Pourquoi il faut consolider la filière health tech (et c'est Eurobiomed qui le dit)

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(Crédits : DR)
En première ligne depuis le début de l'épidémie, les entreprises innovantes du secteur de la santé n'en font pas moins face à des défis extrêmement stratégiques dont fait notamment partie un financement qui peine encore à concerner toutes les phases de développement. Pourtant, souveraineté technologique comme des matières premières, partenariats noués avec les PME – voire plus si affinités – sont des pistes que le pôle de compétitivité, basé à Marseille et couvrant le Grand Sud a identifié pour renforcer une filière qui est aussi une brique importante du développement du territoire.

Depuis deux mois, le regard se porte avec intérêt vers les entreprises innovantes en santé. De celles disposant de solutions applicables à plus grande échelle à celles travaillant avec les laboratoires, c'est toute la filière qui s'est trouvée mise en lumière. Sauf que ce focus lié à un moment hors normes ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt. Parce que la health tech a besoin d'être consolidée. Et c'est Eurobiomed qui le dit.

Souveraineté à retrouver

Le pôle de compétitivité Grand Sud - présent en Provence Alpes Côte d'Azur et en Occitanie et qui regroupe 380 adhérents - pointe, selon la formule consacrée, ces trous dans la raquette qui empêchent les pépites de grandir, de prendre du poids et de devenir des fleurons tricolores.

Evidemment, au premier rang des défis on retrouve, sans surprise, le sujet du financement. Eternel nerf de la guerre. Un financement qui manque à certaines étapes critiques. Ce qui a pour conséquence de voir certaines des plus belles pépites prometteuses, voire des licornes en devenir, passer dans des mains de grands laboratoires ou entreprises étrangères. On se souvient de la marseillaise Trophos ou de la niçoise TherAchon, "Nous devons retrouver une souveraineté technologique en terme d'innovation", pointe Emilie Royère, la directrice générale d'Eurobiomed. "La plupart des innovations n'arrivent pas en première intention aux patients français car les entreprises sont rachetées avant que leur solution soit mise sur le marché. L'innovation technologique doit être amenée jusqu'au patient". Et si rachat il y a, c'est parce que le financement est absent à certaines étapes de développement, obligeant l'entreprise à se tourner vers des solutions étrangères. Une sorte de cercle vicieux. "Jusqu'à 10, 15 M€ de besoin de financement, lse entreprises trouvent le financement ici. La health tech est une filière à risque qui freine les investisseurs", remarque Emilie Royère. Qui en appelle à un renforcement des fonds spécifiques santé, tels FIRST.

Par ailleurs si on pouvait conserver la réactivité en terme de délai de financement des projets de recherche observée durant la crise, ce serait bien. "On ne dit pas qu'il ne fait pas d'encadrement, mais il faut aller plus vite", encourage Emilie Royère.

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