Upperside veut croquer la croissance

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Intégrer l’accélérateur de Bpifrance est certes une reconnaissance, mais, pour Philippe Veran, cela correspond tout autant à une réelle remise en question.
Intégrer l’accélérateur de Bpifrance est certes une reconnaissance, mais, pour Philippe Veran, cela correspond tout autant à une réelle remise en question. (Crédits : DR)
Elle est l’unique entreprise de taille intermédiaire de Provence- Alpes-Côte d’Azur à avoir intégré l’accélérateur d’ETI de Bpifrance. Un signe distinctif qui valide le « business model » à part du groupe installé à Salon-de-Provence, près d’Aix-en-Provence.

Qu'ont en commun Biotech Dental, Poly-Shape ou Taaj ? La même maison mère. Toutes sont dans le giron de la holding détenue par Philippe Veran et Bruno Thevenet, deux dirigeants qui, de développement organique en croissance externe, ont bâti un groupe hétérogène.

« Nous ne sommes pas qu'une holding. Nous sommes véritablement une entreprise axée sur les technologies et le médical », précise Philippe Veran, qui reconnaît que la discrétion jusqu'ici affichée fait d'Upperside un acteur méconnu du grand public.

Mais le groupe n'a pas échappé aux radars de Bpifrance, qui l'a sélectionné pour faire partie de sa toute première promotion d'accélération d'ETI. On sait les entreprises de taille intermédiaire peu nombreuses, et booster ces champions, c'est viser un effet d'entraînement sur l'ensemble du tissu entrepreneurial. Car bien que performantes, les ETI n'en sont pas moins confrontées, elles aussi, à des problématiques, à des freins, à des empêcheurs de croître en rond.

« Les habitudes de la société changent, souligne Philippe Veran. Upperside c'est 600 salariés. Or, 80% de l'effectif a moins de trente ans, ce qui pose des interrogations en termes de mixité et de management. Leurs attentes ne sont pas forcément les mêmes qu'auparavant. Le recrutement n'est plus le seul critère pour embaucher. C'est autre chose qu'il faut mettre dans la corbeille de la mariée. »

Le club des 5, ou le succès par la diversification

Si Upperside en tant que tel est méconnu, certaines de ses pépites, en revanche, sont de jolis fleurons. Biotech Dental est ainsi l'un des leaders de l'implantologie dentaire, Poly-Shape se fait un nom dans tout ce qui concerne la conception et la fabrication de pièces additives pour adresser les marchés de l'aéronautique, du médical, de l'automobile et de la gestion de l'énergie. Et Taaj, acquise à 100% en 2015, est une marque cosmétique qui se distingue en étant la première gamme de soins cosmétiques en France inspirée de la médecine Ayurveda.

De fait, Upperside a bien compris tout l'intérêt de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, et cette diversification est sans doute l'une des clés de sa bonne conduite. Ses cinq divisions concernent des domaines aussi différents que le médical, la technologie, les services (plus précisément l'aide au financement pour les professionnels de santé), la logistique (la plateforme sert aux entreprises du groupe, mais aussi à d'autres sociétés extérieures), et le sport (les gants de moto Racer, c'est elle). Au total, le groupe réalise 60 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Répondre aux challenges en échangeant

Intégrer l'accélérateur de Bpifrance est certes une reconnaissance, mais, pour Philippe Veran, cela correspond tout autant à une réelle remise en question, notamment sur l'organisation horizontale du groupe.

« J'ai beaucoup d'attentes », reconnaît le dirigeant provençal, qui apprécie de pouvoir échanger avec d'autres dirigeants confrontés - bien que venant de secteurs différents - aux mêmes problématiques. Et le but est clair : « Il nous faut doubler de taille sous vingt-quatre mois. C'est un challenge important, qui crée des bouleversements permanents et quotidiens. »

À ceux qui pourraient lui demander des conseils pour grandir, il précise que « Upperside a toujours investi dans des technologies où se trouvent des expertises ».

Et puis, « on ne peut pas être entrepreneur par défaut. Et il faut arrêter de faire croire que, parce que l'on a une bonne idée, on va la vendre et devenir milliardaire en deux ans. C'est de l'envie que tout découle. »

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