Marc Pietri, le bâtisseur qui a tant aimé Marseille

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(Crédits : DR)
La disparition ce 28 février du PDG de Constructa, le groupe immobilier né en 1964 et que Marc Pietri avait rejoint en 1973 résonne comme un tsunami dans le monde de la construction française, et plus largement du monde économique. Car l'homme, très attaché à la Cité phocéenne, l'était tout autant à une certaine façon d'innover dans son secteur, bousculant les habitudes et se moquant du qu'en-dira-t-on. Les Docks ou la tour La Marseillaise, parmi ses derniers "chantiers", en sont encore la preuve.

Il est des entreprises dont l'histoire se confond avec celle de leur dirigeant. Pour les professionnels de l'immobilier, comme pour les autres d'ailleurs, Constructa c'est Marc Pietri. Et inversement.

Tant et si bien que l'on en oublierait presque que ce n'est pas lui qui fonde le groupe basé à Marseille, mais Maurice Arnoult, en 1964. Moins de 10 ans plus tard, en 1973, Marc Pietri rejoint l'entreprise au poste de secrétaire général. Il en devient avec sa famille, actionnaire majoritaire en 1988. Quinze ans se sont déroulés depuis son entrée dans le groupe, lequel s'est - entre temps - implanté dans le Var et sur la Côte d'Azur. Il l'installe aussi à Paris. Constructa prend son envol.

Car Constructa s'est aussi déployé à l'international, à Miami notamment où le groupe immobilier signe Cocowalk, sur Ocean Drive, un centre commercial pensé comme un village, ouvert sur son quartier, Coconut Grove et qui reste, encore aujourd'hui, une référence de l'audace made in Marc Pietri. A l'époque, qui parle de centres commerciaux ouverts et intégrés dans leur environnement ?

Mais c'est toujours, inlassablement et logiquement que Marc Pietri regarde vers Marseille. Les Docks, posés en plein quartier de la Joliette, s'embarquent sous sa houlette dans une seconde opération de rénovation tellement audacieuse que tous regardent le projet avec circonspection. Mais Marc Pietri est déjà dans la phase d'après. Evoque le lieu comme une place de village, un lieu de vie et non un centre commercial. Assure que "le commerce de centre-ville sera à l'origine de la renaissance des villes". On est en 2014. Et aujourd'hui, pas un seul projet de centre commercial qui ne revendique cette volonté d'être un lieu où on ne vient pas que consommer mais aussi créer du lien, partager.

La Tour La Marseillaise, dessinée par Jean Nouvel, côtoie du haut de ses 135 mètres une autre tour célèbre à Marseille, celle de CMA CGM. Un projet porté par Constructa et la vision de Marc Pietri.

Profondément amoureux de sa ville - il la défend bec et ongles, encourage les initiatives, râle quand ça ne va pas assez vite - il considère que les insignes de Commandeur de la Légion d'honneur que Manuel Valls, alors Premier ministre vient lui remettre en personne au palais de la Bourse de Marseille en juin 2017, sont avant tout "une récompense pour la ville".

"On parle toujours des grandes familles du Nord, de la grande bourgeoisie lyonnaise... et des vieilles familles marseillaises comme si nous étions un club de seniors. A Marseille, on fait la différence avec le cœur, l'esprit et le courage", ajoute-t-il alors dans un entretien à La Tribune. Marseille dont il estime que le potentiel commence tout juste à être perçu à sa juste valeur. "Ça ne fait que commencer. Ce qui m'embête, vu mon âge".

Plus largement, sur l'évolution de son secteur, il insiste encore pour dire que "on n'invente pas un état d'esprit, on le crée. Le centre commercial de l'époque moderne se construit de manière artisanale, il n'y a rien d'orthogonal. Je suis contre le préfabriqué. L'essentiel, c'est de faciliter la vie"...

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