Pourquoi Circet change de dimension

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(Crédits : Jean-Marie Huron)
Le major des infrastructures télécoms, basé dans le Var, multiplie les croissances externes. Question de taille critique sur un marché en mutation.

L'automne a été fructueux pour Circet, spécialiste dans les travaux d'infrastructures télécom : le groupe a en effet conclu à la fin de l'année 2016 deux nouvelles opérations de croissance externe. La première a été finalisée avec le groupe Sister, explique le PDG, Philippe Lamazou. "Sister est spécialiste de la construction et de la maintenance de réseaux fixes sur le secteur du sud-ouest. Il emploie 500 personnes et réalise 60 M€ de chiffre d'affaires. Ce n'est pas l'une de nos régions phares et cela va nous permettre de nous y développer".

Mais une opération de croissance externe peut en cacher une autre... Le groupe varois a effet concrétisé un deuxième rachat à la fin de l'année, cette fois-ci avec Capcom. Lui aussi œuvrant dans la construction et la maintenance de réseaux (majoritairement fixes, mais aussi mobiles) il est basé en Ile-de-France et également dans le centre-est.

"Capcom réalise 120 M€ de chiffre d'affaires. Son positionnement en région parisienne nous intéresse, car il y a là-bas des enjeux de concentration forts. Par ailleurs, Capcom a aussi une double casquette : il est non seulement technicien, mais aussi spécialiste de la commercialisation de service, notamment d'abonnements réseaux FTTH, avec un réseau de près de 200 vendeurs en porte à porte. Or, dans ce domaine-là, le bouche à oreille marche très bien, c'est donc un canal très puissant. Avec ce levier, nous avons a un taux de transformation plus élevé".

Capcom compte par ailleurs une implantation à la Réunion et une autre à Mayotte, "ce qui nous permet de mettre un premier pied à l'extérieur de la Métropole".

Répondre à un enjeu de taille critique

Mais ce n'est pas tout : Circet est entré avant Noël en phase d'acquisition d'un troisième groupe, nommé Capecom, affichant un chiffre d'affaires de 50 M€. Lui aussi spécialiste de la télécommunication, principalement sur réseaux fixes, il concentre sa zone d'influence sur le Grand est. "Le closing de cette opération interviendra fin mars, juste après celui concernant Capcom, fin février... sous réserve bien sûr d'obtenir l'accord de l'autorité de la concurrence", précise Philippe Lamazou.

Pour ces trois dossiers, les contacts avaient été initiés depuis 2010 avec les dirigeants fondateurs, avec lesquels "une proximité culturelle en terme de méthode de travail" avait été constatée. Et puis... "il s'agit d'un enjeu de taille critique : pour compter aujourd'hui et répondre aux exigences du marché il faut peser au moins 300 M€. Les groupes dont nous faisons l'acquisition faisaient partie des derniers à résister, mais ils devaient faire face à ce problème de taille critique".

Des opérations conclues avec un partenaire financier d'importance. "Rien n'aurait été possible sans l'entrée de CM-CIC investissement, en qualité d'actionnaire de référence en juillet 2015. L'argent investi, le savoir-faire en ingénierie financière, les relations avec les autres banques pour lever les financements, nous ont donné les moyens de nos ambitions", martèle encore Philippe Lamazou.

Une démarche de concentration forte

Ainsi, le groupe Circet a connu ces dernières années une forte croissance. "Nous nous sommes concentrés. Il faut savoir que depuis l'arrivée de Free, il y a eu une vraie rupture en termes de demande des opérateurs sur le technique. La tendance aujourd'hui, c'est de proposer des contrats plus longs, plus gros en volume en échange d'une plus grande compétitivité et d'une logique de clé en main".

De ce fait, c'est tout le secteur qui suit une démarche de concentration assez forte afin de coller aux évolutions du marché : "de 70 prestataires en 2012, nous sommes passés à moins de 10 aujourd'hui". Tandis que la taille de ces derniers "résistants" a été revue à la hausse... Si de son côté le groupe varois a réalisé 110 M€ de chiffre d'affaires en 2012, il devrait en totaliser plus de 600 M€ en 2017 et peser 10 % du marché. "En 2016, nous avions dépassé nos objectifs en réalisant 370M€ (pour un prévisionnel à 320 M€, NDLR)". Le groupe comptera également, grâce à ces trois rachats, pas moins de 2 700 collaborateurs. Ainsi l'avenir a toutes les raisons de sourire au major varois, d'autant que le Plan France Très Haut Débit, représentant 14 Mds€ pour les 5 ans à venir, devrait lui permettre de mettre un nouveau coup d'accélérateur à sa croissance.

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