Sébastien Chaze – Adie : "Les micro-entrepreneurs ont aussi besoin d'amortisseurs financiers"

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(Crédits : athree23 via Pixabay)
Comme tout organisme d'accompagnement à l'entreprenariat, l'Association au droit à l'initiative économique est sur le pont. Car la crise secoue tout aussi fortement, si ce n'est davantage, les structures de petites tailles. Aider, orienter, soutenir sont des missions nécessaires pour la survie de ces entités, souvent ancrées dans la proximité et que le tsunami économique pourrait bien mettre à mal, comme l'indique le directeur régional.

En 2019, ils ont été 1275 exactement à être financés, trouvant ainsi la monnaie sonnante et trébuchante capable de faire de leur projet, une entreprise.

Si fin 2019, tout allait bien dans le monde du micro-crédit, trois mois plus tard, ces très petites structures, souvent ancrées dans la proximité - boulanger, traiteur, fleuriste, couturière... - sont elles aussi menacées par le tsunami économique qui secoue la France et le monde.

Combler les trous dans la raquette

Une situation imprévisible qui met à mal le développement de ces entreprises, parfois très récemment crées, et qui n'ont pas la capacité et la trésorerie nécessaires pour tenir sur le temps long. Un état de fait qui a poussé l'Adie a renforcer son accompagnement, créant notamment un fonds de solidarité doté d'un million d'euros au niveau national afin d'apporter rapidement un surplus d'oxygène financier à celles qui en ont urgemment besoin. En Provence Alpes Côte d'Azur, on s'est aussi retroussé les manches, prenant contact avec chacune des entreprises accompagnées, repoussant les échéances de remboursement de prêt... Le plus inquiétant étant notamment pour les projets entrés en phase opérationnelle il y a peu et dont la trésorerie, au début du confinement, était quasi nulle ou très faible. Le PGE mis en place par l'Etat est néanmoins accessible pour les entreprises bancarisées mais pour d'autres, les prêts d'honneur sont re-abondés.

"Il faut des amortisseurs financiers pour les plus petites et les plus fragiles", insiste Sébastien Chaze qui se prépare, pour ce mois d'avril, à prolonger les initiatives menées. "Nous sommes prêts à renouveler nos aides. Nous devons également combler les trous dans la raquette", c'est-à-dire soutenir celles qui ne bénéficieraient pas d'aides financières. L'Adie, qui compte aussi sur ses partenaires notamment financiers, pour contribuer à ce coup de pouce aussi nécessaire que rapide. Car oui, il "faut aller vite, la rapidité va compter", dans la capacité à permettre aux plus fragiles de survivre. Tout l'enjeu est là.

Soutenir le tissu local

"Nous n'acceptons pas le gâchis des talents" est l'un des éléments du manifeste de l'Adie. Et si initialement il signifie qu'il faut pouvoir donner la chance à tout porteur de projet de passer à l'action et de devenir entrepreneur, ici, il pourrait aussi signifier que la crise ne doit pas faire disparaître ces entreprises de proximité. Ça là que l'association joue à plein son rôle d'accompagnement. Il ne s'agit pas uniquement de former avant la création au B A BA de l'entreprise, puis de financer mais tout autant d'accompagner après la création et de fournir, d'une façon pragmatique, des éléments qui apportent une plus-value au développement de l'entreprise. Vidéos d'e-learning et web conférences sont notamment prévues dans le traditionnel programme. Dans le contexte actuel, un programme spécifique a été concocté pour fournir des outils supplémentaires aux micro-entrepreneurs dont la bonne utilisation des réseaux sociaux, comment gagner des clients ou comment les fidéliser par l'e-mailing. Comme pour toute autre entreprise, la crise met à mal les business plans, voire même les business modèles. La crise démontre aussi que la proximité est l'une des réponses qu'elle génère. Une prise de conscience qu'il faudra faire perdurer, après la crise, bien après.

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