Dans la tempête, les CCI vigies économiques

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(Crédits : iStock)
Depuis le début de la crise liée au Covid-19, elles sont devenues, via les guichets uniques, l'interlocuteur unique des entreprises. Mues comme un seul homme dès les premières tensions économiques ressenties, les chambres de commerce et d'industrie sont aussi devenues le lien direct avec les services de l'Etat. Et alors que le bateau économie tangue, les voici phares éclairants et rassurants. De quoi montrer en haut lieu que les CCI sont sacrément utiles.

Ce n'est pas malheureusement pas la première tempête économique qu'elles essuient. Inondations, crises portuaires, des Gilets jaunes... A chaque avis de mauvais grain, elles sont, tel un phare, inébranlables, dressées en pleine mer agitée. Roc dans l'adversité, elles sont celles vers lesquelles, assez naturellement, on se tourne. On ? Les entreprises et l'Etat.

Dès l'apparition des premières tensions liées à la crise sanitaire provoquée par le Covid-19, elles ont sorti l'artillerie lourde : numéro de téléphone pour renseigner, enquête pour sonder où se situent les difficultés, mobilisation de fonds en espèces sonnantes et trébuchantes pour soulager la trésorerie et les inquiétudes des TPE PME. La crise est là ? Les CCI aussi.

A Nice, dès les annonces de report d'événements majeurs pour le territoire - le MIPIM en premier lieu - la chambre consulaire azuréenne a lancé une enquête afin de déterminer où se situaient les premières difficultés. Même motif, même démarche dans le Var pour aller sonder au plus près du terrain. A Marseille, réunion de crise a été menée en préfecture avec la chambre consulaire et les multiples acteurs économiques spécialisés dans l'accompagnement aux entreprises. Et en finalité, ce sont bien les CCI, chacune sur son territoire, qui ont été désignées capitaines du bateau grâce au guichet unique qui en fait, comme d'habitude, l'interlocuteur unique et central. Indispensable.

Expérience validée

Une centralité que confirme la constitution du fonds d'urgence de 8 M€ réalisé par la CCI Nice Côte d'Azur. Laquelle a su rassembler autour d'elle les différentes collectivités des Alpes-Maritimes - Métropole Nice Côte d'Azur, Département et communautés d'agglomérations - devenant, naturellement, le chef d'orchestre de l'ensemble. A Marseille, la création d'une plateforme permettant aux commerces ouverts dans le contexte de confinement d'être géolocalisés permet à ces derniers d'acquérir une visibilité nécessaire et utile.

"Notre mission est d'animer les réseaux entreprenariaux, de faire en sorte que chacun ait le même niveau d'information et l'information juste. Nous centralisons les demandes et les diffusons ensuite aux services de l'Etat, lesquels disposent de données réelles sur la santé des entreprises", souligne le président de la CCI Aix-Marseille Provence. "Notre rôle est validé par l'Etat. Les CCI ont déjà prouvé leur utilité dans les différentes crises traversées", pointe pour sa part Jean-Pierre Savarino. Et le président de la CCI Nice Côte d'Azur d'insister pour rappeler que la chambre consulaire joue également un rôle prépondérant dans le conseil à l'Etat concernant les solutions pratiquo-pratiques comme financières, qui doivent être mises en place pour aider véritablement les TPE PME. Merci qui ? La connaissance du terrain.

"Nous pratiquons l'entreprise au quotidien, nous sommes donc à même de guider l'Etat", rajoute Jean-Luc Chauvin, qui dans ce temps de crise particulière considère que "la CCI, c'est le 15 des entreprises".

Coupe ajustée ou coupe pleine ?

La preuve, l'étude menée par la Chambre consulaire azuréenne révèle les secteurs affaiblis, l'étendue de ce que la crise provoque. "90 % des entreprises interrogées révèlent subir un impact fort", dit Jean-Pierre Savarino. "Et moins de 30 % des entreprises sont encore en activité". A l'heure où la donnée - la fameuse data - est si précieuse et recherchée, celle qui est produite ici prend toute sa valeur. Pas seulement pour dire ce qu'il se passe à l'instant T mais aussi pour prévoir l'après... "Le redémarrage risque d'être lent, il faudra trouver des solutions qui permettront aux entreprises de se remettre en position de croissance. Nous serons, là aussi, force de proposition". "Nous remplissons notre rôle d'établissement public de l'Etat. Nous lui servons d'appui", renchérit Jean-Luc Chauvin.

Ce rôle prépondérant des chambres de commerce et d'industrie est pourtant, sinon nié, tout au moins remis en question par l'Etat. Qui depuis les trois dernières années n'a pas hésité à multiplier les coupes budgétaires, mettant à mal la survie même de ces institutions. Certes les CCI doivent mieux valoriser leur plus-value. Mais on ne peut ignorer leur rôle en proximité avec le tissu économique, ni la dimension conseil qu'elles seules sont capables d'apporter. Phare dans la tempête, resteront-elles inébranlables ? "L'Etat redécouvre l'intérêt des CCI. Dommage que ce soit en temps de crise", note Jean-Luc Chauvin. "Espérons que ceux qui ont la décision (comprendre décision budgétaire notamment NDLR) n'auront pas la mémoire courte".

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