Prix trop bas, discours "raisonnés", déchets et IA, les chantiers de Laure Carladous

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(Crédits : DR)
2019 s'est bien comportée. 2020, ce sera pareil ou presque. Dans un contexte d'élections municipales, de problématiques déchets, de prix toujours trop bas et du facteur innovation à intégrer, le monde du bâtiment et des travaux publics ne manque pas de défis. Et sa présidente non plus.

2020, selon toute vraisemblance, ne "sera pas une année mauvaise", estime Laure Carladous. Tout juste faut-il s'attendre à un léger ralentissement - pas une chute - ce qui paraît "normal" après la bonne année 2019.

2020 qui est évidemment synonyme de scrutin municipal, entraînant un ralentissement des permis de construire et des mises en chantier. Cela dans un contexte où "le logement faiblit, mais où l'immobilier d'entreprise concentre une demande forte".

Haro sur les prix bas

Mais si les projets ne manquent pas, il n'en reste pas moins que la véritable inquiétude des professionnels de l'acte de bâtir se situe dans des prix qui continuent de rester anormalement bas. "Ceci est un problème de plus en plus prégnant", s'agace Laure Carladous qui en a fait l'un de ses principaux chevaux de bataille. Surtout parce que la conséquence c'est que "les trésoreries se tendent". Et donc "nous ne pourrons pas y arriver si les prix n'augmentent pas", indique la présidente de la FBTP06 dénonçant le comportement de certaines entreprises qui se "spécialisent dans les prix au rabais".

Autre sujet d'acrimonie, le détachement et la concurrence déloyale qui en découle. "Le détachement est légal. Ce qui ne l'est pas, en revanche, c'est de ne pas rémunérer les travailleurs au même tarif qu'un salarié français" pointe Laure Carladous qui appelle de ses vœux "davantage de contrôles" sur les chantiers.

Il n'en reste pas moins que niveau carnet de commandes, "les travaux publics risquent de souffrir à cause des élections et des budgets contraints", alors que le bâtiment "n'est pas en péril, même si on manque toujours de foncier".

La rénovation, qui a longtemps porté les espoirs des professionnels du bâtiment de booster l'activité, n'entraîne pas l'enthousiasme des ménages alors "qu'il existe beaucoup de logements vacants et beaucoup sont des passoires thermiques", constate Laure Carladous. "Ce n'est pas parce qu'il existe un avantage fiscal que les bas revenus peuvent s'engager dans des travaux de rénovation. Les aides sont souvent complexes et il est compliqué de cocher toutes les cases", détaille la présidente de la FBTP 06 qui appelle à séparer le bon grain de l'ivraie, comprendre les offres publicitaires "gratuites" qui "tuent nos métiers et la confiance dans nos métiers".

Récurrent et jamais résolu, le sujet des déchets constitue indéniablement une autre des préoccupations du secteur. Si dès l'été, la profession et le monde économique s'était ému, d'une seule voix, du sujet, craignant un arrêt des chantiers, point de "moment difficile" finalement. Pour le moment. Car même si le département ne connaissait pas de manque de centre d'enfouissement et de centre de déchets, "il demeure toujours les déchets ultimes". Travail est mené en commun avec l'UPE et la CCI Nie Côte d'Azur. Mais Laure Carladous en appelle à ce que les responsables politiques notamment aient un "raisonnement construit et un discours en conséquence". Comme ces matériaux obligatoirement recyclés... mais "que nous ne pouvons pas utiliser".

Du bon usage de l'IA

Evoquer l'avenir c'est ne pas oublier la digitalisation. Qui se fait, petit à petit, avec des réticences mais aussi avec des nouveaux entrants qui bousculent les usages. "La formation se fait tout au long de la vie", rappelle Laure Carladous qui égrène ces solutions passées dans l'utilisation courante tels les capteurs indiquant quel est le meilleur moment pour décoffrer. "Les jeunes ne pourront pas travailler comme les anciens. Aujourd'hui l'innovation est utilisée pour aller plus vite, alors que nous devrions l'utiliser pour faire mieux". Mais anticiper les prochains usages c'est aussi ce à quoi va servir le rapprochement fait avec l'Université Côte d'Azur sur le thème de l'intelligence artificielle. "Nous voulons puiser chez les spécialistes les meilleures façons d'utiliser l'IA, autant dans nos métiers que dans nos entreprises". Ce sera donc à la FBTP06 de soumettre ses besoins, ses problématiques et la réponse sera apportée, construite grâce à un travail collaboratif. Mais Laure Carladous en appelle aussi à ne pas oublier la transmission des savoir-faire, parfois ancestraux, que mettent en avant les Rubans du Patrimoine, récompensant chaque année des rénovations dans des lieux exceptionnels. "Un bâtiment ce n'est pas une coque, c'est une histoire".

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Commentaires
a écrit le 03/03/2020 à 9:57 :
Prix à l'achat par les grossistes trop bas en effet car finance bien trop puissante mais il convient de le préciser.

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