Une Maison de l'Intelligence artificielle pour quoi faire ?

 |   |  787  mots
(Crédits : Gerd Altmann / Pixabay)
Implantée à Sophia-Antipolis, elle se présente comme un démonstrateur, mettant en valeur ce que l'IA apporte, bouleverse, permet concrètement dans le quotidien et les différents secteurs de l'économie. Une Maison qui prend sa place dans un écosystème où l'IA devient aussi un marqueur de marketing territorial.

L'IA fait couler beaucoup d'encre et nourrit beaucoup de fantasmes. C'est exactement pour pouvoir mettre de l'ordre dans le foisonnement d'idées préconçues et de possibilités réelles que ce nouvel outil prend sa raison d'être.

A l'initiative du projet, il y a le Département des Alpes-Maritimes et son président Charles-Ange Ginesy, lui-même engagé dans un programme voué à promouvoir le numérique dans ses aspects de facilitateur et d'aide à la réponse aux enjeux économiques appelé Smart Deal. Un programme que pilote et inspire Marco Landi, ex président d'Apple Europe et qui a une certaine idée du sujet. Avec le Département, ce sont aussi la Chambre de commerce et d'industrie comme l'Université Côte d'Azur qui se sont engagées. Parce que l'IA, après tout... ne se compartimente pas.

Hub multi-facettes

Cette Maison de l'IA a donc plusieurs vocations. Sorte de hub qui doit faire acte de pédagogie auprès des jeunes, du citoyen mais aussi des entreprises. Et pour cela il y a plein de façons de le faire, du showroom au colloque en passant par des expérimentations et surtout par le Lab IA, destiné à générer des synergies entre entreprises, startups et collectivités. La fameuse fertilisation croisée, si chère au fondateur de la technopôle, Pierre Laffitte.

Opérationnel, ce nouvel outil s'inscrit plus largement dans un écosystème qui mise beaucoup sur l'IA. Ainsi, l'obtention de l'Institut 3IA a certes été une victoire collective du l'ensemble du territoire Nice Sophia-Antipolis, cependant il ne faut pas oublier que si telle obtention a été possible c'est bien parce que le département regorge d'expertises et que tout mouvement fédérateur est le bienvenu, l'objectif étant que la somme des compétences profite à tous. La Maison vient donc ajouter une branche supplémentaire, structurante.

Data bien utilisée

Mais c'est aussi l'Observatoire des impacts technologiques, économiques et sociétaux de l'IA, (OTESIA) qui apporte une plus-value. Un Observatoire crée il y a quelques mois, doté d'une mission précise. "Il est chargé de collecter et d'exploiter des données sur le développement du numérique et de l'IA, de faire de la veille technologique. Il réfléchit aux conséquences de l'IA sur les nouveaux métiers, les nouveaux comportements, les nouveaux usages et surtout, participera à la construction d'une véritable déontologie", explique Charles Ange Ginesy.

Un autre outil qui vient répondre aux besoins et inquiétudes, qui vient mettre une couche d'éthique là où l'utilisation de la donnée peut à la fois faire peur et est prometteuse.

Mais le rôle de la Maison de l'Intelligence Artificielle est aussi - et surtout ! - de travailler en réseau. Le travail d'équipe - ou collaboratif comme le veut la formule consacrée - est primordiale sur un sujet qui encore une fois, n'appartient à personne et qui ne vaut que s'il est partagé. "Nos prochains projets incluent un travail mené avec l'IMREDD (l'institut méditerranéen du risque et du développement durable NDLR) sur une étude expérimentale concernant la gestion des risques naturels sur le territoire. Celle-ci aurait pour but la mise en place d'une plateforme permettant l'amélioration de la gestion desdits risques dans le département tout en en favorisant la prévention. Nous avançons également dans le déploiement de la fibre optique sur l'ensemble des Alpes-Maritimes", indique Charles Ange Ginesy.

Favoriser les liens entre l'académique, la recherche, l'entreprise est évidemment nécessaire pour conserver les compétences, les faire mûrir encore davantage et surtout, surtout, garder le pouvoir d'attraction.

Marketing territorial

Car évidemment la Côte d'Azur n'est pas la seule à être forte en thème en IA. Mais en sachant capitaliser sur les expertises qu'elle possède, elle laisse à faire voir le territoire comme un terrain de jeu attrayant pour les entreprises, les investisseurs, ou tout projet innovant. En terme de marketing territorial, la Côte d'Azur sait qu'elle doit aussi miser sur son industrie, et le numérique en est bel et bien une. L'ambition d'ailleurs affichée par les acteurs institutionnels c'est de faire du territoire une référence au niveau européen. L'échelon est sans doute le bon et juste échelon pour permettre d'accroître une visibilité qui ne demande pas mieux que de s'affirmer. Le rapprochement opéré avec l'Université Laval à Québec à l'automne dernier accompagne cette volonté. La preuve que l'international et la Côte d'Azur, ça fonctionne toujours. Globalement pour le territoire, c'est évidemment un argument supplémentaire de séduction dans son escarcelle. Du moment que le tout est développé... avec intelligence.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :