Face au Coronavirus, la Côte d'Azur passe à l'offensive

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(Crédits : iStock)
Fortement tourné vers le tourisme d'affaires, le territoire azuréen tente d'endiguer les conséquences négatives du Covid-19. MIPIM reporté, Carnaval de Nice écourté, Canneseries déplacé… mettent à mal les TPE/PME des secteurs de l'événementiel et de la logistique, tandis que ça se tend aussi du côté de l'industrie comme le démontre l'enquête menée par la CCI Nice Côte d'Azur. Entre aides immédiates réclamées pour pallier la baisse d'activité et anticipation d'un possible rebond qui suivra la fin de la crise, les acteurs tant économiques que politiques passent en mode action.

Alors que 2020 commençait plutôt bien voilà que le principe de précaution lié au Coronavirus vient bousculer la bonne tenue de l'économie maralpine. Le premier coup de tonnerre qui a fendu le ciel bleu azuréen a été successivement une fin anticipée du Carnaval de Nice et le report du MIPIM, devant se tenir à Cannes du 10 au 13 mars. D'autres annulations ou modifications de dates d'événements s'en sont suivis, mettant à mal assez rapidement, les structures liées à l'hôtellerie, l'hébergement, la restauration, le tourisme plus largement, sans omettre l'événementiel et la logistique. Ni les industriels, notamment ceux s'approvisionnant en Chine.

Un effet domino préjudiciable dans un département naturellement doué pour le tourisme d'affaires et dont le tissu entreprenarial est constitué de PME industrielles et de startups elles aussi impactées, en terme d'importation comme d'exportation.

Une situation qui inquiète, forcément. D'autant que les données délivrées par l'enquête menée par la Chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur confirment des tendances de baisse d'activités ou de chiffre d'affaires. Ainsi 72 % des entreprises se sentent déjà impactées négativement, avec un ralentissement de l'activité et de la fréquentation pour 61 %. 42 % constatent déjà une baisse du carnet de commande. La situation en Italie, partenaire économique important pour les entreprises azuréennes - pour 25 % d'entre elle précisément - n'ajoute rien de bon à l'affaire. 25 % c'est aussi le nombre d'industriels qui disent subir des répercussions dans leurs activités d'importation - pour celles qui se fournissent en Asie - avec des décalages de livraisons, comme d'exportation, à hauteur de 8 à 10 %.

 Action, réaction

Voilà pour le constat. Mais pour le monde économique dans son ensemble, il n'est pas concevable de demeurer que dans le constat. Principe de précaution oui dans une certaine mesure. Attentisme et immobilisme non. C'est d'ailleurs ce qu'a souligné le maire de Cannes, David Lisnard rappelant la fragilité de la trésorerie des socio-professionnels du tourisme et du commerce à la sortie de l'hiver, lesquels représentent 15 % de l'activité azuréenne et 150 000 emplois directs et indirects. Message clair : il faut passer à l'action. Soutenir. Aider. Le premier Magistrat de Cannes de demander des aides indirectes plus ambitieuses avec réduction des charges fiscales et sociales et allocation d'aides directes exceptionnelles pour venir combler le préjudice à venir.

Et pour ça, il y a des outils déjà éprouvés. C'est ce dit Jean-Pierre Savarino, qui a réactivé le guichet unique, avec notamment une présence en mairie de Cannes pour conseiller et assister les plagistes, durement impactés par la non tenue des événements BtoB. Le numéro de téléphone déjà mis à disposition lors des intempéries reprend également du service. "Nous faisons tout cela avec nos partenaires afin de permettre l'étalement et le report des charges  ainsi que des facilités de paiement". Demandé par David Lisnard, le fonds d'urgence va être activé. "Nous devons lui donner un dimensionnement conséquent", explique Jean-Pierre Savarino, "définir aussi les critères et les modalités". Avance remboursable ou pas ? Indemnisations ? Toujours est-il qu'il sera abondé par la Ville de Nice, la Métropole Nice Côte d'Azur et la Région Sud, coordonné par la CCI NCA. A cela s'ajoutent les 5 M€ débloqués par le Département des Alpes-Maritimes et son président Charles-Ange Ginesy. Qui fait aussi don de 100 000 euros à l'Institut Pasteur pour aider à la recherche d'un vaccin. Il fut aussi compter avec les 435 M€ que la Ville de Nice et la Métropole Nice Côte d'Azur ont prévu d'injecter dans le tissu économique pour 2020.

Parce qu'il faut soulager rapidement les possibles causes d'étranglement financier, la Ville de Nice et la Métropole ont pris des dispositions à effet immédiat dont le report de la facturation des droits de terrasse et d'occupation du domaine public à fin juin, l'application d'aucune pénalité de retard aux entreprises qui seraient engagées dans des marchés publics.

Mais parce qu'il est possible d'aller plus loin, la CCI Nice Côte d'Azur votera ce 9 mars une motion demandant à l'Etat d'abonder pour le soutien aux entreprises. "Nous ferons porter cette demande par les députés", précise Jean-Pierre Savarino. De son côté, Denis Cippolini, le président de la Fédération de l'Hôtellerie, de la restauration et du tourisme (FHRT) Nice Côte d'Azur, relaye une demande similaire faite par la confédération des acteurs du tourisme auprès du gouvernement. Notamment de revenir sur le décret qui empêche les rassemblements de plus de 5 000 personnes prévu pour durer jusqu'à fin mai. Et également sur les interdictions pour les Français de voyager à l'étranger. Sa préoccupation va surtout aux établissements ruraux, pour qui "la trésorerie se fait au jour le jour".

Préparer le rebond

Mais s'il faut agir rapidement, il faut aussi prévoir la phase d'après. Dont le possible et espéré rebond qui pourrait atténuer les pertes de points de croissance et de chiffre d'affaires. "Je crois à l'effet rebond", dit Denis Cipollini. Mais la concentration des événements au printemps doit être anticipée. "Nous ne pourrons pas ajouter des chambres sur les chambres. Peut-être certains événements seront-ils reportés durant la période de basse saison ?". "Il faut raison garder", affirme aussi Jean-Pierre Savarino. "Ce virus est nouveau et nous n'en n'avons pas l'appréhension. Nous ne pouvons cependant pas nous mettre à l'arrêt". Il en va de l'économie locale certes, mais de l'économie régionale et nationale. "Il faut donner un espoir grâce à une perspective chronologique crédible de rebond par une doctrine de l'État précisant les futures conditions de reprise des rencontres et évènements", ajoute David Lisnard. Outre les indispensables soutiens et allégements, c'est bien de cette denrée devenue trop rare en quelques jours que les entreprises ont besoin. Un peu d'optimisme dans un monde... grippé.

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Commentaires
a écrit le 07/03/2020 à 11:33 :
Les Alpes maritimes ne se limitent pas loin s'en faut aux plagistes dt les 3/4 st fermés l'hiver si tant est qu'on puisse considérer que le Carlton sur la Croisette fasse partie de cette catégorie...
Il y a également un tissu industriel de pointe important avec la technopole de Sophia Antipolis, la plus importante d'Europe avec près de 40 000 emplois de HT niveau ds l'informatique, le numérique, les télécoms, la chimie fine et biochimie, l'usine TAS de Cannes la Bocca, ppal centre européen de conception et fabrication de satellites, les parcs Industriel de Carros et Grasse qui regroupent nbre d'ETI des parfums, cosmétique, aromatique, compléments alimentaires, le leader européen des produits vétérinaires Virbac, un gros ctre industriel de Schneider Électriques...
Bref, si cette crise sanitaire devait affecter durablement ts ces secteurs d'emploi ( et les plagistes bien entendu), les simples aides institutionnelles en report de charge et autres aides de trésorerie, n'y suffiraient pas.
Il faudrait passer à la vitesse supérieure par des aides directes au maintien de l'emploi, avec financement de périodes de chômage technique par ex, sans reproduire les erreurs du passé comme la montée catastrophique du chômage de masse en 2009.
La politique conjoncturelle de l'Allemagne à cette époque pourrait être une source utile d'inspiration.

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