Qu’est-ce que le Phare de l’entrepreneuriat apporte vraiment à ses lauréats ?

 |   |  859  mots
(Crédits : Libre de droits (Pixabay))
Chaque année depuis plus de vingt ans, l'événement réunit de nombreux acteurs de l’écosystème entrepreneurial d’Aix-Marseille. Au programme : des conférences mais aussi un concours qui récompense des porteurs de projet. En plus d’une aide financière, les lauréats viennent surtout chercher une visibilité accrue qui leur permette de développer leur réseau.

Porté par Accede Provence, l'association de conseil en création d'entreprise de Kedge Business School, le Phare s'est imposé comme un rendez-vous important de l'écosystème entrepreneurial local. Cette année, près de deux mille personnes étaient attendues pour rencontrer la soixantaine de startups présentes et pour assister aux conférences de Jacques-Henri Eyraud, le président de l'Olympique de Marseille ou d'Alice Zagury, PDG de The Family. Le Phare, c'est aussi un concours qui a récompensé plus de 150 projets d'entreprise depuis sa création. A la clé : cinq prix assortis d'une dotation totale de 100 000 euros et des possibilités d'hébergement au sein de grands groupes. Une motivation qui est loin d'être la seule pour les startups qui se prêtent au jeu.

"La première fois que nous y avons participé, c'était parce qu'il y avait une belle dotation et parce que nous voulions nous entraîner au pitch et aux concours", se rappelle Andrea Miglietta, président cofondateur de Ouispeak, un service d'interprétariat sur tablette. En 2018, la startup repart les mains vides et retente sa chance l'année suivante, bien déterminée à "prendre [sa] revanche", ce sera chose faite puisqu'elle reportera le prix Tremplin Sud.

Parmi les autres gagnants de cette édition 2019 : C4Diagnostics, société de biotechnologie qui propose des kits de diagnostic des maladies infectieuses et pulmonaires. Ce qui la motive à s'inscrire au Phare, c'est "de gagner en visibilité au sein de l'écosystème, auprès d'investisseurs et de partenaires potentiels" explique son PDG Younes Lazrak, mais aussi de se faire connaître auprès d'étudiants à la recherche d'expériences professionnelles.

Une visibilité accrue

Un an après, aucun étudiant n'a été recruté mais C4Diagnostics a bénéficié d'une aide financière de 18 500 euros, "dont 1500 € en financé". Mais ce que retient surtout Younes Lazrak, c'est que le concours a augmenté sa visibilité. "Cela a participé de notre stratégie de nous faire connaître", nourrissant un cercle vertueux qui a débouché sur une levée de fonds fin 2019. "Nous avons réuni 2,3 millions d'euros auprès d'investisseurs américains qui n'ont probablement jamais entendu parler du Phare mais aussi auprès du Crédit Agricole Alpes Provence", partenaire de l'événement. En septembre dernier, l'entreprise a lancé un essai clinique pour son test de la légionellose. Une autorisation de mise sur le marché est attendue fin mars.

Ouispeak voit elle aussi le concours comme un coup de pouce qui a "soudé l'équipe" alors qu'elle avait des difficultés à trouver de nouveaux clients. "Nous en avions en Île de France, pas dans notre région". Après le Phare, sa solution a pris place à l'aéroport de Nice et dans le centre commercial Cap 3000, des références supplémentaires qui donnent lui du crédit. "Nous avons aussi signé avec Longchamp et avec le Comité régional de tourisme à Paris pour être présents à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle".

Un gage de sérieux

Une crédibilité dont a aussi bénéficié Hexa Solutions, elle aussi lauréate en 2019. La startup installée à Venelles propose de digitaliser la vie locale et le commerce de proximité pour lutter contre la désertification des centre-villes. "L'appli est reliée à tout ce qui existe dans la commune sans passer par les GAFA", précise son PDG Sébastien Daméry. Ses clients étant des collectivités, elle doit savoir les mettre en confiance. Un prix comme celui-ci y contribue. "On peut leur dire que notre projet a été reconnu comme innovant ". L'hébergement dont elle a bénéficié au sein d'IBM en tant que lauréate joue également en ce sens, de même que l'interview du dirigeant dans la lettre d'information du Crédit agricole qui a fait suite à l'événement.

Forte de cette reconnaissance, l'entreprise a pu proposer sa solutions dans plusieurs collectivités de la Région, à Aix-les Bains, Venelles, ou Jouques. Des discussions sont en cours à Arles. En ce moment, « beaucoup sont en attente en raison des élections municipales. Mais nous avons bien avancé et sommes en train de finaliser une levée de fonds ».

Pour Younes Lazrak, "ce sont surtout les retombées post-événement qui font l'attractivité de ce type de concours". Pour les amplifier, le PDG de C4diagnostics a une suggestion : "l'an dernier, il y a eu un gros effort pour que l'on sache que l'événement existe, avec une grande campagne d'affichage. Mais quand on a voulu annoncer notre prix sur Linkedin, nous n'avions aucun lien à partager. Il manquait un relais pour rendre publics les résultats".

Un aspect qui peut fluctuer d'une année à l'autre, le concours étant chaque année porté par une nouvelle équipe d'étudiants. "C'est ce qui fait à la fois la richesse et la faiblesse de ce concours. On peut tomber sur des promos qui portent différemment le projet mais cela apporte une certaine fraîcheur et ce n'est pas désagréable", observe Sébastien Daméry pour qui Le Phare "a toute sa place dans l'écosystème ".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :