L'accompagnement business ou comment Monaco Foundry fait grandir (différemment) les startups

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(Crédits : Pixabay)
Alors que l'on ne compte plus les formules d'incubation et d'accélération, la structure créée par Fabrice Marquet, basée à Monaco, aborde le sujet du changement de taille des jeunes pousses par le prisme de l'apport non pas en monnaie sonnante et trébuchante, mais en partenariats business et en compétences intégrées. Une façon de faire prendre du poids plus vite et plus efficacement, défend son fondateur.

Qui ne possède pas sa pépinière, son incubateur ou son accélérateur, quand ce n'est pas un peu de tout cela à la fois ? Un contexte parfois considéré comme brouillon par les startups qui ne savent plus à quel saint-développement se vouer ni vers quelle structure se tourner. Et ce, malgré parfois, le positionnement voulu comme différenciant, ou par filières, de ces mêmes structures.

Il faut dire qu'entre temps, le temps béni de la startup érigée au statut de championne avant même d'avoir vendu, alors qu'elle enchaîne les levées de fonds (et donc, souvent, la dilution de son capital) est en train de s'étioler pour laisser désormais un peu plus de place à la rationalité et au passage à une autre façon de percevoir l'accompagnement.

Business is business

Jusqu'à présent d'ailleurs, et c'est bien le nœud du problème, les startups ont du mal à trouver le financement, surtout dans la phase amorçage, celle où le risque est élevé. Un constat que fait Fabrice Marquet, lui qui connaît assez bien le sujet pour avoir dirigé MonacoTech, l'incubateur-accélérateur de la Principauté unissant le gouvernement monégasque et Monaco Telecom (dont la majorité du capital est détenu par Xavier Niel NDLR). "La startup est souvent perçue comme un actif risqué", analyse ce Monégasque, ancien chercheur, et qui après l'aventure MonacoTech a décidé de tenter une autre aventure : apporter aux jeunes pousses ce dont elles manquent cruellement : le partenaire business.

Car c'est ça, le modèle de Monaco Foundry. Quand d'autres se concentrent sur l'apport financier et le tour de table qui doit accélérer le développement, ce nouvel acteur de l'accompagnement apporte une vision radicalement opposée ou complémentaire (c'est selon), celui de doter l'entreprise de partenaires industriels et/ou de compétences intégrées, principalement des profils seniors donc des conseillers avisés, rompus aux marchés et à leurs spécificités, le tout poursuivant un objectif précis : "passer de la stratégie sur le papier à l'exécution".

En intégrant des compétences structurées, l'idée est donc de faciliter et accélérer l'accès au marché ou à performer davantage sur celui-ci. "Beaucoup de sociétés échouent car la solution qu'elles ont imaginée ne comble pas un besoin, ne rencontre pas un marché. D'autres mettent au point des produits, certes incroyables, mais que personne ne compte acquérir. C'est tout cela que nous voulons rectifier. Notre vision c'est de corriger ces approches, de penser consommateur. C'est-à-dire d'analyser les segments marché, les challenges auxquels ce même consommateur, client potentiel, doit faire face. Et de penser et créer alors, à partir de ces informations, une solution ou un produit qui comblent le manque identifié".

Scalabilité en 18 mois

Créé en janvier 2020, Monaco Foundry a donc vocation à s'impliquer dans les entreprises, "à mettre les mains dans le cambouis", comme le dit Fabrice Marquet.

Brian Frederiksen affine le propos, indiquant que "nous avons décidé de nous consacrer aux entreprises que nous aurions pu nous-même créer". Le co-fondateur de Monaco Foundry, ex Chief Strategy & Operating Officer chez Merck's Healthcare Services & Solutions dit aussi que l'un des critères de choix des entreprises dans lesquelles l'équipe s'investit est... l'humilité et la bienveillance, deux valeurs essentielles, estime-t-il pour collaborer efficacement et rendre "tout possible".

Et d'expliquer que Monaco Foundry veut "protéger les startups et ne pas tirer avantage de leur statut early stage". Ce qui se traduit pas un départ de l'entreprise si au bout de trois mois, la collaboration et l'aide souhaitée étant insatisfaisantes.

"Notre modèle est un modèle de long terme", poursuit Fabrice Marquet. "Nous voulons avoir la capacité à scaler l'entreprise en 18 mois".

Monaco Foundry compte ainsi s'investir dans une dizaine de sociétés et regarde attentivement les deeptech. Evidemment, son terrain de jeu est mondial. D'ailleurs sa première participation s'est concrétisée dans une jeune pousse spécialisée en crypto-monnaie et basée au Canada. Un autre intérêt se porte vers une entreprise domiciliée en Angleterre. Aux Etats-Unis, Monaco Foundry s'est alliée avec un incubateur, Global Foundry.

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