Le Coronavirus fera-t-il imploser l'économie italienne et européene  ?

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(Crédits : ALESSANDRO BIANCHI)
La propagation du Coronavirus dans les régions du Nord de l'Italie a imposé de nouvelles considérations sur l'impact économique possible de l'épidémie.

La carte de propagation du Coronavirus en Italie a montré comment certaines des régions les plus productives du pays ont été touchées. Selon les données Istat de 2017, la Vénétie, la Lombardie et l'Émilie-Romagne (les lieux concernés par le Coronavirus) représentaient 40,1% du PIB national et 50% du total des exportations. Dans une telle situation, le Gouverneur de la Banque d'Italie Ignazio Visco, a déclaré que le coronavirus pourrait coûter à l'ensemble de l'économie environ 0,2 point de pourcentage du PIB. À ce sujet, le Ufficio Studi Confali (la coordination de la chaîne agroalimentaire de Confcommercio), a estimé l'impact potentiel de l'épidémie à 5 milliards d'euros. Confesercenti a des prévisions similaires, selon lesquelles la situation pourrait entraîner une perte de 3,9 milliards de consommation et 60 000 emplois. Pour certains observateurs, cependant, le Coronavirus aura des conséquences encore plus évidentes. Toute l'année pourrait enregistrer une baisse sensible du PIB, entre 0,5% et 1%. Si ce cadre est confirmé, l'impact du Coronavirus sur l'Italie pourrait s'avérer plus impressionnant que prévu initialement.

Les secteurs les plus touchés

En Italie, le segment du tourisme représente un total de 146 milliards d'euros: un chiffre égal à 12% du PIB, généré par une chaîne de 216 000 établissements d'hébergement et 12 000 agences de voyages. Confturismo estime un afflux de 22 millions de touristes en moins au cours des trois prochains mois. Une baisse quantifiable en 2,7 milliards de dégâts économiques selon l'association professionnelle de Confcommercio. Les seules annulations ont déjà coûté au secteur 200 millions d'euros et les dommages pourraient être plus importants que ceux causés par le 11 septembre.

Autre secteur impacté, le commerce international. Les ventes hors des frontières nationales des provinces touchées par les cas de coronavirus (Lodi, Crémone, Pavie, Bergame, Milan, Monza, Sondrio, Padoue, Venise, Trévise, Plaisance, Parme, Modène et Rimini) représentent un montant total de 138 milliards d'euros contre un volume d'exportation total de 465 milliards d'euros.

Il en va de même pour la gastronomie.

Rien qu'en 2018, selon les données de Coldiretti, les exportations de produits alimentaires italiens avaient atteint une valeur de 41,8 milliards d'euros, projetant un nouveau bond de 5% en 2019. Une estimation de Coldiretti, basée sur les données de l'Istat, a révélé une baisse de 11,9% des exportations de produits italiens vers la Chine uniquement pour la période janvier 2020. Coldiretti dénonce également la situation "à risque" des 500 fermes et écuries situées dans la zone rouge, qui comptent environ 100 000 têtes de bétail qui ont évidemment besoin d'une assistance constante et adéquate.

Une crise à l'échelle mondiale qui fera ses premiers dégâts en Europe

Les conséquences pour l'économie mondiale sont imprévisibles et pourraient être très graves. Si le Coronavirus a d'abord frappé l'économie italienne, il est destiné à s'étendre à ses partenaires européens. La France risque d'être affectée en interne et en externe par le développement du virus. Rappelons qu'en France, il y a environ 1800 entreprises italiennes qui risquent de freiner leurs activités. En même temps, les 2000 entreprises françaises installées en Italie - dont une grande partie est présente dans les territoires concernés - devraient à leur tour réduire leur capacité opérationnelle. Pour finir, il ne faut pas oublier que la France est le deuxième client et le deuxième fournisseur de l'Italie. Si la situation persiste, les deux pays pourraient voir leur activité et leur chiffre d'affaires diminuer. Le scénario possible: des dizaines de milliers d'emplois à risque dans les deux pays, un ralentissement de la production et du PIB qui à cause du fort endettement, ne fera qu'accélérer la récession.

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