre autres, le Palais des Festivals et des Congrès, lieu des manifestations BtoB et autres salons professionnels.

Et ce qui a provoqué l'ire du maire de Cannes, c'est justement la dimension considérée comme abusive des projets.

Le pour, le contre et la modification qui va bien

Car David Lisnard - il l'a notamment répété lors de ses vœux à la presse - fait bien la distinction entre la location de meublés de tourisme par des particuliers et les opérations de grande envergure, clairement massivement à but commercial, vidant les dits immeubles de leurs occupants. "Les opérations de location de courte durée répondent à des besoins d'hébergement qui ont été réels, notamment lors des congrès comme le Mapic, le Mipim ou le Festival du Film. Et elles ont aussi, sur un volet tourisme de loisirs, permis à de nombreuses familles de redécouvrir la destination. Le développement de cet habitat marchand a également permis une économie de réhabilitation de logements, bien plus forte et efficace que toutes les lois de rénovation". Voilà pour les aspects positifs. "Ce qui est scandaleux, en revanche, ce sont ces professionnels du Airbnb, qui, de fait, créent une distorsion de concurrence avec les hôteliers et accentuent la crise du logement". Un détournement du principe premier de ce type de logement via des plateformes digitales qui n'est pas sans poser des problématiques urbaines et d'aménagement du territoire.

Conséquence, la Ville de Cannes annoncé qu'il fallait séparer le bon grain de l'ivraie. Comprendre lutter contre le développement des pratiques contribuant à vider les immeubles, surtout dans les zones en tension, tout en conservant l'esprit de l'hébergement chez le particulier. "Il n'est pas question de faire le procès du logement marchand", dit bien David Lisnard. Mais donc, le PLU sera modifié en conséquence au cours de l'année.

Car au-delà de la question logement, il y a celui d'un risque de mise à mal de toute la dynamique de vie d'un quartier. Ce qui entraînerait de fait, une sorte de paupérisation. Car qui dit habitation de courte durée ne dit pas forcément maintien des commerces de proximité. Et ça, c'est précisément (aussi) l'autre cheval de bataille de David Lisnard...

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