Nicolas Bouzou : « Il faut faire du judo avec Amazon »

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(Crédits : Jacques Witt-Sipa.)
Alors que depuis plusieurs semaines le débat oppose le géant du commerce électronique aux commerces de proximité, que des « Stop Amazon » et autres initiatives locales se multiplient aux quatre coins de l’Hexagone, l’économiste et essayiste exhorte plutôt à tirer profit de la plateforme américaine, tout en expliquant que dans la course à la compétitivité, la France a tout intérêt à mettre toutes ses forces et sa R&D dans les technologies nouvelles comme le quantique ou l’hydrogène.

Entre les Français et Amazon, c'est un peu « je t'aime moi non plus ». Et c'est le second confinement qui a joué le rôle de révélateur de ce sentiment ambivalent. Plus exactement, le sujet des commerces non-essentiels et des librairies, a mû la France et les Français (presque) comme un seul homme contre le géant du commerce électronique, mettant dans un même panier, Amazon et le e-commerce, montrant du doigt le « vilain » numérique.

De désobséder

« Il faut de désobséder des GAFA » commente Nicolas Bouzou. L'économiste, présent notamment à Nice le 5 octobre dernier lors de la Matinée économique organisée par La Tribune exhorte plutôt à faire autrement que de la résistance inutile et à mettre toute l'énergie dans des sujets nouveaux.

Les « Stop Amazon » et autres initiatives nées en région, sont-elles alors de bonnes initiatives ? « Ce n'est plus le sujet », assure Nicolas Bouzou. « Le sujet, c'est...

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Commentaires
a écrit le 16/11/2020 à 23:04 :
J'achète grace à Amazon de nombreux produits made in France que les petits commerçants et les enseignes locales ne veulent pas référencer, en particulier des livres et des vêtements.
Tirer sur Amazon c'est sacrifier des petites entreprises francaises créatives et dynamiques qui produisent, pour pérenniser un circuit de distribution périmé qui veut imposer une rente de proximité.
Avant le covid je percevais les commerces de proximité comme n'ayant pas ce que je veux, maintenant je les perçois comme m'empechant de l'avoir. On n'arrête pas le progrès !
a écrit le 16/11/2020 à 9:48 :
Belle métaphore !

En effet on peut quand même profondément déplorer que le néolibéralisme ne veut pas parler parce que ne sachant pas parler ? Peut-être mais de ce fait nous positionnant à chaque fois dans des situations de plus en plus inconfortables car de plus en plus déconnectées des réalités, les GAFA sont devenus très rapidement des acteurs incontournables, plutôt d'être jaloux d'eux, de leurs succès qui n'est pas tombé là par hasard hein, il vaut mieux apprendre à leur parler et apprendre d'eux de façon générale même.

Mais voilà, notre vieille oligarchie, si vieille, si tétanisée, si craintive, dorénavanant incapable d'avoir la moindre idée, peut-être même totalement benêts, dans l'impasse totale du dumping fiscal et social n'a pas supporté de se faire totalement exploser en quelques années, et nous subissons encore une fois les effets délètères venant des ressentiments obligés de tout ces gens car possèdant beaucoup trop et comme le disait Nietzsche, plus on possède et plus on est possédé, une bien belle démonstration de cette vérité qu'ils nous font là nos mégas riches.

Faites attention par contre de ne pas trop vous faire remarquer vous hein, je note une capacité intellectuelle d'une grande intensité à savoir tout ce qu'exècre notre consortium européen financier.
Réponse de le 16/11/2020 à 13:52 :
Ils devraient plutôt servir de modèle et plutôt que dire "encore eux" se dire plutôt pourquoi pas nous, ou est la marche qu'on a loupé, c'est un aveux d'échec et devant une réussite, on cherche le coupable qui devient qu'on le veuille ou non, dans ce monde que dématérialise, est un nouveau mode de vie.
Réponse de le 16/11/2020 à 19:12 :
En effet il semble que l'on s'y dirige mais tout va très vite avec internet et c'est par ce biais numérique que nous commençons également à prendre conscience des problèmes les plus concrets et profonds de ce monde. La télévision nous avait bien déjà rendu amorphes de ce côté là cela ne nous change pas, par contre les informations ont été multipliées par des millions, des fausses bien sûr mais également des vraies et beaucoup de vraies. Ne pas chercher à s'entendre avec les plus gros acteurs de ce secteur c'est cracher contre le vent.

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