Seagale passe du short au jean

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Les deux fondateurs de l'entreprise toulonnaise Seagale et la designer de la marque.
Les deux fondateurs de l'entreprise toulonnaise Seagale et la designer de la marque. (Crédits : DR)
Bertrand Durand-Gasselin et Matthieu Rivory, fondateurs de l’entreprise basée à Toulon et créateurs d’un short 3 en 1 aux textiles innovants, œuvrent en effet à étoffer leur gamme afin de proposer des produits non plus liés à la saisonnalité.

Le short au maillot intégré portable à la ville, à la plage et pendant le sport, conçu par l'équipe de la toulonnaise Seagale et dessiné par la designer Sophie Colombo, continue à tracer son sillon... Mais désormais, il ne se prévaut plus d'être l'unique pièce de la marque. Car ses deux fondateurs, Bertrand Durand-Gasselin et Matthieu Rivory, œuvrent à présent à élargir la gamme. Contrainte de la saisonnalité oblige...

"Le principe reste le même : proposer des vêtements répondant au concept de polyvalence et portables en toutes circonstances. Nous avons donc mis sur le marché des débardeurs, tee-shirts, boxers et chaussettes en fibres particulières, anti-odeur, contenant de la laine Mérinos extra-fine. Ainsi qu'une veste de sport coupée comme pour la ville".

A venir, en septembre prochain, un pantalon conçu comme "le jean du XXIème siècle, qui ne se troue pas, ne se délave pas, sèche vite et reste confortable".

Du chemin parcouru donc depuis le lancement du short 3 en1, produit phare imaginé par ces deux amis d'enfance, autrefois ingénieurs et aujourd'hui associés. "Nous voulions monter ensemble notre entreprise, restait à trouver le produit. Il s'est imposé à nous via un problème de notre quotidien, car nous nous sommes rendu compte que nous ne pouvions pas garder toute la journée notre maillot de bain sans ressentir de l'inconfort à un moment donné. Par ailleurs, impossible de le porter à la ville...", rappelle Bertrand Durand-Gasselin.

Mode de distribution 100% direct

Et force est de reconnaître que le produit a trouvé preneur. Près de deux ans après le lancement de leur short à l'été 2014, le duo d'amis dresse un bilan positif, avec une prévision pour 2016 de 400.000 € de chiffre d'affaires. "Notre objectif étant de doubler chaque année par rapport à l'activité de la précédente", avance Bertrand Durand-Gasselin. Un succès imputable au caractère innovant du produit, mais aussi à un modèle économique particulier.

"Il passe uniquement par une distribution 100% en direct, afin de supprimer le maximum d'intermédiaires. La raison est directement liée à nos coûts de production. Ce short reste très cher à fabriquer, notamment parce qu'il nécessite deux fois plus de tissu mais aussi parce que nous utilisons des textiles techniques très particuliers, faisant appel aux nanotechnologies. Par essence inaccessibles aux marques passant par des modes de distribution plus conventionnels".

Les marges, de même, ont été réduites de moitié par rapport à ce qui se pratique habituellement dans le milieu du textile.

Bientôt, une levée de fonds

L'e-boutique de Seagale reste donc le principal vecteur de vente, quoique Bertrand Durand-Gasselin et Matthieu Rivory n'hésitent pas non plus à risquer parfois un pied en dehors de la toile.

"L'été dernier, nous avons mis en place une boutique éphémère dans le quartier du Marais, à Paris, avec beaucoup de succès. Nous réitèrerons l'expérience cet été, non seulement dans la capitale, mais aussi à Toulon. Nous sommes également en cours de discussion pour l'organisation d'événements particuliers à Nice, Marseille et Lyon".

Ils testent également de nouveaux modèles de financement et sont ainsi passés, début 2016, par la plateforme américaine Kickstarter afin de réaliser une campagne de crowdfunding.

"Nous avons récolté 100.000 € en précommande, pour l'équivalent de 1 000 pièces. Cette opération nous a permis de nous constituer une trésorerie pour cette année. Ces 1 000 clients sont Français à 50%, Américains à 20%, Asiatiques à 20% et basés dans d'autres pays, parmi lesquels l'Australie, à 10%".

Les prémices d'un développement à l'international ? C'est en tout cas ce qu'espèrent les fondateurs, qui envisagent une levée de fonds pour mettre un coup d'accélérateur à l'export. Le montant est à l'étude, mais il devrait avoisiner les 500 K€.

Une Seagale prévoyante...

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