L'Adie conforte son rôle d'acteur de terrain

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(Crédits : DR)
L'insertion par l'économie, ce vecteur de développement tant humain qu'entreprenarial a fait son chemin, dans les esprits comme dans le paysage économique. Si le soutien à l'envie d'entreprendre recouvre diverses formes, si les projets financés sont plus diversifiés, il reste, cependant encore, dans le Sud comme ailleurs quelques trous dans la raquette… à combler.

Si le mouvement des startups a contribué à modifier l'image de l'entrepreneur, le rôle actif et au plus près du terrain de l'Adie, aussi. Né sur l'idée que l'on peut entreprendre, quelque soit son niveau scolaire, son statut social, son âge... l'association s'est structurée au fil du temps et son discours aussi.

Les chiffres de l'année 2019 sont d'ailleurs là pour en attester : les 1 275 projets financés sont comme autant de preuves que lorsqu'on veut vraiment, on peut. Une donnée en augmentation qui plus est, attestant que le micro-crédit à toute sa place dans le paysage du financement. Et que le concept déployé voilà trois décennies a toute sa place. Dans le Sud, les porteurs de projets sont à 44 % des femmes, l'âge moyen atteint 39 ans, 18 % ont plus de 50 ans et 19 % n'ont aucun diplôme. Un sorte de portrait robot, éclectique, mais qui illustre la diversité des profils accompagnés. Et un peu aussi, la force d'attraction de l'Adie.

Davantage agir local

"Nous enregistrons une croissance à deux chiffres", résume Sébastien Chaze, qui voit notamment dans le concours Créadie, outre "des parcours incroyables", une leçon principale à retenir, celle que "même quand on a rien, on crée. Et que ça peut fonctionner, autant que si on a tout".

Un directeur régional qui dit se féliciter de l'engagement de certains institutionnels à accompagner l'association. Laquelle se fait le porte-voix - le Mégaphone pour être précis - des besoins de ces entrepreneurs du quotidien.

Le Mégaphone c'est précisément le nom du programme établi exprès pour sensibiliser les candidats aux Municipales de mars prochain. Un programme issu d'une consultation réalisée avec l'institut BVA, auprès d'un millier d'entrepreneurs où problématiques et besoins ont été répertoriés. Où il est question de mobilité, d'accès à des locaux à des tarifs moins onéreux, à des taxes moins élevées. "Les maires ont un rôle à jouer dans le soutien à cet entreprenariat", estime Sébastien Chaze, le directeur régional de l'Adie. "Sur l'accès et les charges telles la CFE, ce sont des sujets sur lesquels ils peuvent agir, faire preuve d'agilité. C'est un moyen aussi d'encourager ces entrepreneurs locaux, qui grâce à un coup de pouce, des conditions améliorées, vont s'installer à tel endroit plutôt qu'à un autre. Cet entrepreneur, c'est celui que l'on croise au coin de sa rue, le coiffeur, le boulanger, l'artisan qui contribue à l'activité et l'attractivité du centre-ville".

Un entrepreneur qui, selon la consultation menée, s'estime à 85 % non soutenu par son maire.

Terreau utile

Autre cheval de bataille, la concrétisation d'un véritable small business act. Un sujet un peu serpent de mer, que certains institutionnels tentent de rendre possible, pas toujours avec le succès escompté. Mais un sujet sur lequel l'Adie a des idées, comme de proposer que les lots, concernés par les appels d'offres soient réduits, "de taille plus modeste pour des entreprises plus modestes", poursuit Sébastien Chaze. "Cela offre des opportunité aux nouveaux entrants", à ces jeunes entreprises pour lesquelles la commande publique est une première mise à l'étrier.

C'est avec le même état d'esprit que la Fondation OM s'est rapprochée, voici un an, de l'Adie, organisant des ateliers dédiés à la communication digitale au sein de La Commanderie, le centre d'entraînement de l'Olympique de Marseille. La communication digitale qui est "le premier moyen pour nos entrepreneurs, de se faire connaître et de garder le lien avec les clients", indique Sébastien Chaze. Un mécénat de compétences qui a formé une trentaine d'entrepreneurs et qui se prolonge par une masterclass spéciale début mars, montrant le lien que l'Adie noue avec son territoire et ses acteurs. C'est notamment là où le terme d'écosystème doit prendre tout son sens.

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